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CONCERTS

L’Insula Orchestra de Laurence Equilbey au Théâtre de Suresnes

Par Héloïse Roussat |

Le 22 mars, Laurence Equilbey s’installe au Théâtre de Suresnes avec sa formation Insula Orchestra pour un concert classico-romantique.

Symphonies d’un monde nouveau ; c’est le titre du concert du dimanche 22 mars à 17h au Théâtre de Suresnes, animé par Laurence Equilbey, sa formation Insula Orchestra et les deux solistes Veronika Eberle et Antoine Tamestit. Au programme, pas de Dvorák, comme on aurait pu le croire, mais Mozart, Fanny Mendelssohn et Schubert. Des œuvres qui ont quelque peu révolutionné le monde musical, que ce soit dans l’histoire d’une forme ou d’un genre, rassemblées autour d’une formation très sensible à la recherche stylistique et émotionnelle de la musique. Insula Orchestra, fondé en 2012, tire son nom de cette partie de notre corps, quelque part dans le cortex, qui permet de créer un sentiment conscient. Un mot symbolique, donc, qui semble résumer le dessein de la formation quant au partage de la musique. Cette jeune formation rayonne déjà dans le département des Hauts-de-Seine (qui la soutient), en France et à l’internationale, à travers un répertoire qui allie surtout classicisme et romantisme. Les musiciens d’Insula Orchestra sont recrutés dans la jeune génération qui sort tout droit des institutions pédagogiques européennes spécialisées, autrement dit des établissements de très haut niveau. Parallèlement à ces activités, l’Insula Orchestra fait également des actions de sensibilisation des publics éloignés de la musique classique, ainsi que des actions pédagogiques et participatives proposées aux jeunes et aux scolaires. La saison 2014/2015 de la formation a déjà été marquée par une ouverture internationale à Salzbourg, dans le cadre de la Mozartwoche, et par un enregistrement du Requiem de Mozart.

Insula Orchestra - © Jean-Louis Bergamo


C’est d’ailleurs par le compositeur viennois que s’ouvrira le concert des Symphonies d’un monde nouveau, avec une œuvre qui bouleverse les formes, puisqu’elle se trouve entre une symphonie et un concerto, d’où le nom de Symphonie concertante en mi bémol majeur. Ecrite en 1779, l’œuvre alterne les moments où l’alto et le violon sont fondus dans la masse orchestrale, comme c’est le cas dans les symphonies, et les passages où ils deviennent de réels solistes avec une partie indépendante, comme il est habituel de l’entendre dans les concertos. Bien qu’elle ait été composée en mi bémol majeur, il est à noter que la partie d’alto est originellement écrite en ré majeur ; Mozart a choisi la technique de la scordatura, cette manière d’accorder différemment un instrument afin d'obtenir des effets musicaux particuliers. La partie d’alto est donc mise à l’honneur ici, chose rare à l'époque puisque l’alto était un instrument généralement mis au second plan. D’où le choix d’une figure majeure de l’alto français pour incarner ce premier plan, avec le soliste Antoine Tamestit, qui joue sur l’alto « Mahler » de Stradivarius, construit en 1672. Il sera accompagné par la jeune violoniste allemande Veronika Eberle, qui joue elle aussi sur un instrument d’époque avec son Stradivarius « Dragonetti », construit en 1700.

Antoine Tamestit - © Eric Larrayadieu - Naïve


Le concert se poursuivra avec une compositrice trop peu connue, cachée derrière l’ombre de son frère. Fanny Mendelssohn, pianiste et compositrice allemande, sœur de Félix, a été élevée dans l’atmosphère cultivée de l’intelligentsia berlinoise, et a offert au monde musical les rares partitions féminines de l’histoire, malgré les pressions de son entourage. Son père lui écrivait en effet : « La musique sera peut-être pour [Félix] une profession, mais pour toi, elle ne peut et ne doit être qu’un agrément ». Une réflexion qui ne découragea pas pour autant la jeune femme, qui composa notamment l’Ouverture en ut, son unique pièce symphonique. Enfin, les Symphonies d’un monde nouveau s’éteindront avec la Quatrième de Schubert, surnommée la « Tragique » par le compositeur lui-même. Schubert a 19 ans lorsqu’il compose sa première symphonie mineure, œuvre qu’il n’entendra malheureusement jamais puisque la création sera donnée plus de 20 ans après sa mort. La « Tragique », au thème dramatique, constitue en tout cas une belle pierre au grand édifice du répertoire romantique.

Veronika Eberle - © Jan Northoff


Un programme qui rassemble donc trois œuvres aux contextes différents, qui bouleversent leur monde à leur façon, que ce soit par rapport à une forme, à une position sociale ou à un genre musical. Le changement, c’était déjà aux XVIIIe et XIXe siècles, et ce sera encore le dimanche 22 mars à 17h au Théâtre de Suresnes.

Revoir la rencontre avec Laurence Equilbey et Insula Orchestra ici

Le site du Théâtre de Suresnes

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