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Redécouvrir Louise Farrenc

Par François Hudry |

Laurence Equilbey et son Insula Orchestra publient un album réunissant les symphonies n°1 et 3 de cette compositrice parisienne du XIXe siècle injustement oubliée...

Le temps est enfin venu de reconsidérer l’histoire de la musique en sortant de la condescendance masculine qui a relégué les compositrices au rang de quelques bizarreries. Héritière de Beethoven vénéré à Paris à travers l’enseignement de ses professeurs étrangers Hummel et Reicha, Louise Farrenc laisse des œuvres symphoniques fortes et dramatiques.

Contrairement à Clara Schumann ou à Alma Mahler, Farrenc n’a pas été entravée par un mari la reléguant à la cuisine, au ménage ou dans des maternités répétées. Issue d’un milieu d’artistes et vivement encouragée par son époux, elle eut tout loisir de s’épanouir comme compositrice, mais aussi en tant que pianiste, pédagogue, éditrice et musicologue.

L'album qui vient de paraître chez Erato/Warner Classics constitue le premier volume de l’intégrale des trois Symphonies de Louise Farrenc sous la direction de Laurence Equilbey à la tête de l’Insula Orchestra qu’elle a créé pour explorer un répertoire peu connu, en particulier pour mettre en avant les œuvres des grandes oubliées de l’histoire telles que Fanny Hensel-Mendelssohn ou encore Clara Schumann.

Malgré le succès qu’elle commençait à rencontrer à Paris, Louise Farrenc a eu beaucoup de difficultés à présenter ses pièces symphoniques dans la capitale française. C’est à Bruxelles que fut créée sa Symphonie n°1 en ut mineur dont l’écriture s’inscrit avec brio dans le sillage de ce qui faisait de mieux dans les années 1840, dans un style où le métier le dispute encore aux influences des grands maîtres de l’époque : Beethoven, Schubert et Mendelssohn.

Créée cette fois à Paris sous la direction de François-Antoine Habeneck dont les interprétations des symphonies de Beethoven étaient connues dans toute l’Europe, la Symphonie n°3 en sol mineur, d’une écriture plus personnelle, commence par une cantilène du hautbois solo précédant un Allegro traversé par une énergie dramatique parcourue de syncopes et de surprises harmoniques.

Dans ses symphonies, Louise Farrenc est parvenue à concilier avec bonheur le style viennois contemporain avec beaucoup d’intensité et d’originalité. Loin de constituer une curiosité, ces symphonies mériteraient de figurer au répertoire des orchestres français, au même titre que celles d’Albéric Magnard systématiquement oubliées elles aussi dans son propre pays, mais c’est une autre histoire…

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