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Ilya Gringolts, anatomie de la chaconne

Par François Hudry |

Avec son nouvel album "Ciaccona", le grand violoniste russe embarque la musique de Bach sur des sentiers étonnants, voire divergents...

Certains enregistrements sont très exigeants pour le mélomane. C’est le cas de celui que propose le violoniste russe Ilya Gringolts pour son premier album consacré à la musique d’aujourd’hui. Sous le titre de Ciaccona (Chaconne), il propose une mise en abîme de la musique de Bach à travers trois visions différentes, voire opposées.

Fasciné par les dérèglements mentaux de la pensée humaine, le compositeur suisse Heinz Holliger entraîne ses auditeurs dans le délire de ses Drei kleine Szenen (« Trois petites scènes »), composées en 2014 pour la violoniste Isabelle Faust, dans lesquelles le son du violon se mêle à la voix humaine dans un style mélangeant la robuste tradition hongroise aux cauchemars des contes de E.T.A. Hoffmann, véritable soliloque rappelant un doudouk arménien où l’octave est divisé en quarante-six parties.

La Chaconne que Roberto Gerhard écrivit en 1959 rend hommage à diverses pièces pour violon solo du XXe siècle, Reger, Ysaÿe, Bartók et, bien évidemment, à la monumentale Chaconne concluant la Partita n°2, BWV 1004 de Johann Sebastian Bach. C’est une écriture dodécaphonique libre avec un ordre des notes non fixé permettant des lignes chromatiques d’une grande délicatesse.

La Kontrapartita du compositeur français Brice Pauset, est conçue dans une perspective historique sous la forme d’interpolations venant s’enlacer dans des extraits des Sonates et Partitas de Bach dans une vision que l’auteur souhaite être « une réincarnation, non mythologique et peut-être tout simplement humaine de la musique de Bach ». Dans cette pièce de 2018, les citations sont là pour susciter « un mélange magique de sons et de notes – ombragées, mystérieuses et fugaces ».

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