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Disparition de Charlie Watts des Rolling Stones

Par Marc Zisman |

Le batteur des Rolling Stones range définitivement ses baguettes à l'âge de 80 ans...

Il était l’extra-terrestre du groupe et sans lui les Rolling Stones n’auraient jamais été les Rolling Stones. Le Stones à part. Comme sur la mythique pochette du live de 1970, Get Yer Ya-Ya's Out!, où il est seul, guitares en main, coiffé du chapeau de l’Oncle Sam, aux côtés d’un âne qui porte sa batterie… Charlie Watts qui s’est éteint le 24 août 2021 était même une erreur de casting. Ou plutôt la touche salvatrice, légère même, du plus célèbre groupe de rock’n’roll du monde. Sa passion viscérale pour le jazz, son dandysme revendiqué, sa discrétion totale, son calme légendaire, son humour pince sans rire, son swing impeccable et son approche fine et juste de la batterie allaient à l’encontre de tous les clichés de débauche et d’excès véhiculés par le tandem Jagger/Richards. Comme le disait leur guitariste Ron Wood, « Charlie, c’est le moteur. Et sans moteur, on ne va nulle part. »

Imperturbable derrière ses fûts, il était non seulement le battement de cœur des Stones mais aussi celui vers qui tout le monde se retournait sans cesse durant les concerts, comme pour vérifier que le cœur de la centrale nucléaire tournait à la bonne vitesse. Le calme au milieu de la tempête en quelque sorte. Et surtout, l’exact opposé des grands enclumeurs flamboyants de sa génération comme Keith Moon des Who ou John Bonham de Led Zeppelin agités derrière leurs batteries XXL alors que lui restera fidèle à des kits simples et d’ampleur réduite.

Le jazz donc. Impossible d’écrire le nom de Charlie Watts sans ajouter dans la foulée ces quatre lettres. Très jeune, celui qui voit le jour le 2 juin 1941, à Wembley dans le Middlesex, tombe amoureux du jazz au point de ne quasiment pas écouter de rock. À la fin des fifties, tout le monde rêve d’être Elvis. Charlie lui se voit en nouveau Kenny Clarke, son idole, le mythique batteur du pianiste Bud Powell notamment. Il achète tout ce qui sort, lit religieusement le mensuel américain Downbeats et ne va qu’aux concerts de jazz. Pourtant, conscient comme il l’avouera de ses limites techniques et de sa virtuosité modeste, il s’oriente vers de la musique plus binaire. D’abord le rhythm’n’blues dans les clubs londoniens. Puis, à partir de 1962 et pour quasiment six décennies, vers le rock’n’roll des Rolling Stones. Régulièrement, Charlie Watts rappellera sa passion première. Comme en 1965 où il signe un petit livre sur Charlie Parker (Ode to a High Flying Bird) et surtout, à partir des années 80 et jusqu’en 2017, quand il publie une dizaine d’albums solo, en big band ou en quintet principalement, évidemment exclusivement jazz…

On a parfois oublié de tendre l’oreille aux apports de Charlie Watts, trop concentré à décortiquer les paroles de Mick ou les riffs de Keith. Pourtant, il était essentiel partout ! Sur Jigsaw Puzzle, sur Rocks Off ou sur n’importe quelle autre chanson des Rolling Stones. La légende aime rappeler qu’un beau jour, excédé d’entendre Jagger dire qu’il était « son batteur », Charlie lui aurait collé une baffe en répliquant, « non, c’est toi qui est mon chanteur. »

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