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Solide comme un Rokia

Par Clotilde Maréchal |

La mélancolie selon Rokia Traoré

Avec toute la spontanéité qui fonde son inspiration, Rokia Traoré réaffirme sa volonté d’échapper aux carcans des poncifs et des genres. Malienne de naissance et de culture, la musicienne, fille de diplomate, a couru le monde et connu l’exil dès son enfance. Déjà dans Mouneïssa (1998), Wanita (2000) et Bowmboï (2003), elle rénovait ainsi de l’intérieur les traditions de son pays, en rassemblant des instruments que la coutume tendait à dissocier, comme le balafon, le n’goni et la guitare acoustique ; ou encore en collaborant avec les Américains du Kronos Quartet. Avec Tchamantché (2008), elle a négocié un premier tournant, en intégrant dans son bagage sonore la guitare électrique, devenue son nouvel outil de prédilection, la basse et la batterie ; révélant les liens du sang et du son qui la raccordaient à Billie Holiday comme à Ali Farka Touré, à la chanson française comme à la famille du rock ou des singers-songwriters anglo-saxons. Dans Beautiful Africa, Rokia Traoré a rassemblé un noyau musical malien et un contingent d’instrumentistes européens et même un beatboxeur australien ! Le résultat de leur association est confondant de musicalité. Visant comme toujours à l’essentiel, touchant le nerf et la fibre même des chansons, la griffe sonore de John Parish excelle à mettre au jour les lignes de force du langage de Rokia Traoré par ce mélange de calme intérieur et d’indéfectible détermination qui caractérise les esprits conquérants.