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Quand le jazz rencontre ses origines africaines...

Par Marc Zisman |

Du 20 au 28 mars, le jazz est à la rencontre de ses origines africaines au musée du quai Branly avec, entre autres, des concerts inédits de Jack DeJohnette, Eténèsh Wassié et Randy Weston.

Du vendredi 20 au samedi 28 mars, dans le cadre de l’exposition Le Siècle du Jazz (qui se déroulera du 10 mars au 28 juin), le musée du quai Branly proposera un cycle intitulé Africa Jazz composé de sept concerts alléchants réunissant de grandes figures du jazz et du blues, et des musiciens de traditions africaines.

De grands artistes comme Jack DeJohnette ou Randy Weston partis depuis longtemps à la recherche de leurs origines africaines, ont donné naissance à des rencontres musicales qui s’inscrivent aujourd’hui dans l’histoire du jazz. Parallèlement, de jeunes artistes venus d’autres continents et traditions apportent aujourd’hui un vent nouveau au jazz contemporain.

Cette programmation met aussi en valeur la présence féminine dans le jazz et les musiques traditionnelles, avec la Mauritanienne Dimi Mint Abba et l’Ethiopienne Eténèsh Wassié.

Ces spectacles Africa Jazz s’accompagnent d’une conférence, d’un ensemble de rencontres animées par les artistes et des personnalités, ainsi que de projections de films et de documentaires sur le patrimoine culturel commun des mondes ethniques et du jazz.

La rencontre entre Jack DeJohnette et Dimi Mint Abba, vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 mars, s’annonce comme un temps fort de cet événement. DeJohnette est sans doute le batteur de jazz le plus illustre aujourd’hui. Son histoire s’inscrit dans celle du grand jazz ; comme nombre de ses confrères noirs américains (Pharaoh Sanders, Ornette Coleman, John Coltrane, l’Art Ensemble Of Chicago…), il a exploré ses origines musicales africaines dès les années 70. Son intérêt pour les répertoires africains détermine sa rencontre avec la grande griotte Dimi Mint Abba, première artiste à avoir fait découvrir l’art mauritanien en Europe.

Ce cycle Africa Jazz proposera, mardi 24 et mercredi 25 mars, une rencontre entre jazz et musique éthiopienne. Entourée du Tigre des Platanes, ensemble cuivré issu de la fusion de la fanfare la Friture Moderne et d'un quartet de jazz toulousain, la fascinante chanteuse Eténèsh Wassié se réapproprie les titres du « Swinging Addis » de la belle époque. La belle azmarie (une caste de griots éthiopiens libres-penseurs) renchérit l'improvisation en langue amharique (langue chère à Rimbaud...). Avec cette voix abyssine, surprenante, habitée, et un fort tempérament, le Tigre des Platanes méridionaux expose les morceaux choisis d'une histoire musicale peuplée par l'Art Ensemble of Chicago, le nigérian Fela Kuti et l'éthio-groove.

Enfin, une exploration sonore brillante entre le jazzman Randy Weston et les maîtres Gnawas se déroulera vendredi 27 et samedi 28 mars. Pianiste et compositeur, Weston est l’un des premiers musiciens noirs américains à s’être installé en Afrique au début des années 60, au Nigeria puis à Tanger. Il a travaillé avec Fela, le maître nigérian de l’afro-beat, avant de se produire, dès 1967, avec les maîtres Gnawas. Rendus célèbres pour leur collaboration musicale avec des jazzmen de l’envergure de Pharoah Sanders, Archie Shepp ou justement Randy Weston, les Gnawas sont les descendants d’esclaves noirs affranchis et islamisés. Ils sont des passeurs, des sentinelles qui se tiennent à la frontière de plusieurs mondes, entre le visible et l’invisible, entre l’Afrique arabo-musulmane et l’Afrique noire animiste.

Le site officiel du musée du quai Branly

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