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L'Afrique du Sud s'installe à la Villette

Par Eva Sauphie |

Coupe du Monde de foot oblige, le Parc de la Villette se met aux couleurs sud-africaines, notamment musicale avec des concerts les 22, 29 et 30 mai à la Grande Halle.

Plusieurs dizaines d'artistes viendront témoigner les 22, 29 et 30 mai à la Grande Halle de la Villette, de la richesse de l’Afrique du Sud, sa diversité, ses différentes langues, ses traditions, comme sa relation à la modernité. Principalement à travers la danse, le théâtre et la musique.

Au programme de la catégorie musique, Vusi Mahlasela, Eric Mouquet, Deep Forest, Johnny Clegg le 22 mai, Mahotella Queens et Hugh Masekela le 29, et Amadou et Mariam, Manu Dibango, Touré Kunda, Mélissa Laveaux, Archie Shepp, Rachid Taha, le 30 pour l’événement « Juke Box live pour Mandela ».

Le guitariste et chanteur Vusi Mahlasela se produira le 22 mai, et fera part de sa musique hybride, mêlant folk, world, blues et soul. Longtemps impliqué dans la lutte contre l'apartheid, Vusi est devenu l’un des artistes majeurs de la scène musicale sud-africaine. Découvert grâce à son interprétation de la bande son du film Tutsi oscarisé en 2006, sa notoriété n'a cessé de croitre. Multi-instrumentiste, Vusi Mahlasela est aussi l'auteur d'une poésie engagée qui fait la promesse d'un futur radieux pour son pays.

Impossible de parler de l'Afrique du Sud en 2010 sans évoquer la Coupe du Monde de football. Aussi, Eric Mouquet reviendra avec Deep Forest autour de l’événement Football made in Africa, avec la participation de Blick Bassy (Cameroun) et Zama Magudulela (Afrique du sud).

Football Made In Africa est le portrait « grassroot » d'un continent qui vibre et s'enthousiasme autour du ballon rond. Une série de courts-métrages racontera d'un point de vue original, des histoires instantanées drôles et poétiques et démontrera toute la créativité et le dynamisme d'un peuple qui doit faire preuve d'ingéniosité et de débrouillardise pour s'adonner à sa passion, le football. La musique live qui illustrera cette série de films est composée Eric Mouquet, moitié de Deep Forest, duo créé en 1992 avec Michel Sanchez. Né en 1960 à Valenciennes, passionné de synthétiseur et de machines, cet amateur de musiques du monde a été l'un des premiers à avoir eu l'idée de mêler des voix ethniques venues d'Afrique aux rythmes electro. De cette fusion est né Deep Forest.

En 2008, Mouquet croise la route du chanteur camerounais Blick Bassy. Ils décident aussitôt de travailler ensemble. Très vite un projet commun voit le jour Deep Africa, suivi d'une série de concerts. Ils seront accompagnés sur scène par Zama Magudulela, chanteuse de Durban connue pour son interprétation du singe Rafiki dans la comédie musicale Le Roi Lion.

Absent depuis trois ans des scènes parisiennes, Johnny Clegg revient en 2010 avec un nouvel album (à paraitre en mai chez Universal). Auteur, compositeur, interprète, danseur, universitaire, anthropologue, activiste culturel et militant anti-apartheid, Clegg demeure une des célébrités les plus connues et les plus attachantes d'Afrique du Sud. Et bien que chacune de ces étiquettes soit pertinente, il n'y en a pas une pour résumer le dynamisme débordant de ce passionné qui est devenu, au fil des ses trente années de carrière, l'incontournable ambassadeur du métissage musical et culturel, dans son pays et dans le monde entier.

Johnny Clegg use d’une énergie contagieuse, joyeuse à chacune de ses prestations. Et se considère d’ailleurs lui-même avant tout comme un artiste de scène, fait pour communiquer en direct avec son public. Son nouvel album, The Road Is Longer qui sortira le 3 mai est un nouveau mélange raffiné d'épices variées - zoulou bien sûr, et aussi rock, jazz, latino, Maghreb et Afrique - où dominent les guitares, sur des thèmes puisés dans l'actualité récente (Love In The Time Of Gaza), ou des sujets plus intimes (I Know That Sound - une valse triste), ou encore sur le leitmotiv de la solitude de l'individu face au monde et à ses responsabilités (Asilazi), dans un hymne s’inscrivant dans la pure tradition d'Asimbonanga ou de The Crossing. C'est accompagné de ses deux choristes habituels, de quatre musiciens (guitariste, bassiste, batteur et multi-instrumentiste), et d'un danseur zoulou que Johnny Clegg fera son retour sur la scène parisienne.

Un plateau exceptionnel réunira plusieurs styles le 29 mai, avec les Mahotella Queens, figures emblématiques de la résistance anti-apartheid. Formé d’Hilda Tloubatla, Nobesuthu Mbadu et Mildred Mangxola, ces Reines Mahotella ont traversé le monde avec leur Mbaquanga, et font depuis près de 45 ans partie de la légende de la musique sud-africaine urbaine. C'est avec Simon Malhatini, aujourd'hui disparu, qu'elles inventent au début des années 60 ce genre, Mbaquanga, mélange détonant de musiques traditionnelles, de Marabi et de rythm and blues.

Idoles des communautés noires pendant les années de plomb, leur arrivée sur la scène internationale a fait l'effet d'une bombe. Bien plus qu'un simple chœur féminin, ces trois femmes d'exception donnent à la musique sud-africaine une couleur unique, fortement identitaire et pourtant universelle.

Le jazzman légendaire d'Afrique du Sud, Hugh Masekela sera aussi présent le 29 mai, lui qui a vécu trente ans d'exil, enregistré plus de quarante albums et vendu des millions de disques à travers le monde. A Soweto où il a grandi, le jeune Masekela a subi la discrimination raciale instaurée par le régime de l'apartheid et fait de la musique une arme de résistance. C'est Trévor Huddleson, prêtre britannique vivant dans les townships, qui lui offre sa première trompette et l'invite à rejoindre le Huddleson Jazz Band. Son second instrument lui sera envoyé par Louis Armstrong en personne. Contraint d'émigrer aux Etats-Unis en 1964, il y connaît le succès avec des titres comme Grazzing In The Grass.

Dans les années 80, Paul Simon l'embarque dans l'aventure Graceland, neuvième album solo du chanteur, avec Myriam Makeba et le groupe Ladysmith Black Mambazo. De retour dans son pays depuis 1990, il continue de représenter la beauté du jazz sud-africain.

Enfin le 30 mai, l’événement Juke Box Live pour Mandela, comme son nom l’indique, rendra hommage à Nelson Mandela et à son combat contre l'apartheid. Les différents lives apparaîtront aussi comme une revue des musiques symboles des années de lutte du mouvement anti-apartheid de 1964, année d'emprisonnement de Mandela, à 1990, année de sa libération.

Sur une idée originale du regretté producteur sénégalais, Mamadou Konté et Christophe Meyer et sous la direction artistique de Cheick Tidiane, claviériste connu pour ses productions avec Salif Keita, Hank Jones, Joe Zawinul ou encore Dee Dee Bridgewater, de nombreux artistes participeront à cet hommage, accompagnés par un big band de douze musiciens français et africains.

Parmi les musiciens, Amadou et Mariam, Manu Dibango, Touré Kunda, Melissa Laveaux, Archie Shepp et Rachid Taha, et beaucoup d'autres issus du jazz, du rap, de la chanson française et internationale, mélangeront les musiques noires et blanches emblématiques des années de lutte du mouvement anti- apartheid et leur propre répertoire. Cheick et ses invités offriront à travers ce spectacle musical, un symbole de liberté et de lutte contre le racisme et la ségrégation.

Depuis trente-cinq ans, Cheick Tidiane Seck, organiste malien, est de toutes les aventures musicales, du jazz aux musiques d'Afrique, d'Inde, en passant par le groove international ou la pop française et le hip hop. Vétéran du légendaire orchestre Rail Band de Bamako, pionnier du moog en Afrique de l'Ouest, membre fondateur des Asselars, il devient un pilier de la fertile scène ivoirienne de la fin des années 70. Il s'installe finalement à Paris en 1985, en pleine explosion des musiques africaines, où il se fait rapidement connaître comme l'un des plus valeureux musiciens de session et de live de sa génération. S'il ne remporte pas le succès immédiat d'un Mory Kanté ou d'un Salif Keita, son travail s'inscrit dans la durée.

Depuis de nombreuses années, les mélomanes apprécient son parcours. Qu'on le croise aux côtés d'Hank Jones, d'Ornette Coleman, de Living Colour, de Salif Keita, d'Amadou et Mariam, Dee Dee Bridgewater ou Joe Zawinul, sa touche personnelle, nourrie des vibrations de musiques noires américaines, fait toujours la différence. Pivot de la scène musicale malienne contemporaine, il vient de produire et d'arranger de nouveaux disques attendus, comme ceux d'Oumou Sangaré, de Kassé Mady Diabaté et de Sory Bamba, que l'on croise sur son nouvel album. Il n'est pas rare de croiser Cheick Tidiane Seck dans les nuits de Bamako, où il se produit souvent lorsqu'il ne peaufine pas son disque ou réalise ceux de ses collègues.



Le site du Parc de La Villette

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