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Kissin - Lugansky : titans russes aux Champs

Par Marc Zisman |

Deux Rolls du piano moscovite se produiront à quelques jours d’intervalle en janvier au Théâtre des Champs-Elysées : Nikolaï Lugansky le 14 et Evgeni Kissin le 18.

Se contenter juste de prononcer leurs noms, et les amoureux de la chose pianistique se retrouvent propulsés sur une autre planète : Nikolaï Lugansky et Evgeni Kissin ! Deux géants du piano contemporain. Deux moscovites. Deux (presque) jumeaux (1971/1972). Mais aussi deux styles bien distincts…

Brillant héritier de la grande école russe, Nikolaï Lugansky semble surgi d'un autre âge. Sa noblesse innée et son brio incandescent en font l'archétype du virtuose, le vrai. Celui dont la technique à toute épreuve ne sacrifie jamais l'expression, chez qui la profondeur d'âme l'emporte toujours sur la poudre aux yeux. Lumineux, précis et coloré, s'enflammant sans s'abandonner jamais, son chant se tient en équilibre entre l'intime et le sublime. L'art du clavier bien tempéré.

Né à Moscou le 26 avril 1972, fils de deux scientifiques russes, Lugansky commence l'étude du piano à l'âge de 5 ans. Deux ans plus tard, il rentre à l'Ecole centrale de musique de Moscou, où il étudiera pendant cinq ans avec Tatiana Kestner, puis pendant neuf ans avec Tatiana Nikolaïeva. Il finit alors ses études au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou sous la direction de Sergueï Dorenski. En 1988, il remporte la médaille d'argent du 8e Concours international Bach de Leipzig ; puis en 1990, le second prix du Concours Rachmaninov de Moscou. Lors de l'académie d'été du Mozarteum de Salzbourg de 1992, il se voit décerné un prix spécial de « meilleur pianiste ». En 1994, il remporte le second prix du prestigieux Concours international Tchaïkovski de Moscou (cette année-là aucun premier prix n'est accordé).

Lugansky partage ses concerts entre récitals pour piano, musique de chambre (en particulier avec ses compatriotes Boris Berezovsky, Vadim Repin, Mischa Maisky, Alexandre Kniazev et concerti pour piano. Ses compositeurs de chevet sont Rachmaninov (qu'il considère comme son père spirituel) et Chopin. Mais son répertoire comprend également des œuvres de Bach, Mozart, Beethoven, Brahms, Debussy, Liszt, Nikolaïeva (son professeur pendant neuf ans), Prokofiev, Schubert, Schumann, Scriabine et Tchaïkovski.

Pour son récital du 14 janvier, il offrira au public parisien la Sonate en mi bémol mineur « 1er octobre 1905 » de Janácek, la Sonate n°3 en si mineur op. 58 de Chopin et la Sonate n°1 en ré mineur op. 28 de Rachmaninov.

Le 10 octobre 1971, six mois avant Lugansky mais toujours à Moscou, naissait un certain Evgeni KissinKissin, le plus prodige des prodiges ? Impénétrable, brillant, mystérieux, sont les qualificatifs que l'on associe le plus souvent au jeu et à la personnalité du pianiste formé dans la plus pure tradition de l'école russe.

Kissin émigre à New York très jeune et en seulement quelques années y fait la conquête du monde. Il débute dans le circuit international en 1984 avec Rachmaninov et Liszt. Il n’a alors que 13 ans. Quatre ans plus tard, Karajan l'invite à Berlin et Zubin Mehta lui ouvre les portes du Philharmonique de New York ! Aujourd'hui, sa technique est toujours aussi flamboyante avec désormais ce « petit plus » de maturité qui lui donne ce son si particulier, à la fois profond et lumineux.

Dimanche 18 janvier pour son récital parisien, il offrira au public de l’avenue Montaigne trois pièces extraites de Roméo et Juliette, op. 75 et la Sonate n°8 en si bémol majeur op. 84 de Prokofiev, ainsi que des mazurkas et des études de Chopin.

Le site officiel d’Evgeny Kissin

Le site officiel de Nikolaï Lugansky

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