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Alain Planès, seul à la Cité

Par Max Dembo |

Le pianiste est en récital Schumann et Sibelius le 27 mai à Paris, à la Cité de la Musique. Ecrivez à places@qobuz.com pour retirer vos places !

Jeudi 27 mai, Alain Planès est en récital parisien, à la Cité de la Musique. Au menu de cette soirée des œuvres de Robert Schumann (Waldszenen op. 82 et Nachtstücke op. 23) et Jean Sibélius (Sonate en fa majeur op. 12, Cinq Pièces op. 85 / Bellis, Oeillet, Iris, Aquilera, Campanula et Cinq Pièces op. 114 / Paysage, Lac de forêt, Scène d'hiver, Chant de la forêt, Vision de printemps).

Entre les impressions paysagères que Sibelius rassemble dans son op. 114 et les Scènes de la forêt op. 82 de Schumann, il y a aussi le monde inquiétant, presque diabolique des Nachtstücke, ces pièces nocturnes ou crépusculaires qui révèlent une nature peuplée de menaces. Paysage, Chant dans la forêt, Vision de printemps… : tels sont les titres que Sibelius donne à ses pages pianistiques, qui font écho au Paysage souriant, à L’Oiseau prophète ou aux Fleurs solitaires des Waldszenen schumanniennes composées en 1849. Mais, au détour de ces clairières, c’est soudain un Lieu maudit qui surgit, que Schumann peint avec des dissonances et des appoggiatures douloureuses. Ici, les fleurs sont « pâles comme la mort », sauf celle qui se dresse dans sa « parure rouge » qu’elle « tient de la terre, car elle a bu du sang humain », dit le poème de Hebbel dont Schumann s’est inspiré. Les Nachtstücke de 1839 annonçaient déjà ces visions menaçantes. « On y voit davantage d’yeux de chouettes que d’étoiles », disait Liszt à propos de ce recueil que Schumann écrivit en proie à de macabres obsessions. Un Schumann qui soufflera ses 200 bougies quelques jours plus tard, le 8 juin…

De l’Université d’Indiana à Pierre Boulez, c’est ainsi que pourraient, en raccourci, se dessiner les débuts de la carrière d’Alain Planès, devenu depuis lors l’un des pianistes les plus remarqués de sa génération. Il fait ses études à Lyon, où il donne son premier concert avec orchestre à l’âge de huit ans, puis au Conservatoire de Paris. Jacques Février a été son mentor. Planès part ensuite se perfectionner aux États-Unis. À Bloomington, il travaille avec Menahem Pressler du Beaux Arts Trio, Janos Starker, György Sebök, William Primrose. Il devient le partenaire de Janos Starker avec qui il donne de nombreux concerts aux États-Unis et en Europe. Pierre Boulez lui propose de devenir, dès sa création, pianiste soliste de l’Ensemble Intercontemporain, où il restera jusqu’en 1981.

Sa carrière de soliste le conduit dans les plus grands festivals : Festival d’Art Lyrique d’Aix -en-Provence, Montreux, la Roque d’Anthéron, la Folle Journée de Nantes, Piano aux Jacobins… Très proche de Rudolf Serkin, il est un des jeunes « seniors » du prestigieux festival de Marlboro. En musique de chambre, Alain Planès a été le partenaire de Michel Portal, des quatuors Prazak, Talich et Guarneri... Il a joué, entre autres, avec l’Orchestre de Paris, le National de France, les orchestres de l’Opéra de Paris, la Monnaie de Bruxelles, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, SWR Baden-Baden, Concerto Köln. Il a assumé la direction musicale du Carnet d’un disparu de Janacek mis en scène par Claude Régy en 2001 à Aix en Provence, et de La Frontière, opéra de chambre de Philippe Manoury mis en scène par Yoshi Oïda, à l’occasion de sa création en 2003.

Révélé au disque par Chabrier et Janacek, Planès a notamment gravé pour Harmonia Mundi une intégrale des Sonates de Schubert qui, comme ses récents enregistrements consacrés à Chopin, Haydn, Scarlatti (sur instrument d’époque), ont été salués par la critique internationale. Comme son intégrale de l'œuvre pour piano seul de Debussy.

Le site de la Cité de la Musique

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