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La Belle Hélène, star de cinéma à l'Opéra du Rhin

Par Isabelle Couillens |

Actuellement, à Strasbourg puis à Mulhouse et Colmar en janvier, l’Opéra National du Rhin propose La Belle Hélène de Jacques Offenbach. A la baguette, Claude Schnitzler et à la mise en scène, Mariame Clément qui transpose l’intrigue dans un Hollywood des années 1920.

Pour les fêtes l’Opéra National du Rhin produit une nouvelle fois depuis 2006 La Belle Hélène d’Offenbach avec le Chœur de l’Opéra National du Rhin et l’Orchestre symphonique de Mulhouse, dirigé par Claude Schnitzler. Cette année, on retrouve Stéphanie d’Oustrac en Hélène, Franck Leguérinel en Calchas et René Schirrer qui interprète Agamemnon. Les nouveaux venus sont Sébastien Droy qui est Pâris et Steven Dole qui est Ménélas. Mariam Clément reprend la mise en scène qu’elle a déjà créée pour le spectacle de 2006.

Pour Mariame Clément, l’œuvre d’Offenbach nécessitait une transposition temporelle. Ainsi la particularité de cette mise en scène est d’avoir déplacer toute l’intrigue, qui se déroule normalement dans la France du Second Empire, dans le monde du cinéma en noir et blanc d’Hollywood de l’entre-deux-guerres.

Dans cette production de l’Opéra National du Rhin, Hélène n’est plus reine de Sparte, mais une actrice de cinéma muet des années 1920. Il n’y a d’ailleurs plus de roi grecs non plus, mais des stars d’Hollywood ; le devin Calchas est réalisateur, Ménélas un producteur en plein tournage de la dernière superproduction hollywoodienne : L’Enlèvement d’Hélène. Dans le choix de cette période, il y a une volonté de tourner en dérision l’époque révolue des débuts du cinéma, tout comme Offenbach tournait en dérision le goût classique pour les antiquités dans le Second Empire.

Toute la mise en scène joue sur le noir et blanc, du début du cinéma, effet qui permet de créer une distance temporelle. Offenbach parodie les mœurs de la société de son temps ; or Mariame Clément a aussi opté pour les années 20 dont l’esthétique est encore classique et permet de jouer avec les références visuelles. Tout au long de la représentation, des projections vidéos conçues par par Momme Hinrichs et Torge Möller (fettfilm) se mêlent à l’intrigue. Ce sont des images créées à partir des films muets ou parlants, en noir et blanc. L’objectif est de créer l’atmosphère « kitsch élégant ».

Le style Art Déco, avec ses lignes épurées, apporte le décalage et l’extravagance nécessaire pour parvenir au kitsch élégant et éviter les débordements, la lourdeur et l’outrance souvent attribuée à l’opérette. L’objectif de Mariam Clément est de rester dans le comique, de susciter le rire immédiat et franc. Mais elle cherche aussi à faire ressorti d’autres aspects plus subtile de La Belle Hélène, et faire des personnages des être touchants et pas seulement des marionnettes.

Photos par © Alain Kaiser pour l'Opéra National du Rhin.

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Site de l'Opéra National du Rhin
Site de Mariame Clément
Site de Stéphanie d'Oustrac

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