Votre panier est vide

Rubriques :
Concerts, festivals et tournées

Maurizio Pollini, vers plus de perspectives

Par Max Dembo |

Ludwig van Beethoven face à Helmut Lachenmann au menu des Pollini Perspectives orchestrées par le pianiste italien Maurizio Pollini, le 18 janvier, à Paris, Salle Pleyel.

Vendredi 18 janvier, les Pollini Perspectives se poursuivront à la Salle Pleyel. Le principe de ces concerts orchestrés par le grand Maurizio Pollini ne change pas : confronter, au cours du même concert, les classiques du répertoire à la musique contemporaine. Cette fois-ci, le pianiste milanais a choisi de réunir deux grandes figures de la musique allemande : Ludwig van Beethoven et Helmut Lachenmann.

Du premier seront données les Sonates n°4 opus 7 et n°8 opus 13 « Pathétique », et du second le Quatuor à cordes n°3 « Grido ». Chez ces deux compositeurs se manifeste la volonté de pousser les instruments jusque dans leurs ultimes retranchements : le piano jusqu’aux limites du clavier, les cordes dans les nuances les plus extrêmes. Au-delà de la démarche expérimentale, ces œuvres donnent à entendre une vision du monde, d’une grande humanité mais sans aucune concession… Pour la pièce de Lachenmann, le pianiste transalpin a convié le JACK Quartet composé des violonistes Ari Streisfeld et Christopher Otto, de l’altiste John Pickford et du violoncelliste Kevin McFarland.

Depuis plusieurs décennies, Maurizio Pollini occupe une position de premier plan parmi les plus grands pianistes du monde, s'intéressant à tous les aspects de la littérature pianistique. Ses interprétations des répertoires classique et romantique sont aussi célèbres que sa défense passionnée de la musique du XXe siècle.

Né le 5 janvier 1942 à Milan, il étudie le piano avec Carlo Lonati en même temps que la composition et la direction d'orchestre au Conservatoire de Milan. Il s'est déjà fait remarquer par la presse musicale quand, en 1957, il interprète les Etudes de Chopin dans sa ville natale. Sa prestation primée au Concours Chopin à Varsovie en 1960 est suivie d'une période de perfectionnement.

Depuis le milieu des années soixante, Pollini donne des récitals en solo et se produit avec les orchestres majeurs d'Europe, des Etats-Unis et d'Extrême-Orient. Il fait ses débuts américains en 1968 et entreprend sa première tournée au Japon en 1974. Régulièrement invité aux grands festivals internationaux de musique tels que Salzbourg et Lucerne, il fait ses débuts au premier en 1970. C'est à cette époque qu'il commence à manifester un intérêt grandissant pour des œuvres contemporaines, et c'est l'un des premiers pianistes à défendre leur cause.

Les incursions fréquentes de Pollini dans la musique de chambre (le Quintette avec piano de Brahms aux côtés du Quartetto Italiano) et ses engagements en tant que chef d'orchestre (au Festival Rossini à Pesaro) témoignent de son intérêt pour chaque aspect de la musique.

Pollini triomphe aux Berliner Festwochen de 1993 avec l'intégrale des Sonates pour piano de Beethoven, ce qui l'amène à redonner le cycle à Munich, Milan et New York, et, entre la fin 1996 et juin 1997, il le joue à Paris, Vienne et Londres. En 1995, l'année où il fête le 25e anniversaire de ses débuts au Festival de Salzbourg, il conçoit un programme consistant en une série de cinq concerts auxquels il participe également comme pianiste. Son "Progetto" comprend des compositions de Gesualdo, Nono, Schoenberg, Webern, Sciarrino, Beethoven, Brahms et Hindemith et constitue l'un des moments forts du festival d'été. Après ce "Progetto" réussi à Salzbourg, il y est invité de nouveau en 1999, ainsi qu'à New York en 2000.

Maurizio Pollini enregistre en exclusivité pour Deutsche Grammophon depuis 1971. De nombreuses références dont plusieurs couronnées de prix témoignent de son engagement envers la musique du passé comme celle du présent. Sa discographie très variée couvre un vaste répertoire où l'on retrouve les œuvres majeures de Beethoven, Chopin, Schumann et Schubert. En outre, il enregistre les compositions de Debussy, Stravinsky et Prokofiev, aussi bien que les concertos de Mozart et Brahms. D'autres disques proposent des œuvres des compositeurs du XXe siècle tels que Schoenberg, Webern, Boulez, Luigi Nono et Giacomo Manzoni.

A noter que ces Pollini Perspectives consacrées aux sonates de Beethoven se termineront, toujours à la Salle Pleyel, lundi 18 mars.

Le site de la Salle Pleyel

À découvrir autour de l'article