Catégories :

S.M.S.L M300 : très belle restitution sonore pour ce DAC intégrant six filtres numériques !

Difficile de faire son choix parmi la pléthore de convertisseurs numérique analogique disponibles sur le marché. Parmi les nombreux appareils testées par Qobuz, les réalisations du fabricant S.M.S.L se sont toujours révélées de très bons, voire d'excellents choix, comme c'est encore le cas avec ce modèle M300.

Par Philippe Daussin | Bancs d'essai | 30 octobre 2019
Réagir

La marque chinoise S.M.S.L est assurément l'une de celles qui ont engrangé le plus de récompenses Qobuzissime, encore récemment avec le DAC Sanskrit 10th. Il faut dire que ce dernier, proposé à moins de cent euros, offre des performances sonores de tout premier ordre, aussi nous demandions-nous si ce modèle M300, dont nous allons vous proposer le banc d'essai et valant près de trois le prix du Sanskrit 10th, parviendrait à faire aussi bien si ce n'est mieux, tout du moins à notre gout, l'appréciation de la qualité sonore étant l'affaire de chacun, mais cela, nous en parlerons plus tard.

Le DAC S.M.S.L M300 ne cherche pas à compliquer la vie de l'utilisateur et va quasiment à l'essentiel concernant la connectique, une entrée USB et deux entrées S/PDIF, coaxiale et optique, tandis que l'audio est disponible à niveau fixe sur prises Cinch et sur prises XLR pour les amateurs disposant d'un amplificateur compatible. De même pour ce qui est des réglages, les seuls choix offerts concernant la couleur du rétro éclairage et le filtrage numérique, le choix pouvant être fait, même pendant l'écoute, parmi l'un des six filtres intégrés à la puce de conversion numérique analogique.


Présentation

Le DAC S.M.S.L M300 reprend l'aspect moderne et épuré déjà rencontré sur le Sanskrit 10th et est disponible dans un classique coloris noir satiné ou en finitions plus actuelles rouge ou bleue. La face avant accueille deux touches, celle placée en position supérieure servant à la mise en marche, ou, en la maintenant appuyée durant deux secondes, à changer le rétro éclairage de l'affichage (blanc -> orange -> vert -> bleu -> jaune -> violet), celle de dessous sert quant à elle à sélectionner l'entrée ou l'un des six filtres numériques si l'appui est maintenu deux secondes également.


L'afficheur indique dans sa partie haute le type de signal audio numérique, PCM ou DSD et le filtre en service (FL1 à FL6 en PCM uniquement), au centre, l'entrée qui est symbolisée par un pictogramme, celui-ci cédant la place au symbole officiel Hi-Res Audio lorsque le fichier lu est de ce type, la fréquence d'échantillonnage s'affichant dessous avec une barre à l'avancement plus ou moins prononcé suivant la fréquence, mais n'indiquant Hi-Res qu'à partir de 88,2 kHz !

A l'arrière du M300 on trouve une prise micro USB qui sert à l'alimentation et à la lecture de fichiers audio depuis un ordinateur, et également deux entrées S/PDIF, une optique et une coaxiale pour brancher un lecteur de CD ou de DVD par exemples. La sortie des signaux analogiques s'effectue en liaison standard sur prises Cinch et en mode symétrique (ou différentiel) sur prises XLR mâles à trois broches.


A noter le M300 est livré avec un cordon comportant deux prises USB A mâles afin de pouvoir disposer de plus de courant sur le +5V.

Réalisation

L'électronique du M300 est regroupée sur deux circuits imprimés, l'un monté en façade et comportant l'affichage et les commande, l'autre accueillant le reste de l'électronique.


L'alimentation se compose de deux sections indépendantes, la première alimentant la partie analogique en ±12V se situe sous la carte accueillant les prises XLR et fait appel à un module à découpage S.M.S.L que l'on rencontre sur d'autres réalisations du constructeur, tandis que la seconde prend place auprès de la puce de conversion numérique analogique et délivre diverses tensions au reste de l'électronique, celles-ci semblant faire uniquement appel à des régulateurs abaisseurs de tension (pas de circuits à découpage), dont un modèle ajustable A1117.

On peut voir dans le coin supérieur gauche du circuit l'interface USB faisant appel à un processeur XMOS U308 compatible avec les signaux PCM 32 bits jusque 768 kHz et DSD jusque 22,4 MHz (DSD512) et utilisant trois oscillateurs NDK à ultra faible bruit de phase, l'un à 24 MHz pour son horloge interne et deux horloges de synchronisation avec les signaux audio numériques, l'une à 45,158 MHz pour ceux à 44,1 kHz et multiples et l'autre à 49,152 MHz pour ceux à 48 kHz et multiples.

La réception et la commutation des signaux S/PDIF depuis l'entrée optique ou l'entrée coaxiale est assurée par une puce ON Semiconductor LC89091 et c'est un commutateur 74LC244 qui se charge de la sélection entre le bus I2S issu de cette puce et celui parvenant du processeur XMOS vers le circuit de conversion numérique analogique Asahi Kasei AK4497 de haut de gamme, compatible PCM 32 bits jusque 768 kHz et DSD jusque 22,4 MHz.

Les signaux analogiques qui sortent de la puce AK4497 en mode différentiel sont filtrés sur chacune de leurs composantes par des amplificateurs opérationnels à hautes performances et très faible bruit Texas Instruments LM4562. A l'issue de ce filtrage, les signaux transitent au travers de transistors discrets (probablement utilisés en buffers), les parties positives et négatives rejoignant les sorties XLR tandis que les prises Cinch ne voient que la partie positive.

Ecoute

Nous avons effectué nos écoutes depuis l'application Qobuz pour PC ou avec le lecteur logiciel Foobar2000, ceci en liaison USB ou encore par l'intermédiaire d'un ChromeCast Audio (pour Qobuz) branché sur l'entrée optique, les sorties analogiques asymétriques du S.M.S.L M300 étant reliées à notre système de personnel de référence (préampli Selectronic intégralement à transistors JFet/MosFet et enceintes actives multi amplifiées).

Et là, nul besoin d'attendre des heures pour se faire une opinion de la qualité sonore de ce M300, celle-ci se manifeste immédiatement par son haut pouvoir de séduction en offrant une restitution d'une présence et d'une plénitude prenantes qui fait hautement apprécier le très bel Eternal Source Of Light Divine de Haendel dont le phrasé et l'orchestre de déploient avec beauté et équilibre, et ce quel que soit le type de filtrage numérique utilisé, les différences entre filtres restant assez peu prononcées mais quantifiables, en particulier en termes d'aération, tandis que la musicalité se montre toujours excellente, et chacun pourra donc sans crainte choisir selon ses gouts.

Le S.M.S.L M300 nous offre des Vespri per l'Assunzione di Maria Vergine de Vivaldi par le Concerto Italiano dirigé par Rinaldo Alessandrini une restitution riche en couleurs, en dynamique et en espace, ces aspects se montrant plus au moins prononcés en fonction du filtre utilisé, mais là encore la musicalité reste de très haut niveau et tous les filtres se montrent assez respectueux des attaques des cordes que nous aimons tant dans cette interprétation, bien que ces attaques nous aient semblé globalement légèrement émoussées, ceci étant probablement dû au filtrage analogique, plénitude sonore et vivacité extrême se révélant, de manière assez logique, plutôt antinomiques.

Très belle restitution sonore également de l'album The Essential Paul Young, avec de la présence, de belles voix et un soubassement solide, restitution que l'on pourra peaufiner en sélectionnant le filtre qui convient bien à son oreille (le 4 et le 5 en ce qui nous concerne).

En conclusion, la plénitude de la restitution sonore du DAC S.M.S.L M300 nous a beaucoup plu, et, bien que cela ne soit pas vraiment inscrit dans notre ADN, l'apport de ses différents filtres numériques se montre intéressant tout en préservant l'excellente qualité musicale de cet appareil.

Spécifications
Site constructeur
Contact


Nos remerciements à Audiophonics pour le prêt du S.M.S.L M300.

Capacités de lecture


***

Pour suivre tout ce qui se passe sur Qobuz, rejoignez-nous sur Facebook !
www.facebook.com/qobuz

Vos lectures


Inscrivez-vous à nos newsletters