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La douce playlist d'António Zambujo

Par Héloïse Roussat |

Le maître du fado nous embarque dans son univers pour dévoiler ses 10 titres préférés, de Norah Jones à João Gilberto en passant par Chet Baker.

En exclusivité pour Qobuz, António Zambujo dévoile ses dix titres favoris et révèle ainsi les artistes essentiels à ses yeux ; il ne s’agit bien sûr pas uniquement de fadistes, ou même d’artistes portugais. Celui qui revisite le fado dans un style qui n’appartient qu’à lui, comme c’est le cas dans son album Rua da Emenda, qui vient de paraître en ce début 2015 sur le label World Village, s’inspire aussi bien du maître de la bossa nova João Gilberto que de l'abrasif et rocailleux Tom Waits...

Dix chansons qui ont en commun une douceur et une humanité propres à Zambujo, dont il s’inspire clairement pour sa propre musique, en l’occurrence son fado. Aucun titre instrumental, et uniquement des voix de velours, tendres et délicates. Une playlist qui reflète l’esprit même du chanteur portugais et sa façon de concevoir la musique :



Chega de Saudade et Coração Vagabundo sont des titres phares. Le premier correspond en quelque sorte à la naissance de la bossa nova à travers le chant doucereux du bahianais - dont la façon de chanter deviendra la signature -, tandis que le deuxième est une interprétation du titre de Caetano Veloso issu d’un album de 1967. L’influence de João Gilberto sur António Zambujo semble claire, elle passe par la transmission d’une voix de velours et d’un murmure chanté presque berceur. Le Portugais reste dans la musique brésilienne avec la chanteuse populaire Elis Regina et son titre Retrato Em Branco E Preto aux paroles désespérées, tandis que Let’s Get Lost de Chet Baker redonne le sourire par sa rythmique et sa mélodie enjouées, aussi bien au saxophone qu’au chant, dynamique bien que fragile.

Le titre de Norah Jones fait quant à lui référence à ses débuts, à son premier album, plus précisément au titre éponyme de l’album, Come Away With Me, qui présente une atmosphère rêveuse et apaisante ; la voix est là aussi posée aussi délicatement qu’on manipulerait de la dentelle, et le jazz de Norah Jones devient à partir de cet album une belle signature de la chanteuse. Il est à rapprocher du style de Tom Waits, tout aussi jazzy et subtil. San Diego Serenade, une ballade lyrique de par ses violons étirés, correspond finalement bien à la personnalité d’António Zambujo, dans la mesure où elle offre une tendresse et une grâce toutes particulières. Enfin, la version live de Sem Fantasia de Chico Buarque, initiateur du style Música Popular Brasileira (MPB, fusion de la bossa nova avec la samba, le jazz ou encore le rock’n’roll), est un réel voyage dans la musique brésilienne des années 70, entre tensions et résolutions musicales, percussions et cuivres. Lua Nha Testemunha de Cesaria Evora et Santa Chuva de Marcelo Camelo ont tous les deux ce côté sensuel, l’un par ses harmonies et l’autre par son rythme. Cesaria présente une voix suave et épicurienne, tandis que Marcelo Camelo chante avec une présence certaine, dans un élan presque lyrique, bien qu’il s’agisse d’un titre plutôt intimiste.

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