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L’expo Bowie : on y était !

Par Marc Zisman |

Après son succès londonien, l’exposition David Bowie is s’installe à la Philharmonie de Paris du 3 mars au 31 mai 2015. Une réussite esthétique pour novices et spécialistes.

Il faut d’abord balayer d’un revers de main l’éternelle question « Peut-on exposer la musique ? » puisque la mode est à la muséification des grandes icones du XXe siècle. Si une exposition est censée rassembler des œuvres d’art, un concert ou tout simplement un disque n’est-il pas déjà une exposition ? Passons… Après Serge Gainsbourg, Miles Davis, John Lennon et quelques autres, David Bowie est donc au cœur de la première grande exposition que propose, du 3 mars au 31 mai 2015, la Philharmonie de Paris, fraichement inaugurée il y a un mois et demi. Cette fois pourtant, le sujet est celui qui se prête le mieux à ce genre de manifestation. Bowie ayant toujours accordé une place majeure à la face visuelle de son art (pochettes, costumes, décors, vidéos, etc.), il est donc sans aucun doute LE musicien pop le plus exposable. En cela, Victoria Broackes et Geoffrey Marsh, conservateurs au Victoria & Albert Museum de Londres où l’expo triompha au printemps 2013, ne s’y sont pas trompés et ont judicieusement sélectionné plus de 300 objets pour raconter Bowie en images, en films, en costumes, en manuscrits, en décors, en objets, etc. Et comme il est tout de même question de musique, la visite s’effectue casque/écouteur sur les oreilles pour entendre une chanson ici, un bout d’interview ou de témoignage là…

David Bowie en 1963 – © Roy Ainsworth / The David Bowie Archive 2012


Pour échafauder le parcours de David Bowie is, les deux commissaires n’ont finalement eu qu’à suivre les instructions de l’intéressé qui a construit sa carrière comme… un itinéraire d’exposition ? Qu’il s’agisse du glam, de la new wave, du funk ou de la soul, du disco ou de l’électro, Bowie a endossé tous les genres ; parfois même avec une longueur d’avance. De Major Tom à Ziggy Stardust, d’Aladdin Sane au Thin White Duke, il s’est inventé, s’est métamorphosé et a exhibé son corps devenu spectacle. Idem pour la géographie, de Londres à New York en passant par Berlin. C’est cet itinéraire géographique, physique, intellectuel, dense et assez fascinant que l’exposition retrace. Le parcours chronologique fusionne ainsi avec le processus créatif de David Bowie comme icône du monde de la culture moderne et pionnier de la pop.

David Bowie en 1973 – © Masayoshi Sukita / The David Bowie Archive


Chaque pièce, plutôt bien conçue et harmonieusement présentée, souligne chacun de ces multiples aspects. Parfait pour découvrir Bowie – l’exposition offre un bel exercice de vulgarisation sans trop simplifier le fond – mais aussi pour ravir celles et ceux ayant déjà approfondi le sujet qui glaneront quelques babioles rares à reluquer ou quelques propos inédits à déguster… Provenant essentiellement des archives de Bowie lui-même, ces documents visuels ou sonores inédits, photographies et films, costumes, éléments scéniques, manuscrits, dessins et instruments sont tous joliment agencés et forment un patchwork comme l’est aussi l’œuvre de la star anglaise. Un effet un brin pervers vient toutefois ponctuer ce passionnant David Bowie is. Celui de constater que si le musicien reste très influent encore aujourd’hui, ses chansons n’ont pas retrouvé le sommet des charts depuis… Depuis un certain temps…



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