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Sans toi, Agnès

La pionnière de la Nouvelle Vague Agnès Varda s'en est allée ce vendredi 29 mars, à l'âge de 90 ans.

Par Charlotte Saintoin | Vidéo du jour | 2 avril 2019
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Agnès Varda, c'était une coupe, des coupes, un regard, des regards. Une carrière de 60 ans. Commencée à l'aube des années 50, la longévité d'Agnès s'arrête en pleine foulée malgré l'âge avancé. Varda par Agnès, un autoportrait quasi testamentaire était diffusé par Arte il y a à peine deux semaines.

Avant, celle qui s'épanouissait aussi en tant que plasticienne achevait une exposition photographique et deux installations dans le Loir-et-Cher. Visages Villages, documentaire retraçant les faces et façades de la campagne française, montrait en 2017 une Agnès rayonnante aux côtés de l'artiste JR. Le bonheur, cher à Varda, elle le capturait à tours de bras et en faisait le sujet de son second chef-d'œuvre en 1965.



D'abord photographe, la Belge née à Ixelles près de la capitale mais grandi sous le soleil de Sète où elle se lia d'amitié avec Jean Vilar, débute au Festival d'Avignon en 1951. C'est ensuite derrière la caméra qu'elle passe pour La Pointe Courte (1955). De là, elle enchaînera son premier chef-d’œuvre Cléo de 5 à 7, dont elle questionnait encore récemment le montage. Elle rencontre coup sur coup la Nouvelle Vague et l'Amour : Jacques Demy, qui l'accompagnera jusqu'à la tombe en 1990. De courts (Ulysse) en longs, de documentaires (Les Glaneurs et la Glaneuse) en installations, de téléfilms (Daguerréotypes) en ciné-tracts (Réponses de femmes), de comédie musicale (L'Une chante, l'autre pas) en photographies, lions, léopard ou oscars, Agnès Varda allonge une carrière hétérogène, profuse, engagée (Black Panthers) dont la fragilité artisanale faisait le sel.

Fictions sensibles aux réalités crues (Sans toit ni loi avec Sandrine Bonnaire, Kung-Fu Master avec Jane Birkin) ou éloges de son homme (Jacquot de Nantes, Les Plages d'Agnès avec leurs enfants Rosalie et Mathieu, Les Demoiselles ont eu 25 ans, L'Univers de Jacques Demy), Varda semblait sur tous les fronts. Même en musique, elle fera aussi bien appel à Michel Legrand qu'à François Wertheimer, Georges Delerue, Laurent Levesque, la fidèle Joanna Bruzdowicz ou même Fred Chichin des Rita Mitsouko sur Sans toit ni loi.

Elle part dans la nuit, du jeudi 28 au vendredi 29 mars, au numéro 88 de la rue Daguerre dans le XIVe arrondissement où, dans le studio d'en face, elle montait ses films et logeait sa boîte de production et distribution Ciné-Tamaris.



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