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Saint Etienne, le retour

Par Max Dembo |

Avec "Blitz", Etienne Daho signe l'un de ses disques les plus ambitieux...

La jeunesse éternelle existe, Daho l’a rencontrée. Avec Blitz, le fringant sexagénaire signe un renversant quatorzième album d’une rare densité. Dans ses sons, dans sa plume, tout ici est parfaitement pensé, conçu et interprété et montre un artiste plus inspiré et déchaîné que jamais. On entre surtout dans ce Blitz comme on découvre un paysage grandiose. Un vrai coup de poing au plexus qui fait vaciller en convoquant des tas de références. L’imagerie américaine a toujours fascinée Etienne Daho.

De l’âge d’or d’Hollywood (Duel au soleil) à la Factory de Warhol arpentée par Lou Reed, l’une de ses grandes idoles, le Rennais a toujours su intégrer ces images d’Épinal pop dans sa sémantique gauloise. Outre-Manche aussi, Daho a bu à de nombreuses sources. Et notamment à celle de Syd Barrett dont le fantôme hante son Blitz. Par un concours de circonstance, il a retrouvé un appartement londonien dans lequel l’éphémère premier leader de Pink Floyd a vécu et a pu y passer quelques minutes. On imagine la force spirituelle d’une telle expérience pour celui qui rappelle que The Madcap Laughs de Barrett fut l’un de ses premiers disques de chevet…

Moins évident car plus riche que ses prédécesseurs, Blitz est une vraie caverne d’Ali Baba pop et rock. On est ici à des années-lumière de l’hédonisme de ses Pop Satori (1986) et autres Eden (1996) mais plutôt dans le cerveau-labyrinthe d’un artiste qui déstabilise les codes comme un David Lynch psyché. Avec sa pochette signé Pari Dukovic très Warhol/Fassbinder/Genet et ses guitares nerveuses, Blitz est un tour de force comme Daho n’en avait pas orchestré depuis des années. Impressionnant.





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