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Ahmad le Marseillais

Par Max Dembo |

Le grand pianiste de jazz Ahmad Jamal dédie son nouvel album à la cité phocéenne...

Ses albums Blue Moon et Saturday Morning avaient non seulement rappelé qu’Ahmad Jamal était un immense pianiste (qui en doutait ?) mais surtout qu’à 85 ans passés son inspiration était loin d’être au point mort. Avec son indéboulonnable rythmique toujours aussi magnétique (le batteur Herlin Riley, le bassiste James Cammack et le percussionniste Manolo Badrena), le pianiste de Pittsburgh rend cette fois hommage à Marseille avec le bien nommé Marseille qui parait chez Jazz Village. Mer multicolore et port tourné vers l'Afrique, tous les symboles d’ouverture sont là pour nourrir son jazz. Ville vivante pour musique vivante, la Cité phocéenne est ici célébrée comme dans une déclaration n’esquivant aucun recoin de la relation amoureuse. Groove percussif puis gospel habité, ballade nonchalante, thème sinueux, Ahmad Jamal semble arpenter des ruelles aux contours divers, aux teintes variées et aux odeurs plurielles… Dans cet esprit kaléidoscopique, le thème qui donne son titre au disque est décliné trois fois : en version instrumentale puis dans un slam/rap (en français) balancé par Abd Al Malik et enfin dans une version de velours (in English) portée par la voix suave de Mina Agossi. Encore plus renversante, la relecture des Feuilles mortes de Joseph Kosma (Autumn Leaves), un thème qu’il a enregistré plusieurs fois par le passé (notamment avec Ray Crawford et Israel Crosby au début des années 50 sur son album The Ahmad Jamal Trio chez Epic). Jamal et ses gardes du corps réussissent ici à vivifier ce standard enregistré des milliers de fois, jouant comme personne sur l’espace et la dynamique. Un nouveau tour de magie à mettre au crédit de ce musicien de génie.



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