Les albums

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Alternatif et Indé - Paru le 5 avril 2019 | Sub Pop Records

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Posséder une voix fusionnant celles de Karen Carpenter, Rufus Wainwright et Julia Holter vous installe sur un solide piédestal. Mais Natalie Mering alias Weyes Blood n’abuse pas de ce superpouvoir. Avec de telles références, la Californienne trentenaire louvoie évidemment dans une pop grand format baignant dans la mélancolie. Une BO intemporelle comme les 70's en raffolait et orchestrée avec Jonathan Rado du groupe Foxygen. Mais derrière la sophistication de ce quatrième album qui évite les boursouflures, le propos de Mering est sérieux. Car en plus d’être la star de la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic de son ambitieux Titanic Rising est aussi le monde, la planète, dont elle chante la fin proche… Une thématique récurrente dans les albums de 2019 mais qu’elle aborde avec grâce, sérénité et un brin d’espoir. La terre est foutue, Trump s’accroche au 1600 Pennsylvania Avenue à Washington et on va tous mourir, mais la symphonie de Weyes Blood est là pour que le mauvais moment à passer reste agréable. Et même qu’une issue soit possible ! D’autres auraient déballé des textes cyniques, caustiques voire décalés ; Weyes Blood préfère l’élégance de la nostalgie (Movies), de la poésie (Something to Believe) ou de la bienveillance (A Lot's Gonna Change). Majestueux. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 22 mars 2019 | ATO Records

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music - Qobuzissime
Grosse claque ! Une toute jeune Londonienne qui dit avoir appris à gratouiller en rejouant les plans des Libertines. A la maison résonnaient le folklore turc qu’écoutait papa et la musique classique, Simon & Garfunkel et Cat Stevens que passait maman. On murmure enfin que sa sainte trinité personnelle réunirait Nina Simone, Amy Winehouse et les Pixies. Décor planté ! Seule certitude, le rock, la soul et l’énergie, pour ne pas dire la gouaille, la musique de Nilüfer Yanya les magnifie tous ! Miss Universe, son premier album, est surtout l’impeccable digestion de ces références, ces disques et ces époques. Sa construction est même parfaite avec tubes nerveux aux refrains imparables (In Your Head), ballades sensibles mais pas mièvres (Monsters Under the Bed), pop décalée (Paradise), R&B minimaliste (Safety Net) et mille autres délices. Il y a surtout chez Nilüfer Yanya une fraîcheur qui ne court pas les rues de la pop et du rock actuels. Autant de charisme musical, de couleurs vocales et de maturité de plume à seulement 23 ans valaient bien un Qobuzissime ! © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 15 mars 2019 | Heavenly Recordings

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Alternatif et Indé - Paru le 8 mars 2019 | RVNG Intl.

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Alternatif et Indé - Paru le 8 février 2019 | City Slang

Distinctions Pitchfork: Best New Music
À l'issue d'une répétition, une comédienne de théâtre assiste à la mort d'une fan hystérique, renversée par une voiture alors qu'elle regardait son idole s'en aller. Elle est bouleversée par cet incident qui la plonge dans un terrible désarroi. Cette scène interprétée par Gena Rowlands ouvre Opening Night de John Cassavetes. Un film de 1977 qui a lui aussi bouleversé Jessica Pratt au point de l’influencer sur Quiet Signs, dont le premier morceau s’intitule justement Opening Night… Ce troisième album de la chanteuse américaine aurait pu paraître en 1977, d’ailleurs. En 1968 ou 1973 aussi. Finalement, ce sera 2019. Être intemporelle n’étant pas à la portée de tous, Pratt profite de n’appartenir à aucun espace-temps pour mieux brouiller les pistes. Même sa voix, l’une des plus bouleversantes et étranges du moment, est un électron libre. Celle d’une fillette se confessant au père Noël ? D’une fée irréelle ? D’une vieille femme errant dans une ville fantôme ? Les trois à la fois sans doute… Tout autour, la Californienne trentenaire tire des tentures de folk chambriste et dépouillé, qu’une simple flûte, une guitare acoustique, un orgue vintage, quelques cordes ou un piano viennent colorer. On pense à l'oubliée Linda Perhacs, à Vashti Bunyan, Sibylle Baier et Karen Dalton aussi. Beaucoup plus près de nous à Joanna Newsom. Bref, à toutes ces folkeuses, de la fin des 60's et du début des 70's pour la plupart, dotées d’organes irréels. La magie de Quiet Signs, quant à elle, est bien réelle. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 18 janvier 2019 | Jagjaguwar

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music
Sharon Van Etten aura attendu cinq ans avant de donner une suite à Are We There, son album de 2014 sur lequel elle jonglait brillamment avec l’héritage de Cat Power, Nick Cave, John Cale, Joan As Police Woman, St. Vincent, Feist et Fiona Apple. Un disque où l’Américaine était surtout elle-même. Ce qu’elle confirme avec Remind Me Tomorrow conçu alors que son emploi du temps débordait de partout entre un rôle dans la série The OA, l’écriture de la BO du film Strange Weather de Katherine Dieckmann, la musique du show de la comédienne Tig Notaro, la préparation d’un diplôme de psycho, une apparition dans la série Twin Peaks et la naissance de son premier enfant ! L’énergie est justement au cœur de cette cuvée 2019 dont les arrangements sont signés John Congleton. Le producteur est sans doute à l’origine de séquences bien plus rythmées qu’à l’accoutumée, à l’image du single Comeback Kid. Moins de méditations minimalistes et plus d’affirmations revendiquées, Sharon Van Etten n’a pas perdu pour autant sa singularité en chemin. Et ce qu’elle injecte ici dans son vin n’a jamais le goût d’eau. Congleton a su trouver la texture sonore parfaite pour rendre l’univers folk gothique de la chanteuse encore plus puissant et charmeur. De quoi faire grandir davantage une des artistes les plus douées de sa génération. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 30 novembre 2018 | Polydor Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Pour leur troisième album, les Mancuniens de The 1975 n’auraient-ils pas accouché d’une certaine perfection pop et rock contemporaine ? Avec A Brief Inquiry Into Online Relationships, Matty Healy, George Daniel, Adam Hann et Ross MacDonald réussissent à convaincre qu’ils sont tout sauf un boys band étiqueté « rock ». Leurs fans le savaient déjà. Les autres un peu moins… Et même si l’éclectisme qu’ils proposent ici peut faire peur, il est surtout le reflet de l’époque. Car lorsque le charismatique Healy ne fait pas la une des tabloïds britanniques pour son addiction à l’héroïne et ses cures de désintox’, il réussit à concocter de tubesques hymnes qui encapsulent l’ère du temps. De l’électro pop avec Autotune, du rock de stade à guitares, de la synth pop 80’s façon Thompson Twins/China Crisis, des mélodies attachantes comme chez Phoenix, des sonorités dubstep et des ballades folk futuristes façon Bon Iver, The 1975 picore à tout-va, digère en moins de deux et accouche dans la foulée d’une B.O. efficace qui ressemble à une belle tranche de vie, avec ses hauts et ses bas. Comme le polaroid de quatre musiciens fraîchement trentenaire, entrant corps et âmes dans une certaine maturité artistique. © Max Dembo/Qobuz

Alternatif et Indé - Paru le 26 octobre 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Alternatif et Indé - Paru le 19 septembre 2018 | Sub Pop Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Délicieusement mélancolique, le trio de dépressifs heureux qu’est Low fête ses 25 ans de thérapie musicale avec Double Negative qui paraît chez Sub Pop. A 1,000 % dans le slowcore, c’est une aspiration lente et délicate vers un fond abyssal. Avec BJ Burton, le producteur de Bon Iver, Low dévoile une œuvre totalement mystérieuse, de la teneur d’une bande originale lynchienne. Son premier titre, Quorum, donne le ton sur un grésillement d’ondes pesant. Double Negative est sombre mais cherche avant tout à engendrer une expérience sensorielle unique. Entre tambours qui inquiètent et chants atmosphériques, Low emprisonne ses proies dans une hypnose sublime. Une fois l’état atteint, le charme de Double Negative peut enfin opérer. Les envolées lyriques d’Alan Sparhawk prennent enfin forme sur Fly. Cinq minutes accordées au chanteur afin de stabiliser l’état de son public. Sur cette même lancée, Low peut enfin manipuler son public dans tous les sens. Le chant robotique de Tempest et les harmonies vocales d’Always Up provoquent une sensation d’apesanteur qui laisse imaginer des paysages cosmiques. Quand il ne s’agit pas de synthé, de vocodeur, de la basse de Garrington et de la batterie de Parker, le groupe joue sur des beats telluriques presque annonciateurs de l’Apocalypse comme le fait ressentir The Son, the Sun. Terriblement renversant, Double Negative va de métamorphose en métamorphose, sans jamais savoir si la fin sera tragique ou prospère. © Anna Coluthe/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 17 août 2018 | Dead Oceans

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Mitski Miyawaki nage depuis quatre albums dans les nappes d’un rock indé américain réceptif aux influences pop-électro. Le cinquième, Be the Cowboy, est une réunion subtile de 14 compositions originales, excédant rarement les deux minutes trente, mais suffisamment longues pour traduire la vision des amours multiples de Mitski. Evoquant les rencontres, débordant sur des images philosophiques, il y a une dimension presque cinématographique sur cet album. Principalement douée pour ses compositions au piano, elle dessine ici plusieurs histoires élégantes, s’amuse des variations de synthés, mélange le grand et le petit, les chagrins et les joies… Bref, Mitski est une modeleuse de l’humeur et des sensations. Des contrastes réguliers entre pop-rock terreux (Washing Machine Heart) et ballades au piano un brin mélancoliques et dépressives (A Horse Named Cold Air), la Nippo-Américaine parvient toujours à des refrains catchy et plaisants (Nobody). Surprenante et novatrice. © Anna Coluthe/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 8 juin 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Les années 90 ont enfanté une belle armée de « filles pas contentes ». De Liz Phair à Fiona Apple, en passant par Courtney Love, Shirley Manson, Aimee Mann, PJ Harvey, Ani DiFranco ou Kristin Hersh, elles ont conjugué, chacune à leur manière, le syndrome de la postado révoltée, seule dans sa chambre, une guitare électrique en guise de doudou, et fait exploser au passage tous les clichés liés à ce type de profil. Ces années 90, Lindsey Jordan n’a pas vraiment connu… Celle qui avance masquée sous ce nom de Snail Mail a vu le jour en 1999 à Ellicott City, dans la banlieue ouest de Baltimore. Pourtant, l’ADN de sa musique est essentiellement composé de ce rock indé typiquement 90's. Lush sonne pourtant bien comme un disque de 2018, non comme une archive exhumée, de vingt ans d’âge. La voix n’est pas d’une grande originalité. Les riffs non plus. Mais dès la première écoute, impossible de ne pas être hypnotisé par la franchise de son ton, la sincérité de son propos et l’efficacité de ses mélodies. D’une certaine manière, Jordan vient rejoindre les Courtney Barnett, Angel Olsen et consorts qui ne se servent d’aucun artifice mais seulement de leur plume pour faire du bon rock’n’roll de facture classique. Une vraie révélation. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 1 juin 2018 | Bella Union

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Un an à peine après Pure Comedy (2017), Josh Tillman, alias Father John Misty, revient déjà. S'il prend les rênes de la production, l'ancien batteur des Fleet Foxes retrouve en studio son acolyte fétiche : Jonathan Wilson, griot de Laurel Canyon qui s'évertue à redéployer la beauté du classic rock des seventies. Mais aussi Jonathan Rado de Foxygen. Avec God’s Favorite Customer, Papa John, fils d'évangélistes rigoristes, lâche treize scénettes folk-rock qui s'enchaînent plus ou moins avec évidence. Slalomant entre une flopée de ballades au piano (The Palace, The Songwriter) et quelques fulgurances rock décomplexées aux orchestrations fines (Just Dumb Enough To Try), le songwriter continue dans la lignée de ces précédents opus. Sentimentaliste mais plus grave. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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7

Alternatif et Indé - Paru le 11 mai 2018 | Bella Union

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Dream pop et shoegaze light, l’univers de Beach House a beau être toujours très codifié, difficile de se lasser de la voix de Victoria Legrand et des mélodies concoctées par Alex Scally. Surtout que le tandem ne lève guère le pied niveau publications. Après deux albums en moins d’un an (Depression Cherry et Thank Your Lucky Stars en 2015) suivis d’une compilation de jolis fonds de tiroir qui laissait éventuellement entrevoir un dépôt de bilan (B-Sides and Rarities en 2017), Beach House montre ici que l’inspiration est loin d’être en berne. Sans chahuter les valeurs du groupe, 7 s’applique à les magnifier. A prouver qu’on peut ad vitam aeternam écrire la même chanson et susciter la même émotion. Une sensation assez flagrante sur un titre comme Dive où la magie Beach House fonctionne une fois de plus. © Max Dembo/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 4 mai 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Alternatif et Indé - Paru le 30 mars 2018 | Sacred Bones Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Mélodies nues pour paroles cabossées, Freedom succède à Love et Amen Dunes ne déroge pas à ses habitudes : tout se sublime par le dépouillement. Celui offert par son timbre granit habillant de mots abstraits – à écouter et lire – son folk sauvage. Sèche et psychédélique. Immédiate, cette beauté défaite naît de motifs répétés, tantôt sombres, tantôt dansants. De Miki Dora aux crescendos shootés en hommage au surfeur outlaw aux boucles infinies de Believe, Damon McMahon renverse, emporte par ses vagues épidermiques à la profondeur émotive. Deux ans auront été nécessaires pour composer Love. Trois pour Freedom. McMahon a enregistré aux Electric Lady Studios de New York, puis a filé au Sunset Sound de LA, en s'entourant de Steve Marion à la guitare (Delicate Steve, The Growlers), Parker Kindred (Jeff Buckley) à la batterie, Chris Coady (Beach House, The Antlers, Slowdive) à la production. Mais aussi du Romain Panoram dont il s'est amouraché à Londres. D'où cet arrière-plan électro passé au tamis. Entêtant. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 2 mars 2018 | Fat Possum

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Alternatif et Indé - Paru le 16 février 2018 | 4AD

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le fond ne rejoindra pas la forme. Mais l'enrobage n'a-t-il pas le meilleur moyen pour faire passer l'amertume ? C’est de cette recette qu'use Meghan Remy qui se cache derrière U.S. Girls, ce faux nom de girls band banal, vieux de dix ans et à la géométrie désormais variable. Violences conjugales sous fond de société patriarcale (Velvet 4 Sale) et déceptions politiques dans l’Amérique de Trump (M.A.H), autant de sujets actuels qui donnent à la pop énergétique et édulcorée de ce sixième album toute son épaisseur. Dans la lignée, parallèle plus que droite, du minimaliste Half Free, In A Unlimited Poem recourt à Cosmic Range, collectif jazz et funk de Toronto, tout en s'appuyant sur les fidèles Louis Perceval et Maximillian Turnball. Si le sillon pop oblique à tendance psychédélique dévie plus qu’il ne se creuse, c’est qu’en devenant quasiment un véritable groupe, U.S. Girls avale tour à tour funk (Time), R&B (Pearl Gates, Incidental Boogie), disco et glam façon Madonna, Blondie voire Chromatics (la reprise de Rage Of Plastics de Simone Schmidt, Rosebud) pour une secousse colorée et luxuriante. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 16 février 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Même si l’effet “Pavement avec la voix de Beck” est toujours de rigueur, Will Toledo alias Car Seat Headrest a sa propre personnalité. Et plutôt forte même… A 26 ans seulement, il enchaîne les enregistrements avec la rapidité d’un mangeur compulsif de pistaches. Vrai faux groupe né dans le cerveau en ébullition de ce natif de Virginie installé à Seattle, Car Seat Headrest ressuscite le rock indé américain des années 90. Les guitares titubent mais gardent la mélodie dans la ligne de mire, le chant vacille lui aussi en restant toujours juste et les paroles jonglent entre ennui quotidien, cynisme délicieux et humour décalé. Tout ça évoque Pavement et Beck donc, mais aussi Guided By Voices, les Silver Jews, Dinosaur Jr. ou bien encore Nirvana, bref un peu de tout ce que le rock’n’roll underground des années 90 compta de terroristes inspirés… Avec Twin Fantasy (Face to Face), onzième album studio de Car Seat Headrest, Toledo s’est amusé à réenregistrer un disque paru en 2011. Conscient du potentiel de ses chansons écrites alors qu’il n’avait que 19 ans, il les aborde ici plus “professionnellement”, offrant un écrin de rêve à sa plume introspective pleine d’intelligence et d’honnêteté. Les tracas des adolescents et des jeunes adultes ont toujours été le carburant efficace de grands disques. En voilà une preuve supplémentaire… © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 24 novembre 2017 | One Little Indian

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
Troublant corps à corps entre technologies de pointe et sensations organiques voire charnelles, Vulnicura ressuscitait la Björk d’Homogenic et de Vespertine. Une Björk qui s’était rarement mise autant à nu, sa rupture avec le vidéaste et plasticien Matthew Barney étant au cœur de cet album dense de 2015, tant dans ses paroles que dans les architectures musicales. Pour l’aider dans sa tâche, l’Islandaise s’était entourée de deux complices de la sphère électro : le Britannique Bobby Krlic alias The Haxan Cloa et surtout le jeune Vénézuélien Alejandro Ghersi alias Arca. Ce dernier est au cœur d’Utopia qui paraît à l’automne 2017. S’il avait rejoint Björk sur Vulnicura une fois les chansons écrites, il a cette fois travaillé avec elle dès la genèse du projet au point que Björk ne cesse de déclarer à longueur d’interviews que le disque a été entièrement conçu à deux. Comme avec les univers d’Actress ou de Oneohtrix Point Never, Arca a toujours su mêler les recoins les plus cérébraux de la musique électronique et les plus physiologiques. En somme, des arguments rêvés pour déambuler sur la planète Björk. Déambuler. C’est ainsi qu’on se laisse porter par Utopia. Pris par la main par la voix toujours aussi unique de la maîtresse de maison, on traverse ici des textures multiples, parfois épaisses et denses (Arisen My Senses) mais aussi aériennes comme jamais (Blissing Me, Utopia). C’est d’ailleurs dans ces compositions moins grandiloquentes que Björk convainc le plus. Mais Arca n’est pas le seul élément clef de ce dixième album studio. L’Islandaise a ressorti son arme de prédilection qui ne la quitte pas depuis l’âge de 5 ans : la flûte ! Elle est un fil conducteur d’une œuvre d’un onirisme fou mais qui ne s’apprivoise pas en une seule écoute. Björk Guðmundsdóttir n’est pas Taylor Alison Swift et Utopia se mérite ! © MD/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 17 novembre 2017 | Because Music

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music
Etre une artiste installée, casée, choyée voire sereine n’empêche pas certaines œuvres de surgir à des moments bien plus intenses que d’autres. En cela, Rest n’est pas un simple énième album pour Charlotte Gainsbourg. Rest pour le repos ; des morts et des vivants. Pour la sieste aussi. Et le reste également… Quatre ans après la mort de sa sœur Kate, elle abat sur la table, face à elle, de nombreuses cartes majeures de ses 46 années passées sur terre. Le poids d’un père lourdement charismatique (Lying With You) mais aussi le regard des autres (I’m A Lie) comme ce récent décès tragique (Kate) sont au cœur d’un disque d’une rare force émotionnelle. Evidemment, Charlotte Gainsbourg a la grande intelligence de manipuler toute cette nitroglycérine introspective avec soin. Et, à aucun moment, on est tenté d’appeler la police du pathos… Pour l’accompagner dans cette œuvre aux cambrures cathartiques, elle a convié Guy-Manuel de Homem-Christo des Daft Punk avec qui elle co-signé le single Rest mais surtout, pour tout le reste de ce cinquième album, Sébastien Akchoté alias SebastiAn, virtuose du clan électro Ed Banger, qui lui a taillé ici une parure instrumentale plus que parfaite. Un habit fait d’étoffes plus gainsbouriennes (le père) que jamais, qu’il recoud à sa façon, moderne mais pas trop… Un titre d’un certain Paul McCartney (Songbird In A Cage) et deux de Connan Mockasin (Dans vos airs et Les Crocodiles) viennent compléter une œuvre forte, protéiforme et très personnelle. La plus personnelle sans doute de son auteur. © MZ/Qobuz

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Alternatif et Indé dans le magazine