Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles - Olivier Schneebeli Marc-Antoine Charpentier : Vêpres pour Saint-Louis

Marc-Antoine Charpentier : Vêpres pour Saint-Louis

Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles - Olivier Schneebeli

Released on August 19, 2013 by Alpha

Main artist: Olivier Schneebeli

Genre: Classical > Sacred Vocal Music

Distinctions: 5 de Diapason (April 2004) - 4 étoiles du Monde de la Musique (April 2004) - Le Choix de France Musique (February 2004)

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Album : 1 disk - 17 tracks Total length : 01:11:30

  1. 1 Prélude du 1er ton

    Frederic Desenclos, Performer - Guillaume-Gabriel Nivers, Composer Copyright : 2003 Alpha

  2. 2 Vêpres pour Saint Louis: Deus in adjutorium

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  3. 3 Vêpres pour Saint Louis: Domine quinque talenta, H. 33

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  4. 4 Vêpres pour Saint Louis: Dixit Dominus, H. 197

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  5. 5 Vêpres pour Saint Louis: Euge serve bone, H. 375

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  6. 6 Vêpres pour Saint Louis: Confitebor tibi Domine, H. 220

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  7. 7 Vêpres pour Saint Louis: Fidelis servus, H. 34

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  8. 8 Vêpres pour Saint Louis: Beatus vir, H. 221

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  9. 9 Fugue grave

    Frederic Desenclos, Performer - Guillaume-Gabriel Nivers, Composer Copyright : 2003 Alpha

  10. 10 Vêpres pour Saint Louis: Beatus vir qui inventus est, H.376

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  11. 11 Vêpres pour Saint Louis: Laudate pueri Dominum, H. 203

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  12. 12 Vêpres pour Saint Louis: Serve bone, H. 35

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  13. 13 Vêpres pour Saint Louis: Laudate Dominum, H. 214

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  14. 14 Vêpres pour Saint Louis: In honorem sancti (Motet pour Saint Louis), H. 323

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  15. 15 Vêpres pour Saint Louis: Magnificat, H. 76

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

  16. 16 Prélude du 2e ton

    Frederic Desenclos, Performer - Guillaume-Gabriel Nivers, Composer Copyright : 2003 Alpha

  17. 17 Vêpres pour Saint Louis: Domine Salvum, H. 292

    Les Pages & Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles, Performer - Olivier Schneebeli, Performer - Robert Getchell, Performer - Hervé Lamy, Performer - Alain Buet, Performer - Marc-Antoine Charpentier, Composer Copyright : 2003 Alpha

About

Even in a field crowded with first-rate composers, Marc-Antoine Charpentier held his own in eliciting the royal favor of Louis XIV. After listening to this superlative disc collecting Charpentier's works dedicated to St. Louis, one understands why. As performed in the chapel of Versailles by Olivier Schneebeli leading Les Pagies and Les Chantes in compelling performances, this disc demonstrates Charpentier's greatest strengths as a composer, the combination of might and majesty with just a touch of sentimentality that appealed to the sovereign's elevated emotions. The boys of Les Pagies are sprightly and delightful. The men of Les Chantes are robust and wonderful. The three soloists are superb and soulful. The musicians of Les Symphonists are strong and sensitive. But best of all is Frederic Desenclos' performing on the organ of the Versailles' chapel. Desenclos is a staggering virtuoso and he wrenches stunning sonorities out of the restored royal instrument. Alpha's sound is vivid and immediate and the packaging is rich and luxurious.

Details of original recording:

71:40 - DDD - Enregistré en la Chapelle Royale du château de Versailles en juillet 2003 - Notes en français et anglais. Avec un commentaire de Denis Grenier sur le tableau en couverture des albums de la collection "Ut pictura musica" (La musique est peinture, la peinture est musique)
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)

Vêpres pour Saint-Louis
Prélude du premier ton (Guillaume Gabriel Nivers, 1632-1741)
Deus in adjutorium (faux-bourdon)
Domine quinque talenta, H.33
Dixit Dominus, H.197
Euge serve bone, H.375
Confitebor tibi Domine, H.220
Fidelis servus, H.34
Beatus vir, H.221
Fugue grave (Guillaume Gabriel Nivers)
Beatus vir qui inventus est, H.376
Laudate pueri Dominum, H.203
Serve bone, H.35
Laudate Dominum, H.214
In honorem sancti (Motet pour Saint-Louis), H.323
Magnificat, H.76
Prélude du deuxième ton (Guillaume Gabriel Nivers)
Domine salvum, H.292

Les Pages & Les Chantres
(Centre de Musique Baroque de Versailles)
Direction Olivier Schneebeli
Robert Getchell, haute-contre
Hervé Lamy, taille
Alain Buet, basse
Frédéric Desenclos, grand orgue
Matthieu Lusson & Yuka Saïto, violes de gambe
Benjamin Perrot, théorbe
Alexandre Salles, basson

Charpentier fut le compositeur le plus prolifique et imaginatif de son époque. Là où le génie d’un Lully se manifeste surtout dans la musique de théâtre, Charpentier (qui n’eut que peu de succès dans le domaine dramatique) est au contraire le maître incontesté de la musique religieuse de son temps : des ouvrages d’une immense profondeur et extraordinairement variés, cultivés, inspirés et raffinés.
    Le présent CD nous propose donc un florilège de son œuvre sacrée, dont une bonne partie d’ouvrages inédits. Les chanteurs de la Chapelle Royale de Versailles nous offre une autre conception de l’art choral, une sonorité fort différente de ce à quoi nous ont habitués, par exemple, les nombreux enregistrements récents des chœurs britanniques. Par ailleurs, la prononciation du latin est souvent “à la française”, une singularité tout à fait intéressante. Dominus n’est pas “Dominousse” mais “Dominusse”, Anonciavit devient “Anon-siavit” et plus “Anonne-siavit”etc., ce qui confère une autre couleur à de nombreux vocables.
    Signalons la présence de l’excellent ténor André Lamy qui se fait bien trop rare sur la scène.
Marc-Antoine Charpentier
(1643-1704)
Vêpres pour Saint Louis
Catherine Cessac

    L’œuvre religieuse de Marc-Antoine Charpentier est sans nul doute la plus considérable en nombre, et la plus profonde sur le plan spirituel de l’Ancien Régime. Elle présente également une variété extraordinaire, de par les effectifs, les formes liturgiques (à voix seule, à deux ou trois voix et instruments solistes, avec chœur et basse continue, double chœur et orchestre...), les formes liturgiques (messes, psaumes, antiennes, leçons de ténèbres, hymnes...) et para-liturgiques (élévations, motets pour le saint sacrement ou pour les saints...), sans compter les histoires sacrées dont Charpentier est l’unique représentant en France à son époque. Les raisons d’une telle multiplicité proviennent en grande partie d’une carrière en dehors de Versailles, contrairement à la plupart des grands compositeurs de musique sacrée tels que Du Mont, Lalande ou Campra. Celle de Charpentier s’est déroulée dans diverses institutions parisiennes, néanmoins prestigieuses, parmi lesquelles les trois maisons jésuites : l’église de la maison professe de la rue Saint-Antoine, le collège de la rue Saint-Jacques et le noviciat, ou la Sainte-Chapelle, mais aussi dans d’autres lieux comme l’hôtel de Guise, l’église de la Mercy, les couvents de Montmartre, de l’Abbaye-aux-Bois et de Port-Royal…

    Avec la messe, l’office des vêpres occupe une place essentielle dans le culte catholique et constitue l’avant-dernier office liturgique de la journée, juste avant complies. À l’exception des Vêpres à deux chœurs avec symphonies du maître de chapelle de Dijon, Pierre Menault, publiées par Ballard en 1694, aucun office de vêpres en musique – de cette époque et en France – ne nous est parvenu. Pourtant, nous savons que des compositeurs comme François Couperin et Nicolas Lebègue en ont écrit ; ces ouvrages sont malheureusement perdus.

    Rappelons brièvement la composition de l’office des vêpres, célébré l’après-midi du samedi et du dimanche, ainsi que lors des grandes fêtes de l’année. Il commence par le verset « Deus in adjutorium » suivie de la doxologie « Gloria patri… Amen ». Viennent ensuite les cinq psaumes propres à la fête du jour précédés chacun de leur antienne. Chaque psaume se termine lui aussi par la doxologie « Gloria patri » et l’antienne qui l’a introduit est reprise. L’office se poursuit par une hymne et le cantique de la Vierge Magnificat.
    Que l’office des vêpres ait constitué l’un des temps forts de la liturgie, c’est ce que révèle le nombre considérable de pièces à cet usage (psaumes, antiennes, hymnes, cantiques de la Vierge) laissées par Charpentier. Ces œuvres, toutes en manuscrit, ont été copiées par le compositeur dans de grands cahiers connus aujourd’hui sous le nom de Mélanges. On n’y trouve pas à proprement parler d’office pour les vêpres, organisé, mais une sorte de réserve où Charpentier pouvait puiser, selon les besoins, les chants qui convenaient. Si le Magnificat est immuable dans les vêpres, les autres pièces changent en effet selon le jour et le saint. Le programme de cet enregistrement a été conçu pour célébrer la fête de Saint-Louis, à la fois celle du Saint Roi et celle du Roi-Soleil.

    À partir du XVIIe siècle, on honore tout particulièrement Saint Louis en tant que protecteur de la monarchie. Le nom devient héréditaire dans la famille royale et en 1693, Louis XIV institue l’ordre militaire de Saint-Louis afin de récompenser les services de ses lieutenants. Une fête annuelle est solennisée le 25 août, à laquelle participent toutes les églises du royaume. Les Jésuites choisissent également Saint Louis comme protecteur en baptisant, à sa création en 1627, l’église de leur maison professe à Paris de ce vocable. En revanche, ce n’est qu’à partir de 1683 que le collège de Clermont, école la plus importante de la capitale par la qualité de ses professeurs et le nombre de ses élèves, est déclaré fondation royale par Louis XIV et prend le nom de Collegium Ludovici magni, collège Louis-le-Grand.
    La plupart des œuvres de Charpentier sélectionnées ici correspondent précisément à la période où le compositeur occupait, entre 1688 et 1698, les fonctions de maître de musique du collège et de l’église de la puissante compagnie.
    Les offices célébrés dans l’église des Jésuites étaient surtout réputés pour la qualité de leur prédication (en particulier celle de Bourdaloue que Mme de Sévigné appréciait tant et ne manquait sous aucun prétexte), mais aussi pour leur magnificence atteignant parfois l’exubérance, ainsi qu’ en témoigne l’émerveillement de ces visiteurs :

“ L’après-dînée, nous fûmes à l’église des Jésuites de la rue Saint-Antoine pour entendre le sermon de l’évêque de Valence. Le Roi, la Reine, M. le cardinal et la plupart des grands de la cour y assistèrent. Tout autour de l’église, on voyait plus de quatre mille cierges allumés, outre les chandelles dont l’autel, fait en forme de ciel et rempli de figures d’anges, était éclairé. Les armes du Roi et de la Reine y étaient représentées, soutenues de ces petits corps ailés ; et par des machines et des ressorts, on faisait descendre l’hostie jusque dans les mains de l’évêque. Il y eut aussi une magnifique musique, composée des meilleures voix de celle du Roi et aidée de celle de l’église même qui est très excellente ”.

    Quelques années plus tard, en 1676, les Nouvelles ecclésiastiques, d’obédience janséniste, se font les témoins à la fois amusés et scandalisés de ces cérémonies :

“ Les Jésuites enseignent le plain-chant en leur noviciat. Ils disent la grand-messe et les vêpres publiques en plus de lieux qu’ils ne faisaient. Leurs prédicateurs prennent en prêchant leurs surplis à longues manches ou le clergé le porte. Tout cela est très louable ; à leur naissance, ils ont voulu paraître religieux mendiants, et maintenant, ils affectent fort d’être ecclésiastiques et même séculiers polis, sachant le grand monde, les délicatesses de la langue et de l’esprit, et cela en est de trop ”.
    Cette relation est suivie d’une autre de 1689, encore plus venimeuse :
“ On assure que ces jours-ci, un étranger étant allé aux vêpres aux Jésuites de Saint-Louis à Paris, et n’y voyant aucun de ces Révérends Pères y assister, mais une troupe de musiciens habillés presqu’en comédiens avec un prêtre non Jésuite les célébrer, demanda sérieusement si les Jésuites étaient interdits, ne les voyant point faire l’office. Il aurait apparemment demandé s’ils étaient excommuniés, s’ils n’avaient pas vu leurs révérences en foule au sermon, mais pas un d’eux à vêpres ”.

    Les psaumes de David ne servaient pas seulement pour les vêpres. En France sous l’Ancien Régime, ce sont les textes les plus sollicités dans la liturgie et les plus fréquemment mis en musique sous la forme de grands et de petits motets, donnés en particulier pendant la messe du roi à Versailles. En effet, la figure de David, le Roi des Rois, fut, dès les douloureux événements de la Fronde, présentée comme modèle à Louis XIV ; elle le restera dans les moments de gloire. Rappelons aussi que David fut le sujet privilégié des tragédies représentées au Collège Louis-le-Grand et qu’y fut représenté en 1688 le David et Jonathas de Charpentier.
    Les cinq psaumes (Dixit Dominus, Confitebor tibi Domine, Beatus vir, Laudate pueri Dominum, Laudate Dominum) sont pour solistes, chœur et basse continue, tout comme le Magnificat et le Domine salvum. Ce texte, extrait du psaume 19 Exaudiat, servait depuis le règne de Louis XIII à conclure les offices. Les paroles « Surtout, Seigneur, conservez-nous le Roy ; et lorsque vous nous verrez prosternés devant vous, vous solliciter en sa faveur, ne rejetez pas de si justes vœux » étaient tout autant une adresse à Dieu qu’une louange du roi de France.
    Dans ses psaumes, Charpentier recourt à différentes manières : écriture responsoriale entre le ou les soliste(s) et le chœur (Dixit Dominus, première partie du Confitebor tibi Domine) ou caractérisation des versets par des effectifs différents. Par ailleurs, il n’hésite pas à s’emparer de tout élément propre à créer des effets dramatiques en soulignant les contrastes offerts parle texte (« Sanctum et terribile nomen ejus », Confitebor tibi Domine ; « Exortum est in tenebris lumen rectis », Beatus vir), en chargeant les sentiments, ou les passions, si l’on reprend un terme plus propre à cette époque, de touches expressives ; ainsi, la détermination (« non commovebitur » avec la résolution sur la tierce aux voix supérieures), la colère («irascetur») et ses effets physiques – « dentibus suis fremet », notes répétées et martelées « par écho », c’est-à-dire piano –, suivie du retour au calme (« et tabescet » par l’aigu de l’effectif vocal restant en suspens) dans le Beatus vir. Le Laudate Dominum n’est formé que de deux versets confiés à un trio de voix d’hommes. Pour compenser cette concision, Charpentier donne une ampleur particulière à la doxologie et la farcit en outre du premier verset repris par les solistes.
    Les antiennes sont de courtes pièces qui précèdent les psaumes. Musicalement, elles usent également d’effectifs plus légers, généralement composés de solistes. À sa création, au début des années 1690, l’antienne Domine quinque talenta fut chantée par un sopraniste français (Bluquet) et deux castrats italiens (Antonio Favalli et Tomaso Carli). Les Français admettaient en effet ces voix “ contre nature ”, mais à condition qu’elles viennent de l’étranger. Favalli et Carli s’adaptèrent si bien à la France qu’ils se firent naturaliser en 1720. Dans les psaumes, Charpentier indique les noms de Jean Dun et Charles Hardouin, basses qui tenaient les premiers rôles à l’Académie royale de musique. La présence de ces chanteurs inspira ces réflexions acerbes de Le Cerf de La Viéville, dans la lignée des textes cités plus haut :

« En une église où l’on entend autant de beaux sermons qu’en lieu de France, on n’entend jamais vêpres qu’une partie n’en soit chantée par l’opéra. Le jubé est paré de l’opéra en habit de ville qui exécute et qui représente un ou deux psaumes, comme pour s’essayer, pour se disposer aux personnages que ces messieurs joueront une heure après. Et cette église est si bien l’église de l’opéra, que ceux qui ne vont point à l’un s’en consolent en allant à vêpres en l’autre où ils le retrouvent à meilleur marché, et qu’un acteur nouvellement reçu, ne se croirait même qu’à demi en possession de son rang et de son emploi, si on ne l’avait installé et fait chanter là ».
    Si le mode d’interprétation des vêpres est mis en cause par Le Cerf de La Viéville, il ne peut en revanche y avoir aucun doute sur la profonde spiritualité des pièces provenant de la plume de Charpentier.

    Dans le motet dédié à Saint Louis, In honorem Sancti Ludovici Regis Galliæ Canticum tribus vocibus cum simphonia (H.323), c’est un roi triomphant qui est célébré par une écriture en fanfare (notes répétées ou en arpèges, sur des pédales à la basse). Même si l’évocation des croisades et de leur précieux butin (les clous de la croix) est bien là, ce sont des « Ludovicus triumphet, Ludovicus regnet, Ludovicus vivat » sans fin qui concluent le motet et qui semblent bien être destinées à un autre roi, Sa Majesté Louis.

Catherine Cessac
Centre de Musique Baroque de Versailles
© ALPHA 2003 – Reproduction interdite

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