Catégories :
Panier 0

Votre panier est vide

Bertrand Burgalat écoute...

Mes favoris

Cet élément a bien été <span>ajouté / retiré</span> de vos favoris.

Playlist : Bertrand Burgalat écoute...

Par Qobuz France

  • 20 pistes - 01h27m

Musique illimitée

Écoutez cette playlist en haute-qualité dès maintenant dans nos applications

Démarrer ma période d'essai et lancer l'écoute de cette playlist

Profitez de cette playlist sur les apps Qobuz grâce à votre abonnement

Souscrire

Profitez de cette playlist sur les apps Qobuz grâce à votre abonnement

Bertrand Burgalat nous présente sa sélection de morceaux, à l'occasion de la parution de son album "Les choses qu'on ne peut dire à personne" en mai 2017 : du classique, du jazz, du rock, et la scène française qui ose. 1- Ce morceau est une splendeur. C’est une musique qui va droit au coeur, d’une grande limpidité. C’est aussi un chef d'oeuvre d’orchestr...

Voir plus

Bertrand Burgalat écoute...

launch qobuz app J'ai déjà téléchargé Qobuz pour Mac OS Ouvrir

download qobuz app Je n'ai pas encore téléchargé Qobuz pour Mac OS Télécharger l'app

Copier le lien pour partager la page

Vous êtes actuellement en train d’écouter des extraits.

Écoutez plus de 70 millions de titres avec votre abonnement illimité.

Écoutez cette playlist et plus de 70 millions de titres avec votre abonnement illimité.

0€ puis 19.99€ / mois

#
Titre Artiste Album Durée
1
Lux aeterna
Emile Naoumoff BOULANGER, Lili and Nadia: In Memoriam Lili Boulanger 00:02:06

Olivier Charlier, Artist, MainArtist - Nadia Boulanger, Composer - Francis Pierre, Artist - Isabelle Sabrie, Artist - Raphelle Semezis, Artist

(C) 1993 Marco-Polo (P) 1993 Marco-Polo

2
Messiaen: Le banquet céleste
Olivier Latry Messiaen: Organ Works 00:07:03

Olivier Messiaen, Composer - David Murray, Producer, Executive Producer - Sid McLauchlan, Producer, Executive Producer, Recording Producer - Olivier Latry, Organ, MainArtist, AssociatedPerformer - Andrew Wedman, Balance Engineer, Recording Engineer, StudioPersonnel - Mark Buecker, Editor

℗ 2002 Deutsche Grammophon GmbH, Berlin

3
Should I? (Live At The Spotlite Club, Washington, D.C./1958)
Ahmad Jamal Ahmad's Blues 00:03:40

ARTHUR FREED, Author - NACIO HERB BROWN, Composer - Ahmad Jamal Trio, MainArtist - Dave Usher, Producer

℗ 1958 Verve Label Group, a Division of UMG Recordings, Inc.

4
Polk Salad Annie (Elvis Live version)
Elvis Presley The Essential Elvis Presley 3.0 00:04:47

James White And The Blacks, Composer - James White And The Blacks, Lyricist - James White And The Blacks, Arranger - Elvis Presley, Performer - Felton Jarvis, Producer - Al Pachucki, Engineer

(P) Originally Recorded 1970. All Rights Reserved by BMG Music

5
Love Lock (LP Version)
Flora Purim Carry On 00:03:32

Greg Phillinganes, Synthesiser - Shelia E., Musicians - Reggie Lucas, Writer - Leon "Ndugu" Chancler, Drums - Jerry Hey, Trumpet - Byron Miller, Bass - Ricky Lawson, Drums, Musicians - Joe Farrell, Soprano Saxophone - Airto Moreira, Tambourine - Bobby Lyle, Synthesiser - Ronnie Foster, Musicians - LARRY WILLIAMS, Flute, Piccolo, Alto Saxophone - MICHAEL SEMBELLO, Guitar - George Duke, Piano - Flora Purim, Vocals, MainArtist - HUGO FATTORUSO, Keyboards, Synthesiser - Al Jarreau, Vocals - Peter Chaikin, Engineer - Laudir De Oliveira, Musicians - Lynn Davis, Background Vocals - Josie James, Background Vocals - James Mtume, Writer - Keith Jones, Bass - Raul De Souza, Trombone - David Amaro, Electric Guitar - David Myles, Electric Guitar - Fred Fleck, Drums - Gary Buho Gazaay, Flugelhorn - Mike Azevedo, Musicians - George Duke for George Duke Enterprises, Producer - William Frank Reichenbach Jr., Trombone

© 1979 Warner Records Inc. ℗ 1979 Warner Records Inc.

6
Before The Hurricane
Martin Newell The Greatest Living Englishman 00:03:03

Martin Newell, MainArtist

(C) 1993 Cherry Red Records (P) 1993 Cherry Red Records

7
3 Motets pour 12 voix mixtes et orgue: No. 1
Thierry Escaich The Ultimate Organ Collection 00:05:27

Ensemble Soli-Tutti, Orchestra, Performer - Thierry Escaich, Composer, Performer, Soloist

2015 Calliope 2015 Calliope Records

8
Cœur mécanique
Fred Pallem Le retour ! 00:06:27

Fred Pallem, Performer - le Sacre du Tympan, Performer - André Popp, Composer

2005 Fred Pallem 2005 Train Fantôme

9
Déclaration d'amour à un vampire (Au théâtre de la reine blanche)
Jann Halexander Public je vous aime (2003-2009) 00:04:09

Jann Halexander, Composer, Performer - Aurélien Merle, Writer

Lalouline Lalouline

10
Retromania
Grangousier Dragons & ventoline 00:01:53

Grangousier, Performer - Fred Guy, Composer, Writer

Grangousier Grangousier

11
La folie passagère
Emilie Marsh La rime orpheline 00:05:02
12
La route de la trace (Pieuvre Remix)
Chassol Ultrascores II 00:02:44

Chassol, Performer - Christophe Chassol, Composer

2016 Tricatel 2016 Tricatel

13
Comité rouge
La Féline Triomphe 00:04:45

La Féline, MainArtist - Agnès Gayraud, Composer - Xavier Thiry, Composer

2017 Kwaidan Records 2017 Kwaidan Records

14
How We Be
Sinkane Mean Love 00:04:18

Sinkane, MainArtist - Ahmed Gallab, Greg Lofaro, Lyricist - Ahmed Gallab, Jason Trammel, Composer - Mutluck Musics (Ascap), Sinkane Music Publishing (Sesac), MusicPublisher

City Slang City Slang

15
Le Jour
Calypso Valois Le Jour 00:03:21

Jean-Louis Pierot, Mixer - Calypso Valois, Composer, Lyricist, Artist, MainArtist - Yan Wagner, Producer - SATORI SONG, MusicPublisher

2016 LE LABEL - [PIAS] 2016 LE LABEL - [PIAS]

16
Dernier soleil (Vision d'Aloïs)
Catastrophe Dernier soleil vision XL 00:07:39

Catastrophe, Performer - Pierre Jouan, Composer

2016 Tricatel 2016 Tricatel

17
Luke Howard
Julien Gasc Kiss Me You Fool! 00:04:08

Julien Gasc, Composer, Lyricist, MainArtist

Born Bad records Born Bad records

18
In Your Eyes
Various Artists Technikart 06 - Bel Hiver 00:04:35

Maud Gefrey, Performer - Maud Geffray, Composer

2017 Plugz 2017 Plugz

19
Prie pour moi
Ricky Hollywood Le Modeste album 00:05:58

Ricky Hollywood, Performer - Stéphane Bellity, Composer, Writer

2017 Ricky Hollywood 2017 Ricky Holywood

20
Cabriolet
Alice Lewis Amour asymétrique 00:02:48

Alice Lewis, Composer, Performer - Alexandre Chatelard, Writer

2017 Bellbuoy Records 2017 Bellbuoy Records

À propos

Bertrand Burgalat nous présente sa sélection de morceaux, à l'occasion de la parution de son album "Les choses qu'on ne peut dire à personne" en mai 2017 : du classique, du jazz, du rock, et la scène française qui ose. 1- Ce morceau est une splendeur. C’est une musique qui va droit au coeur, d’une grande limpidité. C’est aussi un chef d'oeuvre d’orchestration riche et concise : des accords simples et beaux à l’orgue, la harpe en arpèges, un violon, un violoncelle, et la voix, toujours droite

2- Il y a sur mon nouvel album un morceau très lent, Tombeau pour David Bowie, indirectement et inconsciemment inspiré par ce genre de pièces de Messiaen (c’est maintenant que je m’en rends compte). Je suis fasciné par ces harmonies hiératiques, l’organiste, dans sa cabine en hauteur, nous invite à un voyage spatial. Ce qui rend chaque note juste, c’est celle qui la suit, l’horizontalité du canevas valide la verticalité des accords. On dirait l’Ascension du Christ, ce tableau de Dali qui le représente allongé, sans visage, en apesanteur.

3- J’ai grandi à une époque où les pianistes de jazz avaient tendance à se laisser griser par leur virtuosité, et cela rendait leur jeu prévisible et ennuyeux. Ahmad Jamal c’est exactement le contraire, quelle que soit l’époque il y a chez lui une grande concision, une fantaisie dénuée d’auto-complaisance. Enregistré en 1958 au Spotlite Club de Washington avec Vernel Fournier à la batterie et Israel Crosby à la contrebasse, Should I? est mon morceau préféré d’A.J.

4- Je ne connaissais pas cette reprise explosive par Elvis du Polk Salad Annie de Tony Joe White. Il y a d’autres versions en concert mais c’est celle qui figure sur The Essential Elvis Presley que je préfère. Enregistrée à Las Vegas en 1970, elle est hallucinante : Elvis et ses musiciens sont au firmament, le batteur notamment. Cette période karaté-combinaison blanche de Presley est celle que je préfère. Son rock est alors gorgé de soul, sa voix est insensée, il faut être bien snob pour prétendre qu’il n’a rien fait d’intéressant après ses Sun Sessions...

5- Du jazz-rock FM de 1979, avec des solos d’ARP Odyssey signés George Duke, à priori c’est exactement ce que je dénigre dans la note précédente sur Ahmad Jamal, et pourtant c’est parfait. Petite curiosité : Sheila Escovedo (la future Sheila E de Prince) vient prêter main forte à Airto Moreira aux percussions.

6- Produite par Andy Partridge en 1993 pour l’album The Greatest Living Englishman, cette chanson me donne l’occasion de rendre hommage à ceux qui comme Newell, Stuart Moxham et leur ami Louis Philippe ont ouvert la voie à Neil Hannon et autres songwriters de bon goût.

7- J’ai eu la chance de rencontrer Thierry Escaich grâce à Bertrand Dermoncourt, qui dirige la revue Classica. J’ai été impressionné par sa gentillesse et sa bienveillance. Voilà quelqu’un que sa technique époustouflante n’a pas rendu dédaigneux. Il y a chez moi dans les Pyrénées un festival dédié à l’orgue et au clavecin, le Festival du Comminges, créé par Pierre Lacroix et dirigé par Jean-Patrice Brosse, dans lequel certains de ses disciples comme Thomas Ospital ou Baptiste-Florian Marie-Ouvrard se produisent et je suis toujours ébahi par leurs improvisations. Dans le même... registre j’ai assisté il y a deux mois à la vigile pascale à l'Eglise de la Sainte Trinité, à Paris, car Hélène Pince, qui écrit beaucoup de paroles pour moi, s’y faisait baptiser. Etant un mauvais chrétien je m’y suis rendu en trainant des pieds, et j’ai passé une soirée extrêmement émouvante. La qualité des choeurs et des improvisations de l’organiste, Loïc Mallié, lui-même élève de Messiaen, y était pour beaucoup.

8- Dans ce morceau de 2005 Pallem déploie toute sa maitrise des cuivres. C’est un musicien accompli qui est toujours partant pour essayer des choses, échanger des conseils, bref il a une excellente mentalité et cela lui réussit.

9- J’ai découvert Jann Halexander il y a une dizaine d’années et j’ai été séduit par son écriture, sa radicalité et sa personnalité intense. Je regrette qu’on ne fasse pas plus de place à un tel chanteur.

10- Fred Guy trace son sillon sur les pas de Brian Wilson, des High Llamas, des Heavy Blinkers ou d’Etienne Charry, avec de belles harmonies épurées qui valent le détour.

11- J’ai rencontré Emilie Marsh à l’occasion d’un hommage rendu à la Sorbonne à Maurice Gravaud Lestieux. C’est à cette occasion que j’avais mis en musique un poème de Maurice, Hologramme, qu’on retrouve sur mon nouvel album. Etienne Champlollion, un jeune musicien extrêmement doué, Matthias Vincenot, activiste de la poésie, et Emilie, dont les chansons délicates sont d’une grande justesse, étaient de la partie. La musique de cette chanson est d’ailleurs cosignée par Champollion. Il y a cinq ans les improvisations de celui-ci au piano lors d’une lecture de Maurice Lestieux m'avaient sidéré.

12- La Route de la Trace est un de ces moments de grâce qui parsèment le Big Sun de Chassol. Je n’aurais jamais osé y toucher, il faut tout le talent de Vincent Guyot, alias Pieuvre, pour faire une chose pareille. Dans un remix l’attention est souvent portée sur le rythme au détriment du reste mais la force de Pieuvre c’est qu’il parvient toujours à changer les harmonies sans les appauvrir. Chassol parvient dans sa musique à proposer une réponse positive au retrécissement harmonique et rythmique de plus en plus pronocé des productions pop : au lieu de faire bouger la mélodie sur trois accords, il fait l’inverse et c’est magnifique.

13- C’est sur le nouvel album d’Agnès Gayraud, Triomphe. La musique flotte comme l’odeur de tabac et d'alcool dans une arrière-salle, c’est beau et triste comme un film politique italien. « Des filles fument en regardant les chefs » : en sept mots tout est dit.

14- J’ai découvert ce morceau grâce à Yuksek. Si j’étais paresseux je dirais que c’est entre Love to Love You Baby, Can et la collection Ethiopiques de Francis Falceto. Mais je ne trouve pas d’autres mots.

15- Produit par Yan Wagner, ce super titre reprend les choses là où le deuxième album d’Octobre, Paolino Parc, les avait laissées il y a 35 ans. On sent le parrainage d’Etienne Daho, bien sûr, L’Homme Qui Marche n’est pas loin et c’est tant mieux.

16- Cela fait maintenant cinq ans que j’ai croisé la route de ces jeunes gens, invité à une émission de radio étudiante. Ils avaient à peine vingt ans, ils étaient libres, brillants, j’espérais qu’ils ne perdraient rien en cours de route. Comme la rencontre avec Aquaserge il y a dix ans m’avait redonné espoir, j’ai fait tout mon possible pour les associer à toutes nos activités. Piliers des Ben & Bertie Show, cette fiction musicale écrite et réalisée par Benoit Forgeard que nous avons conçue pour Paris Première, Blandine Rinkel a dansé avec moi sur scène, elle a écrit plusieurs textes sur mon nouvel album, Pierre a signé un livre de portraits pour les 20 ans du label (Notes de pochette, édité par Tricatel). Dans leur sillage j’ai rencontré Makeda Monnet, alors en première année au CNSM, qui chante divinement sur la BO que j’ai composée pour Gaz de France, de Benoit. Arthur Navellou, aussi, qui fait les choeurs sur mon album avec Pierre, Blandine et Alice Lewis. Ou Aloïs Champougny, qui condense en 7 minutes leur premier ep. Leurs spectacles sont sans équivalent, le livre qu’ils sortent chez Pauvert mi septembre et l’album que nous publierons dans la foulée non plus.

17- Il n’y a jamais eu d’école de Canterbury, comme il n’y a jamais eu de krautrock, c’est une nomenclature qui a été inventée de toutes pièces, dans laquelle aucune des personnes qu’elle désigne ne se reconnait. Mais le classement des nuages par Luke Howard au 19e siècle tient toujours, comme ce morceau stratosphérique de Julien Gasc résistera au temps.

18- Lent, majestueux et entêtant ce titre me fait penser, même si ça n’a rien à voir directement, aux Simple Minds de New Gold Dream et Theme for Great Cities.

19- Quand je suis venu enregistrer un duo (L’amour peut être) sur l’album qu’il vient de sortir il m’a fait écouter ce titre, qui m’a époustouflé. J’aurais aimé faire cette chanson, il faut attendre 2’51 pour que la structure commence à bouger un peu, il me semble que quelqu’un qui a fait un tel morceau a déjà réussi sa vie.

20 - J’ai beaucoup d’admiration pour Alice, troubadour synthétique qui manie le koto et la cithare électroniques comme personne. Son ep est sorti le même jour que mon album, et cette concordance m’enchante. Comme on lisait avant sur Myspace : hâte d’entendre l’album.

Le spleen lumineux de Dominique A

Par Nicolas Magenham

Depuis bientôt trente ans, Dominique A est un infatigable créateur de chansons, à la frontière du rock et la pop, de l’électronique et l’acoustique. A l’occasion de la sortie de son douzième album, « Toute Latitude », retour sur la carrière de celui qui est considéré comme l’instigateur de la « nouvelle scène française », adulé à la fois par le public et par ses pairs.

Le nouvel A

En ce début de siècle, il est temps pour lui d’évoluer. 2002 marque ainsi le début de la seconde période de l’œuvre de Dominique A. Une année qui correspond à la sortie d’un album d’Alain Bashung (L’Imprudence) qui marquera fortement le chanteur, à tel point qu’il décide de changer de méthode de production. Dominique A se remet en question, ce qui est concrètement symbolisé par la publication d’une première compilation qu’il conçoit lui-même (Le Détour). En 2004, il sort Tout sera comme avant. Le titre est évidemment ironique puisque rien n’est comme avant dans sa manière de travailler. Il confie ses maquettes au collectif Gekko – le producteur Jean Lamoot, les musiciens Arnaud Devos et Jean-Louis Solans, soit la majeure partie de l’équipe de L’Imprudence – et leur donne carte blanche. L’ajout d’une section de cordes contribue à donner une nouvelle ampleur aux chansons de Dominique A. Il s’éloigne du format « chanson » à l’état brut pour aller vers des territoires moins délimités, plus ouverts. En 2006 sort L’Horizon, son septième album, dans un esprit un peu plus dépouillé et aérien. Pour l’occasion, Dominique A s’était acheté une guitare folk au son chaleureux, particulièrement mise à l’honneur sur Dans un camion, ballade souriante évocatrice des grands espaces, où cette guitare roots dialogue avec des cuivres badins.

Dans l’album La Musique en 2009, il retrouve le travail solitaire et électronique de ses débuts, mais avec un 32-pistes numérique cette fois (et non plus un 4-pistes). S’il fait un retour aux sources avec cette méthode DIY, Dominique A ne prend pas pour autant le même chemin concernant les paroles. Il est désormais un « quadra » pour qui il est temps de dresser un premier bilan de sa vie et de réfléchir sur le temps qui passe, ce qu’il fait dans des morceaux comme La Fin d’un monde ou Immortels. En 2012, il retrouve le rock (et les couleurs boisées) à l’occasion de Vers les lueurs, un album grâce auquel il obtient la Victoire de la musique de l’artiste masculin de l’année. Et en 2015, pour Eléor (territoire utopique imaginé par Dominique A), c’est principalement la littérature qui l’inspire. Ainsi, une chanson comme Par le Canada puise sa source dans le roman de Richard Ford, Canada, paru en 2012. L’inspiration est également humaine : la rencontre avec Etienne Daho, lors d’un hommage à Jacno à la Cité de la Musique, fut décisive dans l’écriture des paroles et la couleur musicale de l’album. Comme dans Les Chansons de l’innocence retrouvée, le trio classique guitare/basse/batterie est parfois agrémenté d’une section de cordes accentuant le lyrisme des mélodies. Enfin, Eléor étant la description d’un ailleurs (utopique ou réel), il faut évoquer la passion de Dominique A pour les horizons lointains, et en particulier la Nouvelle-Zélande, où furent écrites certaines chansons de l’album.

Depuis bientôt trente ans, Dominique A poursuit donc son petit bonhomme de chemin musical, avec passion et modestie. Et pourtant, il aurait eu des raisons d’abandonner son humilité légendaire car au fil des albums et des années, il est devenu une référence, une étoile dans la nuit pour nombre de ses confrères comme Vincent Delerm et Jeanne Cherhal, lesquels citent l’auteur du Courage des oiseaux comme une influence essentielle. Comment expliquer une telle fascination auprès de ses pairs et du public ? Un élément de réponse réside sans doute dans un paradoxe que Dominique A maîtrise à la perfection : ses textes sont noirs, acides ou mélancoliques, mais ils contrastent avec des mélodies qui, sans être guillerettes, sont d’une luminosité et d’une lisibilité confondantes. Même lorsque les guitares saturent et que des dissonances se font entendre (cf. l’étonnant Pendant que les enfants jouent), Dominique A est un indécrottable mélodiste dont les airs, beaux et souvent entêtants, ont longtemps fait de lui un incompris chez les amateurs de rock les plus radicaux. De par cette clarté mélodique pop, le spleen qui semble prédominer dans son œuvre s’avère finalement plus réconfortant que plombant. Chez Dominique A, un espoir est toujours permis.

Allez sur les applications Qobuz pour lire l'article complet...

Rejoignez Qobuz pour lire l'article complet...

Lire la suite sur Qobuz

Qobuz logo Pourquoi acheter sur Qobuz ?