Grand spécialiste de Verdi dans les années 60 et 70, le célèbre baryton britannique s’est éteint à l’âge de 80 ans.

Peter Glossop est décédé le 7 septembre. Né à Sheffield le 6 juillet 1928, le baryton britannique qui était âgé de 80 ans fut l’un des principaux chanteurs britanniques de l’après-guerre dans les années 60 et 70. Pour beaucoup, Glossop restera mémorable dans les grands Verdi : Rigoletto, Iago, Macbeth, Posa, Falstaff, di Luna…

Dès l’âge de 14 ans, Peter Glossop savait qu’il deviendrait chanteur d’opéra. Employé de banque le jour, il étudie le chant le soir aux côtés de Leonard Mosley et Eva Rich qui l’encouragent à intégrer la Sheffield Operatic Society. Il débute dans sa ville natale en 1949 avant d’être rapidement repéré par les recruteurs londoniens de Covent Garden.

En 1952, Glossop est finaliste du Great Caruso Contest et rejoint le chœur du Sadler’s Wells. Il se spécialise presque naturellement dans Verdi et enchaine les grands rôles.

Premier prix du concours des jeunes talents en Bulgarie en 1961, sa carrière internationale décolle enfin. Même en Italie, il foule les planches des scènes de Parme, Palerme et Naples avant de faire ses grands débuts à la Scala en 1966 dans Rigoletto.

De retour au pays, Peter Glossop est l’un des jeunes chanteurs britanniques à se produire à Covent Garden sous l’ère Georg Solti/ David Webster, chantant Demetrius dans le Midsummer Night’s Dream de Britten à Londres et au Festival d’Edinbourg. En 1964, il enchaîne Rigoletto avec Zeffirelli/Solti et Il Trovatore avec Visconti/Giulini. Plutôt rare dans les rôles allemands, Glossop apparait tout de même dans le Ring l’année suivante à Covent Garden.

La Scala, Paris, San Francisco, toutes les scènes l’accueillent. En 1968, il apprend en quelques jours seulement le rôle de Tonio dans Pagliacci pour Karajan à la Scala et poursuit avec lui Otello à Salzbourg.

Durant les années 70, Peter Glossop signe de nombreux succès au Met Opera de New York (Scarpia, Don Carlo, Falstaff et Wozzeck), à Vienne et à l’English National Opera. C’est à cette époque qu’il se penche davantage sur le répertoire germanique.

Il se retire durant les années 80, préférant enseigner le chant, jouer au golf et se plonger dans sa collection de disques de jazz. Côté discographie, son talent n’a jamais été récompensé. Heureusement, les éditions de live inédits comblent progressivement ce vide…

Peter Glossop fut marié à la soprano Joyce Blackham puis à Michele Amons. En 2004, il avait publié son autobiographie: Peter Glossop: The Story of a Yorkshire Baritone.