Premier récital à Pleyel pour la soprano suédoise le 17 février.

Réputée pour ses interprétations des héroïnes wagnériennes et straussiennes, la soprano suédoise Nina Stemme délaisse pour un temps les plateaux des théâtres lyriques pour s’adonner à l’exercice du récital, mardi 17 février à Pleyel. Elle n’y abandonne pas totalement Wagner, puisqu’elle interprète les Wesendonck Lieder, où se retrouvent en ébauche quelques-uns des thèmes de Tristan et Isolde.

Grieg, Sibelius sont bien moins fréquents dans les programmes de mélodie, et rares sont les non-Russes à s’aventurer dans l’interprétation de Rachmaninov. C’est particulièrement regrettable en ce qui concerne Edvard Grieg dont les mélodies jalonnent toute l’activité créatrice, de l’op. 2 de 1861 à l’op. 70 de 1900.

Inspirées, selon ses propres mots, par l’amour qu’il portait à son épouse Nina, ces œuvres, presque toutes écrites pour voix de soprano, témoignent aussi du renouveau, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, de la poésie nordique (même si ses op. 2 et 4 font appel à des textes allemands).

Les mélodies de Sibelius s’égrènent elles aussi en plusieurs moments de la vie créatrice du compositeur. Essentiellement de langue suédoise, ces pages sont pour la plupart emplies de tension dramatique et de mélancolie ; l’accompagnement pianistique (Bénédicte Haid sera aux côtés de Stemme ce 17 février) y est souvent puissamment évocateur et laisse apparaître toutes les nuances que l’on connaît au Sibelius symphoniste. Quant à Rachmaninov, qui considérait la mélodie comme « le germe de la création musicale », il offre dans chacune de ses soixante-dix-sept mélodies ce que l’on pourrait qualifier de lyrisme à l’état pur.

Nina Stemme chante sur toutes les grandes scènes lyriques et dans les salles de concert et festivals du monde entier, à Stockholm, Vienne, Dresde, Genève, Naples, Barcelone, San Francisco et New York ainsi qu'aux festivals de Savonlinna, de Bregenz, de Salzburg, de Glyndebourne et de Bayreuth. Depuis ses débuts, la Suédoise poursuit un parcours sans faute, qui l’a menée avec justesse des rôles de Mozart à ceux plus dramatiques de Strauss et Wagner. C’est ainsi que son répertoire comprend Rosalinde dans La Chauve-souris de Johann Strauss, Cio-Cio-San dans Madame Butterfly de Puccini et les rôles-titres de Tosca et de Manon Lescaut. De plus, elle chante Eugène Onéguine de Tchaïkovski et Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch.

Très nombreux sont les autres rôles de son répertoire, des Noces de Figaro de Mozart, jusqu’à Aida de Verdi, en passant par Der Freischütz de Carl Maria von Weber et Wozzeck d'Alban Berg. L’actualité plus récente nous la montre tour à tour Sieglinde et Brünnhilde (Siegfried) dans la nouvelle production du Ring du Wiener Staatsoper au cours de la saison 2007-2008. Nina Stemme chante aussi sur la même scène Leonora dans La Forza del destino de Verdi. En 2008, elle a incarné Isolde dans la nouvelle production Tristan et Isolde de l'opéra de Zurich.

Nina Stemme a reçu en 2006 le titre de Swedish Royal Court Singer des mains même du roi de Suède Carl Gustaf XVI. Elle est membre de l'Académie royale de musique de Suède.

Le site officiel de Nina Stemme