Charles Ives, George Antheil, George Gershwin et Leonard Bernstein à l'honneur de ce très original concert de Berlinois, retransmis en direct ce soir à 20h - Deux concerts pour le prix d'un avec le Late Night Concert de Aimard consacré à Ives!

Qui d'entre nous peut se prévaloir d'avoir jamais entendu "en vrai" la Quatrième symphonie de Charles Ives... pas même Ives lui-même qui dut attendre d'être mort depuis onze ans pour (ne pas) assister à la création intégrale de ce chef-d'œuvre. On peut d'ailleurs comprendre que bien des orchestres rechignent, car our un ouvrage d'une petite demi-heure, l'effectif orchestral exigé est mammouthesque - on y recontre même un piano soliste (ici tenu par Pierre-Laurent Aimard), un piano à quatre mains et un piano accordé au quart de ton par rapport aux autres... Il n'en reste pas moins que Ives signe là un somptueux ouvrage d'une modernité époustouflante, qu'il a écrit dans son coin au fin fond du Massachussets entre 1910 et 1916, sans se préoccuper de ce qui se faisait alors en Europe avant-gardiste - il inventait tout seul des concepts hypermodernes avant les autres, explorait des pistes qui ne seraient défrichées que des décennies plus tard par les plus hardis... bref, un véritable novateur méconnu.

George Antheil
Une Jazz Symphony de George Antheil est ici présentée dans la version de 1955, révisée d'après la mouture originale de 1925. Elle est considérée comme "plus sage", ce qui n'est pas peu dire... disons qu'Antheil a réduit les forces orchestrales, coupé la moitié de la partition qui ne dure plus que six minutes, et nettoyé quelques sonorités délibérément râpeuses destinées, en 1925, à choquer et à provoquer (ce qui marcha fort bien : la création fut l'occasion d'un superbe scandale) plus qu'à solliciter l'oreille.

En 1932, le désormais célèbre Gershwin (et hélas bientôt disparu) écrivait son Ouverture cubaine au retour de vacances à La Havane. Telle était sa renommée que la création attira une foule de 17845 spectateurs payants - quelque 5000 furent refoulés à l'entrée du stade loué pour l'occasion. Certes, l'ouvrage n'a rien de l'avant-gardisme des œuvres de Ives ou Antheil, mais c'est quand même un superbe morceau de bravoure orchestral fichtrement bien tourné et conçu.

Enfin, le concert s'achève avec les incontournables Danses symphoniques de West Side Story de Bernstein, l'un des bonbons classiques préférés du public non-averti, feront sans doute sortir les dignes musiciens du Philharmoniques de leurs gonds berlinois. Pour être tout à fait honnête, il convient de préciser que l'orchestration n'est pas vraiment de Bernstein mais surtout de Sid Ramin et Irwin Kostal, jamais réellement crédités pour leur considérable contribution au succès de l'ouvrage.

Concert à suivre en direct et en haute-définition vidéo par le truchement de la Salle de concerts numérique, samedi 9 septembre 2012 à 20h.

EN PRIME, pour le prix du concert symphonique (au cas où vous décideriez de ne prendre qu'un abonnement de 48 heures), vous pourrez suivre le Late Night concert à 22h30, où l'infatigable Pierre-Laurent Aimard donnera la rarissime Concord Sonata de Charles Ives : à ne pas manquer surtout !

La saison complète 2012-2013 du Philharmonique de Berlin, sujette à d'éventuelles petites modifications dont nous vous tiendrons informés au jour le jour.

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