La transmission Bluetooth avec codage aptX permettant une restitution sonore en qualité quasi CD est assurément en train de gagner ses lettres de noblesse puisque certains grands constructeurs réputés auprès des audiophiles, comme Arcam présentement, se mettent à proposer des récepteurs utilisant cette liaison. Fidèle à sa réputation, Arcam a concocté avec ce modèle rBlink un appareil élégant et empreint de la patte maison.

Parallèlement à diverses gammes d'appareils audio et audio-vidéo traditionnels s'adressant aux audiophiles disposant de petits comme de moins petits budgets, la marque britannique Arcam propose la rSeries aux amateurs particulièrement branchés nouvelles technologies.

Cette rSeries se compose de deux docks pour iPod et de quatre DAC, chacun d'eux ayant sa spécificité.

On trouve ainsi le SonLink, un DAC conçu pour ne faire qu'un avec un Connect de chez Sonos et dont nous avons pu apprécier les qualités musicales au travers d'un banc d'essai.

Pour sa part, le airDAC, modèle plug and play à liaison WiFi Airplay, dispose également d'entrées S/PDIF et est compatible avec les fichiers audio en Haute Définition 24 bits à 192 kHz.

Quant au irDAC, c'est un modèle disposant d'une entrée USB et d'entrées S/PDIF et se pilotant depuis sa télécommande infrarouge.

Apparu début 2013, le rBlink, dont nous vous proposons le banc d'essai, utilise une liaison Bluetooth et pourra se connecter à toute source proposant de ce mode d'émission. De plus, si cette source dispose du codage aptX, le rBlink sera en mesure de restituer les fichiers 16 bits à 44,1 kHz stockés nativement en qualité CD sur cette source avec une qualité sonore quasi inchangée malgré le débit relativement faible de la liaison Bluetooth. C'est cela la prouesse du codage aptX.

Présentation

Tout de noir satiné vêtu, le rBlink se présente dans un boîtier en alliage injecté dont le poids rassure (c'est peut-être un facteur psychologique pour une électronique, mais qui a son importance dans la perception première que l'on a d'un objet et les fabricants de matériel haut de gamme l'ont bien compris), poids qui assure aussi une bonne stabilité à ce petit appareil, celle-ci se trouvant encore améliorée par la garniture en caoutchouc anti dérapant recouvrant la semelle inférieure de ce boîtier.

Deux prises Cinch permettent de relier le rLink en analogique à une entrée auxiliaire d'amplificateur, tandis qu'une sortie S/PDIF coaxiale pourra être branchée à un autre convertisseur numérique analogique.

La prise d'alimentation jouxte le bouton poussoir (encastré pour éviter les fausses manips) permettant de lancer une recherche de réseau Bluetooth, poussoir à la gauche duquel prend place le connecteur pour l'antenne.

L'électronique

Les convertisseurs numérique analogique fonctionnant en Bluetooth aptX utilisent généralement une électronique assez peu dense, mais celle du rBlink d'Arcam déroge quelque peu à cet règle.

En effet, là où la plupart des fabricants font appel à un module de réception radio CSR (l'inventeur du codec aptX) Arcam utilise un module de réception de son cru utilisant une puce CSR8670, assurant la réception et le décodage, et des buffers de type 74LVC125 interfaçant les signaux entre cette puce et le reste de l?électronique du rBlink. Ce module se pare d'un blindage intégral, soigneusement soudé pour le protéger des rayonnements parasites.

On remarquera que le constructeur utilise deux LED, une bleue et une rouge, en place d'une LED bicolore, ce qui permet de faire du violet (une couleur que l'on rencontre rarement sur les appareils électroniques) par mélange au niveau du guide de lumière affleurant le dessus du boîtier.

Les signaux issus du récepteur sont pris en charge par un circuit Wolfson WM8804 qui génère également les signaux S/PDIF disponibles sur la sortie audio numérique coaxiale.

La conversion numérique analogique est confiée à un circuit Burr-Brown PCM5102 (32 bits à 384 kHz), qui est peut-être le modèle le plus performant à l'heure actuelle.

La nouvelle architecture à segment de courant utilisée dans ce DAC permet de se passer de filtrage à amplificateur opérationnel après conversion et d'utiliser un simple filtre passif composé d'une résistance de 470 ? et d'un condensateur de 2,2 nF sur chaque voie (références R17, R18, C34 et C35 sur la photo).

Le condensateur à électrolyte aluminium de 1000 ?F/16V placé à l'arrivée de la tension provenant du bloc secteur afin d'assurer une réserve confortable de courant pour l'électronique est de marque Nover, un fabricant fournissant de nombreuses autres marques en OEM (Other Equipment Manufacturer). Il est précédé d'une self formant avec lui un efficace filtre pour éliminer les résidus de découpage de l'alimentation.

Utilisation, écoute

L'appairage du rBlink avec un smartphone ou un ordinateur reste d'une grande simplicité puisque celui-ci est très vite détecté parmi les périphériques Bluetooth et que son jumelage se fait également rapidement.

Et, comme nous le disions dans le descriptif technique, le module de réception Bluetooth utilisé par Arcam n'est pas un module CSR mais a été développé par le constructeur britannique lui-même et emploie son propre protocole de dialogue avec l'appareil émetteur, ce qui permet de proposer un appareil « plug and play ».

Il ne faudra donc pas essayer de faire fonctionner le rBlink avec une clef Bluetooth Avantree DG40 et le logiciel CSR aptX, comme nous le faisons habituellement à Qobuz, et comme nous l?avons tenté infructueusement.

Nous avons donc simplement jumelé le rBlink avec un ordinateur portable tournant sous Windows 8 et avons alors pu voir apparaître celui-ci parmi les sorties audio de Foobar2000 comme DS : Haut-parleurs (Arcam Bluetooth Stéréo). Nous aimerions bien cependant que le constructeur soit plus précis dans le manuel d?utilisation.

Ceci étant dit, à l'écoute de l'un de nos standards de test, la Fantasia on British Sea Songs de Henry Wood, la restitution est quasiment identique à celle que nous obtenons à la lecture du fichier original en qualité CD.

Que ce soit en terme de bande passante, en particulier avec des aigus très propres et d'une belle finesse, d'équilibre sonore ou de respect de la dynamique (le trépidant Jack's The Lad ne faiblit pas un seul instant), le rBlink se montre plus que convaincant et la qualité musicale est au rendez-vous.

De même, à la restitution par le rBlink cultissime album des Pink Floyd The Wall, aucun des effets imaginés par le groupe ne manque à l'appel et le jeu des musiciens comme les ambiances sonores sont parfaitement reproduits et on ne note jamais de traces de dureté.

Avec le célèbre Concerto pour violon de Tchaïkovski, immortalisé par le film Le concert, interprété par le violoniste Ray Chen et le Swedish Radio Symphony Orchestra dirigé par Daniel Harding, on suit parfaitement le jeu du soliste dont les notes les plus aigües se gardent de toute stridence et l'inoubliable et trépidant thème du premier mouvement emplit les oreilles de son entrain communicatif dans une joyeuse explosion orchestrale restituée sans complexe par le rBlink.

En conclusion, le rBlink Arcam est un appareil sérieusement construit, d'une solidité appréciable, et qui offre de fort bons résultats sonores, tout à fait conformes à ceux auxquels nous a habitué la liaison Bluetooth aptX.

Caractéristiques techniques

Manuel d'utilisation (User's Manual, multilanguage)

rBlink sur Site Arcam

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