Le catalogue Lindemann comprend trois séries de lecteurs réseau et d’amplificateurs connectés : Limetree, Woodnote et Musicbook. Ils permettent de composer autant des systèmes en éléments séparés que des installations Hi-Fi minimalistes. Bien que l’esthétique soit totalement différente d’une série à une autre, on retrouve des marqueurs communs tels que le châssis en aluminium, l’aspect simple et efficace, l’application de pilotage commune avec fonction multiroom ainsi que la fabrication en Allemagne. Tout cela explique le positionnement premium des produits Lindemann.
La série Woodnote comprend deux modèles à l’aspect identique : le Solo et le Combo. Le Solo correspond à un DAC avec streameur accompagné de quelques autres fonctions pertinentes. Le Combo ajoute une amplification intégrée de 2x50 watts pour relier directement ses enceintes sans autre appareil intermédiaire. Le Solo, objet de ce test, laisse donc la latitude d’une association avec un amplificateur de puissance ou bien encore avec des enceintes actives.
Présentation générale du Woodnote Solo
Le Woodnote Solo est un petit appareil occupant un minimum de place. Sa façade mesure à peine plus de 20 cm de largeur. Celle-ci mélange l’aluminium encerclant un placage en bois grisé. Ce même placage se retrouve sur la tête du potentiomètre de volume. Le style est original tout en restant finalement assez classique. La présence du bois n’est absolument pas ostentatoire. Le matériau est présent mais en toute discrétion.
La façade accueille un afficheur carré aux capacités limitées. Il affiche le nom de l’appareil au démarrage puis le logo de la source en cours d’écoute. Il bascule sur le volume à chaque fois que son niveau est modifié. D’autres informations succinctes peuvent être rappelées via la touche « Informations » de la télécommande. Au centre de la façade, une petite led est allumée lorsque l’appareil est en veille. Une sortie casque au format 6,35 mm est présente à gauche de l’afficheur.
La face arrière du Woodnote Solo affiche presque complet. La partie réseau se trouve sur la gauche avec une prise RJ45. Les prises pour les antennes wi-fi et Bluetooth sont situées juste au-dessus. Le port USB-A possède deux usages : la connexion d’une clé ou d’un disque dur externe pour lire des fichiers audio, ou bien la liaison d’un lecteur CD informatique pour continuer à profiter de votre collection de disques.
Le Woodnote Solo étant avant tout un DAC, il ne propose aucune entrée analogique. Du côté du numérique physique, vous avez le choix entre trois entrées : optique, coaxiale et HDMI ARC. Cette dernière est la bienvenue pour récupérer le son d’un téléviseur et de toutes ses sources. Le Solo pourra ainsi prendre place au cœur d’un système mixte audio et vidéo. Les sorties analogiques sont disponibles aussi bien en RCA qu’en XLR. Lindemann a conservé deux sorties numériques, si jamais vous souhaitiez utiliser seulement sa partie numérique et streameur sans passer par le DAC interne.
À l’intérieur, la conception est extrêmement soignée, ce qui fera la différence avec des produits plus basiques. La conversion numérique/analogique est confiée à une puce AKM AK4493S. Mais avant de lui confier le signal numérique, Lindemann propose de le rééchantillonner sous 1 bit en DSD256 en association avec une horloge femto. L’objectif de ce montage est de supprimer le jitter et de réduire le bruit numérique dans les plus hautes fréquences. Les signaux analogiques et numériques sont dans tous les cas séparés les uns des autres via une implantation sur une carte à quatre couches. L’alimentation linéaire à très faible bruit repose sur un transformateur R-core.
Utilisation du Woodnote Solo
Le Woodnote Solo rejoindra votre système haute-fidélité dans différentes configurations. Il peut en être le cerveau, offrant accès à la musique en streaming, rassemblant les sources numériques externes et effectuant la conversion numérique vers les sorties analogiques. Il peut jouer le rôle de DAC uniquement, pour le streaming et les sources externes, et être relié à un préamplificateur ou à un amplificateur intégré. Dans ce cas, son contrôle de volume sera inopérant. Enfin, rassembler les sources numériques et les confier à un DAC externe, par l’une de ses deux sorties numériques, représente la troisième possibilité. Mais ce serait dommage de ne pas profiter de son étage de conversion évolué.
L’appareil se pilote essentiellement via l’application mobile Lindemann. À cet effet, il faut relier initialement le Woodnote Solo à une prise réseau. Si vous n’en avez pas au niveau de votre chaîne Hi-Fi, il est nécessaire de brancher le Solo temporairement au plus près de la box Internet. Une fois connecté en filaire, il est possible de se rendre dans les réglages de l’application mobile et de basculer en wi-fi. La prise réseau peut alors être débranchée et le Solo installé à son emplacement final. Une touche WPS en face arrière autorise une connexion rapide en wi-fi sans nécessiter de connexion filaire, mais cela ne fonctionne pas toujours correctement et pas avec tous les routeurs.
L’application mobile Lindemann se démarque de la présentation classique avec un bandeau de navigation au bas de l’écran. Ici, l’écran se divise en quatre zones principales. Tout en haut, un bandeau personnalisable affiche la liste des sources disponibles. Une fois celle-ci sélectionnée, un second bandeau contextuel donne accès au menu correspondant. Le centre de l’écran sert à la navigation dans les contenus tandis qu’une zone tout en bas affiche la lecture en cours.
Qobuz est intégré de façon complète avec l’accès aux recommandations, aux playlists, aux favoris de l’utilisateur et à ses achats. La navigation s’effectue par jaquette. Elle est par ailleurs encore plus agréable sur le grand écran d’une tablette dont l’espace disponible est optimisé. Lors de la lecture d’un titre, il est possible d’accéder aux informations sur l’artiste et sur l’album, mais aussi de l’ajouter à l’une de ses playlists Qobuz existantes. Quant à l’écran de lecture, il affiche la qualité du flux audio ainsi que son débit.
Les paramètres audio du Solo sont limités au mode du DAC, avec ou sans rééchantillonnage, au niveau de sortie de la prise casque, à la balance gauche/droite et au passage de la sortie audio en liaison fixe pour une association avec un préamplificateur ou un DAC externe.
A l’écoute
La configuration de test a impliqué un amplificateur de puissance SPL s800 et nos enceintes habituelles Dynaudio Special Forty. Nous avons effectué quelques comparaisons entre le mode DSD et le mode PCM, c’est-à-dire avec ou sans le rééchantillonnage. Nous avons préféré le conserver car il apporte un surcroît de luminosité et d’ouverture dans le haut du spectre.
Le Woodnote Solo sait rendre honneur aux meilleurs enregistrements et nous pouvons le constater à l’écoute de l’album Cello Tango d’Ophélie Gaillard. Les instruments lead se matérialisent dans notre pièce d’écoute, bien en arrière des enceintes. Les microdétails sont au rendez-vous avec énormément d’informations sur les réverbérations et les fins de note, contribuant à la véracité de la restitution. Le violoncelle d’Ophélie Gaillard sur la gauche et le bandonéon sur la droite se répondent de façon naturelle avec le reste des instruments en support en arc de cercle sur un second plan.
Sur l’électro de Petit Biscuit, le Solo n’a aucun mal à nourrir notre amplificateur de façon efficace. Le grave est maîtrisé dans ses fondations, l’impact est présent. Le Woodnote Solo est un appareil polyvalent sans aucun doute. La large ouverture de la scène ainsi que sa profondeur participent une nouvelle fois à imprimer la restitution d’une impressionnante sensation de présence. Les enceintes s’effacent totalement, la cohérence est totale sans aucune impression synthétique.
Le jazz-funk d’Hiromi nous met face à une reproduction feutrée et élégante de la musique. Les timbres des instruments sont respectés, il est facile de les isoler mentalement pour suivre chaque ligne mélodique. Le Solo arrive toujours à recréer un ensemble musical naturel dans une cadre en trois dimensions où tout coule de source. C’est fin et précis, sans être chirurgical. S’il y a un élément faible dans votre système, ce ne sera sûrement pas le Solo, qui délivre une partition parfaite à l’amplificateur et aux enceintes.
Nous avons terminé nos écoutes par l’utilisation de l’entrée HDMI ARC avec quelques programmes assez différents. Nous retrouvons les qualités identiques à celles de l’écoute de Qobuz en streaming avec une large scène parfaitement adaptée à l’image, si les enceintes sont bien positionnées de chaque côté du téléviseur évidemment. Les qualités dans le grave apportées par un tel système ne donnent plus jamais envie d’utiliser le son maigrelet du téléviseur. De plus, grâce au HDMI CEC, c’est la télécommande du téléviseur qui pilote le volume du Woodnote Solo, mais pas l’allumage/extinction de l’appareil qui devra s’effectuer manuellement.











