Evoqué depuis des mois, voire des années, voici enfin le tant attendu casque signé Sonos, qui se dans une nouvelle catégorie de produits avec ce casque Bluetooth. L’objectif du constructeur d’enceintes est avant tout de se diversifier, en profitant de sa base de clients tout en cherchant à en conquérir de nouveaux. C’est pour cela que le casque s’adresse aux deux types de clients : un fonctionnement Bluetooth classique pour les nouveaux, du wi-fi embarqué pour ceux déjà propriétaires d’une barre de son Sonos. En cochant toutes les cases du casque sans fil, le Sonos Ace attaque de front les cadors du marché que sont Sony, Bose ou Sennheiser.
Présentation générale du Sonos Ace
Visuellement, le Sonos Ace ne révolutionne pas le monde des casques sans fil comme ont pu le faire les AirPods Max. Sonos est resté assez classique, dans la mouvance actuelle, en adaptant et associant subtilement le meilleur des casques les plus en vue. Avec des formes douces et un dessin minimaliste, cela donne à l’Ace un aspect moderne tel qu’on l’attend d’un casque aujourd’hui.
Commençons par l’arceau et sa forme épurée faite d’un seul élément lisse, sans inscription ni logo. Sonos a décliné le design monochrome de ses enceintes où le logo de la marque est de la même couleur que le produit. L’Ace étant proposé en blanc ou en noir, dans les deux cas le logo Sonos est inscrit uniquement sur l’oreillette droite, de la façon la plus discrète qui soit.
L’arceau est rembourré avec une mousse recouverte d’un simili cuir très souple. Ainsi, le casque épouse la forme de la tête sans appui prononcé pour de longues heures d’écoute confortables. La mousse est par ailleurs moins rembourrée à la base de l’arceau pour un appui optimal. Les coussinets sont faits de la même matière pour entourer les oreilles de la façon la plus douce possible. Le poids est dans la moyenne haute de la catégorie.
L’arceau se règle grâce à des tiges en métal qui coulissent à l’intérieur des oreillettes. Sur la version noire du casque, ce métal n’est pas brillant afin de conserver l’aspect monochrome de l’ensemble. Sonos a tout prévu pour que ce système soit insensible aux traces de doigts et à la poussière avec en plus un orifice protégé de toute incursion d’éléments extérieurs pour garantir la durabilité du casque.
Les coques sont parfaitement lisses. Elles sont faites du même plastique que celui du dessus de l’arceau, offrant un toucher doux globalement insensible aux traces de doigt. Très peu de fabricants ont opté pour des oreillettes aimantées faciles à échanger lorsque le moment est venu après plusieurs années d’utilisation. C’est le cas sur ce Sonos Ace. Les oreillettes sont solidaires d’un fin grillage de protection venant se placer devant les transducteurs sur mesure de 40 mm, eux-mêmes protégés par une grille en plastique parsemée de minuscules trous. On remarque une inscription légère des lettres L et R pour indiquer à quel côté correspond chaque oreillette. Leur forme avec un angle vers l’avant empêche de toute façon de les échanger.
Le Sonos Ace est fourni avec sa boite de transport rigide en matériaux recyclés. La fermeture éclair est tellement intégrée pour offrir un design une nouvelle fois minimaliste qu’il est parfois difficile de l’ouvrir. A l’intérieur, une mini-pochette aimantée renferme les deux câbles : un USB-C vers USB-C et un autre USB-C vers USB-C, que nous trouvons vraiment trop court. Il est ainsi possible de se connecter directement à un smartphone, une tablette ou un ordinateur. La conversion numérique vers analogique sera alors opérée par l’appareil et non par le casque. Quant au Bluetooth, il est simplement AAC avec un iPhone tandis que l’on a droit à l’aptX sous toutes ses formes avec Android.
Utilisation du Sonos Ace
Deux très fines grilles sont encastrées de façon discrète sur la tranche de chaque coque, l’une en dessous, l’autre sur le haut vers l’avant. Elles cachent les huit micros servant aussi bien aux appels téléphoniques qu’à la réduction des bruits ambiants. Notons à l’intérieur des oreillettes la présence d’un capteur de port qui met la musique en pause dès que l’on retire le casque. Mais qui ne le passe pas en veille automatiquement au bout de quelques minutes.
Sonos a réussi à simplifier l’expérience utilisateur en installant seulement trois boutons en tout et pour tout sur le casque. En bas de l’oreillette gauche se trouve le bouton de mise en marche et d’extinction qui sert aussi à l’appairage Bluetooth. Il est accompagné juste à côté d’une micro-LED indiquant l’état du casque.
Sur l’oreillette droite, Sonos a créé un multisélecteur très agréable à manipuler. Il tombe naturellement sous les doigts. Par ailleurs, sa seule présence indique automatiquement le sens du casque pour le mettre sur la tête. D’autres casques avec de multiples boutons nécessitent pendant longtemps de devoir vérifier où sont la droite et la gauche avant de s’y habituer. Ce multisélecteur permet d’augmenter ou de baisser le volume en le faisant coulisser. Si l’on appuie dessus, la musique se met en pause.
Le troisième et dernier bouton correspond à la réduction de bruit. Il y a trois fonctions classiques : réduction, amplification des sons ou éteint. Cependant, elles ne sont pas configurables en intensité. En revanche, il est possible de choisir dans l’app quelles fonctions seront accessibles via ce bouton. L’annulation des bruits ambiants est plutôt très efficace. Elle nous semble être dans la moyenne haute. Elle est en tous les cas assez performante pour couper complètement la quasi-totalité des bruits autour de soi. L’autonomie est également tout à fait correcte avec 30 heures, sachant qu’en 3 minutes de charge, juste avant de partir par exemple, on gagne 3 heures d’autonomie.
L’installation du casque s’effectue à partir de l’application Sonos. Sur un iPhone, il s’ajoute également aux appareils Bluetooth, sans avoir à passer par le menu dédié. Les réglages sont circonscrits à l’essentiel. On peut renommer le casque et vérifier l’état de la batterie. La partie égalisation permet de régler graves, aigus, balance et loudness, comme sur toutes les enceintes Sonos. Les paramètres un peu plus avancés servent à activer la multiconnexion Bluetooth, à activer ou non la détection de port du casque et à la configuration wi-fi.
Car voilà l’une des spécificités de l’Ace qui le raccroche à l’univers Sonos. Pour l’instant, il vous faut obligatoirement une barre de son Arc. Les autres barres Sonos seront compatibles dans le futur. Une fois le casque associé à une Arc, il est possible de transférer le son de la barre vers le casque, juste en se trouvant dans la même pièce et en appuyant sur le bouton multisélecteur du casque. Le son est alors joué dans le casque, avec le support du son spatial et du suivi de tête. Aujourd’hui, seul Apple propose cette fonction sur ses casques, en association avec un ordinateur Mac ou un boîtier Apple TV par exemple.
A l’écoute
Pour les écoutes, nous avons connecté alternativement le Sonos Ace en Bluetooth et en filaire numérique (USB-C), avec un iPhone et un ordinateur. On remarque un léger souffle de fond, récurrent avec les casques à annulation de bruit. Il était plus élevé avec l’ordinateur qu’avec l’iPhone. Du côté du réglage de volume, on regrette que le volume le plus faible soit déjà bien trop élevé, ce qui est dommage quand on a une réduction de bruit efficace permettant d’écouter peu fort. Peut-être est-ce quelque chose qui sera corrigé via une future mise à jour.
Nous démarrons avec la musique brésilienne de Flavia Coelho sur l’album Ginga. Les percussions sont restituées avec beaucoup d’impact et une bonne descente dans les plus basses fréquences, sans trop en faire. Cela ne vient pas perturber ou recouvrir le reste du message pour laisser la voix s’exprimer en verticalité. On sent que l’électronique interne maîtrise ce qu’elle envoie aux transducteurs, dans le bon sens du terme.
L’Orchestre de Brême jouant la Symphonie No. 35 de Mozart se déploie sur une belle largeur dépassant un peu les limites latérales du casque. Il y a également de la hauteur où les instruments à vent se distinguent. Les timbres agréablement respectés procurent une écoute assez neutre et linéaire dans le médium. Les envolées dynamiques passent très bien, sans que les instruments ne se marchent dessus.
Le jazz-funk d’Alicia et Michael Olatuja donne un bon aperçu des qualités du Sonos Ace. La rythmique basse-batterie est reproduite avec force et rondeur grâce à de bonnes capacités dans le haut grave. La signature sonore n’est pas totalement neutre, mais elle a été suffisamment bien travaillée pour augmenter le plaisir d’écoute sans dénaturer la musique, quel que soit le style.
L’album Night Reign d’Arooj Aftab démontre les capacités de l’Ace à détacher les sons des oreillettes pour mieux nous plonger dans l’œuvre. Ils partent autant en hauteur que vers les côtés, un peu moins vers l’avant comme les meilleurs casques fermés Hi-Fi savent le faire. La voix est réaliste, sans voile ni coloration, même si l’extrême-aigu s’éteint un peu vite.