La marque Ferrum existe depuis à peine plus de deux ans. Méthodiquement, elle commercialise chaque produit l’un après l’autre afin d’occuper différents créneaux. Elle fait partie du groupe polonais HEM, proche de la société Mytek avec laquelle elle collabore pour certaines cartes électroniques. On reconnaîtra un petit air de famille en face arrière.

Ferrum a démarré avec Hypsos, une alimentation externe configurable. Ce boîtier permet de délivrer le voltage nécessaire à l’alimentation d’un ou plusieurs appareils. Le tout se configure via son écran en façade. Puis a suivi l’ampli casque OOR purement analogique. Les deux premiers produits ont reçu chacun un EISA Award, ce qui est plutôt pas mal pour une entreprise si jeune. Le troisième appareil de Ferrum s’appelle Erco, un ampli casque avec DAC intégré, le sujet de notre test.

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Caractéristiques
Prix : 2 395 €
DAC : 384 kHz / 32 bits, MQA, DSD256
Puissance sortie casque asymétrique : 300 mW @ 300Ω
Puissance sortie casque symétrique : 1,2 watt @ 300Ω
Bande passante : 10 – 30 000 Hz (±0.05dB)
Connectivité : 3x entrées numériques optique/coaxiale/USB-C, 1x entrée analogique RCA, 1x sortie asymérique RCA, 1x sortie symétrique XLR, 2 sorties casque 6,35 mm asymétrique / 4,44 mm symétrique
Autres : alimentation externe Hypsos en option (995 €)
Dimensions (l x h x p) : 217 x 50 x 206 mm
Poids : 1,8 kg

Présentation générale du Ferrum Erco

Le Ferrum Erco se présente sous la forme d’un boîtier de demi-largeur, c’est-à-dire la moitié des 42 cm habituels d’un appareil Hi-Fi. La présentation est sobre grâce à un boîtier noir reposant sur quatre épais pieds en caoutchouc. Ferrum a choisi comme signe distinctif d’installer une zone sur la droite de la façade qui accueille le logo de la marque rétroéclairé. La finition de cette zone fait penser à de la rouille par sa couleur et son aspect visuel.

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Le potentiomètre de volume se trouve à droite de la façade. En métal, il offre un toucher agréable et net, sans aucun jeu. Le niveau est matérialisé par une petite encoche. Il n’y a aucun écran pour l’indiquer. De plus, ce bouton est mécanique : il n’est pas prévu qu’il soit piloté par une télécommande. C’est un parti pris logique dans le cadre d’une utilisation en mode ampli casque.

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Deux petits sélecteurs rotatifs complètent les seules commandes disponibles. Celui situé au plus proche du volume a pour but d’augmenter ou de baisser le gain afin d’adapter le niveau de sortie au mieux selon le casque utilisé. A côté, le second sélecteur sert à choisir la source. En position médiane, c’est ainsi que l’on éteint l’Erco.

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Les entrées sont au nombre de quatre. Il y a tout d’abord une entrée analogique RCA afin de connecter à peu près n’importe quelle source. En l’absence de section pour platine vinyle, un préampli phono sera nécessaire. Les trois autres entrées sont numériques : optique, coaxiale et USB. Cette dernière est au format USB-C, un format actuel plus pratique et pérenne que l’USB-B.

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La conversion numérique vers analogique est confiée à une puce ESS Sabre ES9028PRO. A l’intérieur, l’unique carte électronique gère l’intégralité des fonctions ainsi que l’alimentation. La mise en œuvre est exemplaire. Du côté de l’alimentation justement, l’Erco est livré avec son bloc d’alimentation externe 24 volts tout ce qu’il y a de plus classique.

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Ferrum propose de le remplacer par l’alimentation Hypsos, dont le boîtier est esthétiquement identique à celui de l’Erco. Dans ce cas, il faut passer par un cordon verrouillable à quatre pôles (fourni). D’autres types de cordons font partie de la dotation pour alimenter des équipements d’autres fabricants. De plus, un séparateur laisse la possibilité d’alimenter deux appareils simultanément, qui doivent utiliser la même tension en entrée évidemment.

Utilisation du Ferrum Erco

Le Ferrum Erco peut fonctionner dans trois configurations bien différentes, ou faire les trois à la fois. Commençons par le plus évident, l’amplification de casques filaires. Deux sorties sont proposées en façade : une asymétrique en 6,5 mm et une symétrique en 4,4 mm. Elles sont suffisamment puissantes pour supporter à peu près tous les casques du marché. Par exemple, l’Erco peut sortir jusqu’à 6,1 watts sous 50 ohms en liaison symétrique.

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En utilisation avec un casque, on a donc le choix entre quatre sources. Soit la conversion numérique/analogique sera confiée à un autre DAC en amont, soit c’est l’Erco qui s’en occupe. Il grimpe en Hi-Res jusqu’à 384 kHz et en 32 bits, ou en DSD256. Mais l’Erco peut aussi jouer le rôle de DAC uniquement. Dans ce cadre, la sortie analogique peut être configurée en variable ou en fixe via un sélecteur en face arrière.

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Enfin, en dehors de l’utilisation avec un casque, et si l’on configure le volume en mode variable, l’Erco joue le rôle de DAC/préamplificateur. Il peut alimenter un amplificateur de puissance, ou des enceintes amplifiées, en asymétrique ou en symétrique, tout en permettant de sélectionner jusqu’à quatre sources. Si l’on maximise son usage dans un même système, l’Erco est donc à la fois un ampli casque, un DAC et un préamplificateur.

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Lorsqu’on ajoute l’alimentation externe Hypsos, c’est elle qui contrôle l’allumage et l’extinction de l’Erco. L’alimentation dispose en façade d’un potentiomètre et d’un écran couleur. Celui-ci sert à visualiser la tension sélectionnée et la puissance en cours d’utilisation. Son rôle consiste à maximiser les performances de l’Erco en lui apportant le courant le plus propre possible.

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L’écran en façade sert également à sélectionner la tension en sortie. Ferrum a intégré une importante liste d’équipements de tout un tas de fabricants. Il suffit de sélectionner son appareil pour que l’Hypsos s’autoconfigure sur la bonne tension en sortie. Il est également possible de passer en mode manuel et de régler finement le niveau que l’on souhaite. A chaque fois, un décompte permet de vérifier avant l’allumage complet la tension qui va être appliquée, ce qui laisse le temps d’éteindre en cas d’erreur.

A l’écoute

Plusieurs casques de différents types ont été tour à tour raccordés au Ferrum Erco : ouvert, fermé, dynamique, planaire. Puis nous l’avons associé à notre amplificateur de puissance SPL s800 en classe AB et à nos enceintes Dynaudio Special Forty. Les écoutes se sont déroulées en deux temps, sans puis avec l’alimentation Hypsos.

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Nous débutons avec le trio jazz d’Eric Reed et son album Black, Brown and Blue, tout en douceur. Le frotté des balais sur la caisse claire est saisissant de réalisme, on croirait les avoir devant nous. Le piano passe aussi excellemment bien, avec une reproduction de la dynamique et du toucher hyper maîtrisée. On ressent nettement l’appui sur les touches, sans l’effet fêlé des systèmes ayant du mal à reproduire correctement cet instrument. La transparence est l’une des forces principales de cet ampli casque Ferrum avec lequel tout est reproduit comme il devrait l’être. Il permet de différencier parfaitement les différents casques et de faire ressortir leurs caractéristiques.

L’écoute de l’album Voice Notes de Yazmin Lacey permet de profiter de l’ensemble des capacités du Ferrum Erco en tant que DAC, avec une exploration sans fin des micro-informations reproduisant les effets d’écho et de réverbération. Cela donne l’impression que les oreillettes du casque reculent de plusieurs dizaines de centimètres. Simultanément, le Ferrum Erco sait faire dans la précision chirurgicale, sans traînage, avec des impacts francs dans les plus basses fréquences, ce que nous avons pu vérifier avec l’album électro Remember de Weval. Sans aucune coloration, ne vous attendez pas à ce que l’Erco ajoute sa touche particulière ou joue sur le charme en développant les basses plus que de raison : il n’est pas là pour ça.

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Nous avons ensuite fait les mêmes tests en ajoutant l’alimentation externe Hypsos. Sur de la musique classique telle que la Symphonie No. 4 de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Londres, on apprécie le respect total des silences mais aussi la capacité de discernement avec une scène sonore aux contours respectés. On ressent les placements tout comme l’effet de profondeur qui se développent encore plus avec l’alimentation externe. Cette dernière magnifie la reproduction de la musique de la façon la plus naturelle qui soit, sans rien ajouter ou transformer. Son apport est palpable : sans projection exacerbée, la musique sort de la tête pour se reproduire tout autour, même avec des casques fermés. On gagne clairement en naturel, en ouverture et en respiration.

Enfin, après avoir débranché les casques, nous sommes passés au mode DAC/préampli avec une écoute sur nos enceintes. A nouveau, l’ajout de l’alimentation Hypsos a grandement amélioré le résultat. Si bien qu’une fois branchée, on ne peut plus revenir en arrière. Nous retrouvons les mêmes qualités de transparence avec l’établissement d’une belle scène sonore faisant oublier la présence des enceintes. L’Erco délivre une musicalité telle qu’on l’attend en termes de respect des timbres, de la dynamique et du placement des instruments. Cela rend encore plus facile le choix des enceintes, l’Erco laissant s’exprimer l’étendue de leur personnalité.

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Conclusion

Le Ferrum Erco, avec ou sans son alimentation Hypsos, ne triche pas et ne présente aucune signature spécifique. Il est transparent devant les casques que nous avons pu lui associer en faisant ressortir leurs caractéristiques. C’est de ce point de vue un superbe outil pour profiter d’une collection de casques différents les uns des autres. C’est aussi une garantie de respect de la musique : le Ferrum Erco la délivre de la façon la plus naturelle qui soit en se faisant tout simplement oublier. Quant à l’alimentation Hypsos, elle ajoute 50 % au prix de l’Erco mais ce n’est pas un gadget, plutôt un véritable investissement que l’on conseille. Avec ce couple diablement efficace, il n’y a plus qu’à trouver le casque de vos rêves.

Transparence totale Multiples usages Apport de l’alimentation Hypsos
Pas de télécommande