Woodstock n’était pas le premier rassemblement dédié à la musique. A l’époque, Newport était déjà un rendez-vous régulier pour les amateurs de ce nouveau rock & folk qui inondait la jeunesse américaine – et d’ailleurs. Et les festivals de Monterey (Californie) ou l’Île de Wight (Royaume-Uni) avaient enflammé les deux étés précédents. Mais Woodstock, avec son côté sauvage et la foule d’artistes mythiques qui y ont défilé, fut bien le plus marquant d’entre tous. Si bien qu’un demi-siècle plus tard, on en parle encore avec les yeux qui brillent.

L’histoire de Woodstock relève avant tout d’un pari un peu fou, celui de proposer le plus grand concert de rock du monde. Les organisateurs sont au nombre de quatre. Les deux premiers, John Roberts et Joel Roseman, ont de l’argent et cherchent un investissement dans l’air du temps. Les deux autres, Artie Kornfeld et Michael Lang, sont dans le business de la musique et aimeraient conjuguer leurs talents avec l’argent des premiers. Artie Kornfeld a écrit des chansons pour les Shirelles, Jan & Dean et Dusty Springfield. Michael Lang a déjà organisé un festival à Miami en 1968 et rêve plus grand. Le quatuor a en tête de réunir Bob Dylan, les Doors et les Rolling Stones, trois des noms les plus en vogue de la musique mondiale, sur la même affiche. Mais aucun d’entre eux ne daignera répondre favorablement.

Qu’importe, le festival de Woodstock est né. Même s’il n’aura pas lieu à Woodstock… Les habitants de la ville ayant fait pression pour que le festival ne s’installe pas chez eux, Une solution de remplacement est trouvée un mois à peine avant le week-end tant annoncé : Max Yasgur, fermier de son état, accepte de louer ses terres à Bethel, à une cinquantaine de kilomètres de là. Le nom de Woodstock passera à la postérité, mais ses terres ne seront ni foulées ni dégradées par les 500 000 barbus débarqués des quatre coins des USA. L’organisation, qui attendait trois fois moins de monde, n’a pas eu le temps de prévoir des infrastructures suffisantes. Pas de toilettes ni de buvettes, pas même de moyens de locomotion pour y accéder, et presque pas d’eau potable. Et pour ne rien arranger, il pleuvra deux jours sur trois, rendant le site boueux à souhait. Ce sera une vraie galère d’y accéder, même pour les artistes. C’est pour cette raison que Richie Havens a ouvert le bal, le groupe initialement prévu, Sweetwater, étant bloqué quelque part en chemin.

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