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Chanson française - Paru le 11 mai 2018 | Nowadays Records

Après la new wave, la dark wave, la cold wave ou encore la no wave, voici une nouvelle « vague », l'Internet wave. Ce courant encore nébuleux jouant sur les codes d’Internet – et, plus généralement, sur l’importance accrue des machines dans nos vies – a déjà au moins un adepte : Le Vasco. Comment trouver une vérité humaine, aussi minime soit-elle, au sein d’un monde où l’artificialité prend des proportions inouïes ? Telle est la question que se pose ce groupe alternatif parisien mené avec une force tranquille par Louise Calzada. Dans leur premier album, La Transe des oiseaux (2017), la chanteuse avouait en anglais que c’était en ligne qu’elle flirtait, jouissait et rêvait avec le plus de facilité. Dans Feu Tempête, c’est comme si ces humains biberonnés au virtuel s’étaient transformés en robots fatigués après une période d’exaltation intense. Comme dans une convalescence difficile (ou un Dégel), les humanoïdes de Le Vasco semblent renaître à la vie et à la nature avec peine, à l’image du dépouillement instrumental des morceaux et de l’utilisation récurrente des silences et des tempos particulièrement lents. C’est parfois à l’aide d’harmonies vocales très sophistiquées au vocodeur qu’ils avouent de plus rien entendre (Menthol), n’avoir rien à foutre de la couleur des bonbons qu’on leur offre (Quartz) et qu’ils demandent qu’on les oublie (Poudre magique). Après cette série de morceaux à la fois dépressifs, absurdes et inquiétants, le dernier morceau (Calcium) apporte l’apaisement tant attendu, au son d’un piano réconfortant et de nappes cotonneuses. Entre une douceur enivrante et l’angoisse la plus totale, les rythmes électro et un nihilisme punk plutôt cocasse, cette formation à cinq têtes aime brouiller les pistes, à l’image du monde virtuel foisonnant qui les inspire. ©Nicolas Magenham/Qobuz