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Rafal Blechacz

Dire d’un jeune pianiste polonais qu’il est un excellent interprète de Chopin semble être d’une coupable banalité, pourtant, c’est en rafflant, à l’âge de 20 ans,  les cinq prix de Concours de Chopin à Varsovie en 2005 que Rafal Blechacz s’est immédiatement fait connaître. Les Polonais ont raison d’être fiers de leur compatriote, car ce fameux concours n’avait pas été remporté par un des leurs depuis Krystian Zimerman 30 ans auparavant.


Les journalistes lui posent d’ailleurs toujours la même question récurrente de l’identité nationale dans la musique. Sa réponse est claire et invariable : « oui il est plus facile pour moi de jouer les mazurkas de Chopin parce que je connais le folklore polonais », mais il ajoute aussitôt que la musique est d’abord affaire d’intuition et de culture. Connaître l’époque autour d’un compositeur, sa biographie et son environnement l’aident à cerner l’œuvre qu’il joue. Le jeune homme n’écoute pas de musique mais lit beaucoup de livres philosophiques et prépare d’ailleurs un doctorat en philosophie de l’art. La peinture l’aide aussi beaucoup à construire son univers mental et il ne manque jamais de découvrir les musées des villes qu’il visite.


Discret, presque timide, Rafal Blechacz est attiré par les « compositeurs de la couleur », Chopin avant tout, mais aussi Debussy et la musique française. Ne voulant nullement s’enfermer dans un répertoire unique, son dernier album paru chez DG est consacré à Bach. On y admire son toucher franc et direct, la transparence des lignes et sa parfaite diction. Rafal Blechacz possède au plus haut point l’art de la narration qui rend ses interprétations si vivantes. Son approche de la musique de Bach et de Debussy l’a beaucoup aidé à interpréter Chopin, le premier pour la polyphonie, le second pour les couleurs sonores.


Depuis ses 30 ans, « l’âge qu’il faut avoir pour le jouer » dit-il malicieusement, il joue les concertos de Brahms et une partie de sa musique de chambre, mais ce sont les 5 concertos de Beethoven auxquels il accorde pour l’instant la plus grande intention dans le projet de les enregistrer avec le Deutsche Kammerorchester et Trevor Pinnock dont il apprécie à la fois la vigueur et l’articulation, ainsi que la qualité des instruments à vent de cet orchestre. Un choix conforme à son envie de jouer Beethoven de manière intime et en formation réduite plutôt qu’avec un grand orchestre symphonique moderne.


Rafal Blechacz voyage beaucoup, souvent au volant de sa voiture quand il parcourt l’Europe et goûte peu l’avion qu’il doit pourtant utiliser pour se rendre aux Etats Unis ou en Asie où il est très demandé. Ce musicien secret, on ne sait rien de sa vie privée, tente de limiter ses concerts pour pouvoir élargir son répertoire et approfondir ses interprétations. Artiste exclusif pour DG, il enregistre peu mais bien. Bach, Chopin, Szymanowski une sonate de Haydn, une de Mozart, une de Beethoven et un disque Debussy qu’on a jamais entendu avec des contours si nets, presque tranchants, mais d’une subtile légèreté. Son affinité avec la musique de Chopin est stupéfiante et quasi spirituelle. Il suffit d’écouter son intégrale des Préludes pour saisir immédiatement la portée de son art.

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