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Marilyn Horne

Incomparable et insurpassée interprète de Rossini, et en particulier de ses opéras-séria tombés dans l’oubli et qu’elle a contribué à ressusciter, la mezzo-soprano américaine Marilyn Horne a connu une ascension lente et des années de galère avant que son talent soit reconnu. Avant de devenir une cantatrice réputée dans le monde entier pour ses prouesses techniques et pour le stupéfiant ambitus de sa voix, elle enregistre des fonds sonores pour des sitcoms à la télévision, ainsi que des chansons populaires qui sont vendues dans les drugstores de tout le pays. Elle fait aussi partie de diverses chorales de Long Beach, en Californie, où elle a passé sa jeunesse. Ce qui lui permet de fréquenter les studios de cinéma en participant à l’enregistrement de musiques de film. Son premier engagement d’envergure est d’ailleurs pour le célèbre film d’Otto Preminger, Carmen Jones, en 1954. Marilyn Horne n’apparaît pas à l’écran, mais double l’actrice Dorothy Dandridge dans ce « musical » entièrement joué par des artistes afro-américains qui s’inspire de l’opéra de Bizet et dont l’histoire est transposée aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.


Elle doit sa première percée dans le monde de la musique classique à Igor Stravinsky, avec lequel elle enregistre une nouvelle version de ses 4 Chants paysans russes pour une série d’émissions consacrées à des musiques inédites. Fasciné, le compositeur l’invite dans sa villa au dessus de Sunset Boulevard où la jeune cantatrice fera rapidement partie de la famille et où elle va côtoyer Aldous Huxley, Christopher Isherwood , Nicolas Nabokov et Robert Craft qui l’invite à enregistrer de la musique ancienne et contemporaine sous sa direction, en particulier Gesualdo dont la vie tumultueuse et la musique hantent Stravinsky et Huxley à cette époque. Marilyn Horne, qui a beaucoup d’humour, adore d’ailleurs contrefaire l’accent russe de Stravinsky. C’est dans les années soixante qu’elle va commencer à émerger avant de triompher sur le plan international entre 1970, l’année de ses fracassants débuts au Metropolitan de New York (Met) comme Adalgisa dans la Norma de Bellini, et la fin des années quatre-vingt.


Grâce à sa voix noire et à son agilité exceptionnelle, Marilyn Horne a continué à maintenir l’art du chant à un très haut niveau alors que tant d’esprits chagrins déploraient son déclin. Seule ou en duo avec Joan Sutherland ou Montserrat Caballé, elle a chanté les grands rôles du Bel canto et ceux des opéras baroques de Vivaldi et de Händel. Elle conquiert l’Italie avec sa stupéfiante Rosine du Barbier de Séville de Rossini à Florence. C’est pour elle que l’on sort de l’oubli des opéras comme Tancrède, Le Siège de Corinthe ou encore cet Ermione présenté au Festival Rossini de Pesaro devant un public en délire. Elle chante beaucoup en France, Paris, Bordeaux et Aix-en-Provence dans une splendide Semiramide mise en scène par Pier Luigi Pizzi avec Samuel Ramey. Au sommet de sa carrière, elle met en valeur les personnages de Händel dans Rinaldo, Semele, Rodelinda, Serse, Partenope, Agrippina et Orlando. Sa voix est de plus en plus flamboyante et touche au sublime. Rattrapée par le temps, elle chante encore dans les années quatre-vingt-dix, notamment pour la création mondiale des Ghost of Versailles de John Corigliano au Met où elle incarne un personnage truculent. En 1998, elle entreprend une tournée d’adieu au cours de laquelle elle chante des songs américains qui firent partie intégrante de son répertoire durant toute sa carrière.


Sa vaste discographie a préservé sa voix pour les générations futures et gardé le témoignage de sa forte personnalité musicale. Depuis qu’elle a cessé de chanter, Marilyn Horne se consacre activement à l’enseignement à travers les Etats-Unis et reste (jusqu’au printemps 2018) la directrice du projet The Song Continues, des master classes se déroulant au Studio de l’Opéra Bastille et au Carnegie Hall, fruit d’une étroite collaboration entre des fondations privées de Paris et de New York. Elle a publié ses mémoires, My Life, en 1983.


© FH – décembre 2017 /Qobuz

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