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Erich Wolfgang Korngold

Erich Korngold traîne derrière lui, si l’on ose dire, deux boulets : celui de l’enfant prodige

(qu’il fut) et celui de « compositeur de musique de films pour Hollywood » (qu’il fut

également). Mais ce ne sont pas des boulets…

Qu’y pouvait-il si Mahler, Strauss et

Zemlinsky portèrent le jeune compositeur de onze ans aux nues pour son ballet Der

Schneemann de 1909 ? Qu’y pouvait-il si, une fois installé aux Etats-Unis en 1934, ses

partitions cinématographiques pour Robin des Bois, L’Aigle des mers ou Jalousie servirent

de socle, de base absolue, pour toute la musique de film symphonique dès les années 40 ?



Qui plus est, il serait bien dommage de cantonner ce compositeur flamboyant, débordant

d’imagination, à ces deux groupes d’œuvres alors qu’on lui doit, par exemple, l’extraordinaire

opéra Die Tote Stadt de 1920, l’une des plus stupéfiantes réussites de l’Entre-deux-guerres

lyrique, un ouvrage pour laquelle les diverses maisons d’opéra allemandes firent des pieds et

des mains pour décrocher le droit de présenter la création mondiale – rappelons que Korngold

n’avait alors que 23 ans, ce n’était donc plus un « enfant prodige » mais tout simplement un

excellent jeune compositeur.

Et pourtant, quel que fut son succès jusqu’à la Seconde guerre mondiale, on en vint

rapidement à le considérer comme un postromantique attardé dans son monde suranné – il

osait encore, en 1945, écrire un concerto pour violon débordant de phrases somptueuses,

dans une orchestration intensément brillante, fin-de-siècle américano-viennoise, que l’époque

semblait dorénavant vouer aux gémonies… pauvre Korngold ! Bien qu’il eût arrêté d’écrire

des partitions originales pour le cinéma dès 1946, le monde musical « sérieux » ne lui

pardonna ni son succès, ni ses incursions dans ce monde trouble de Hollywood, et la dernière

décennie de sa vie ne lui réserva rien de bien glorieux. Dès sa mort en 1957, sa musique

tomba dans l’oubli – pire : le dédain, le mépris ! – le plus total, pour n’être enfin exhumée que

vers les années 1990, à une époque où l’avant-garde des années 60-80 avait enfin lâché son

infernale emprise sur le libre arbitre des mélomanes. On s’aperçut enfin que Korngold avait

écrit une bien belle musique, peu importe qu’elle fût surannée à un moment de l’Histoire –

l’Histoire qui aura fini par décider que, décidément, c’est là de la bien somptueuse musique

qu’il serait vraiment dommage de laisser de côté.
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