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Chanson française - Paru le 2 mars 2018 | Initial Artist Services

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Outre la référence à un groupe qui jouait lui-même avec les codes du genre, le titre du premier album d’Eddy de Pretto peut recouvrir d'autres significations. La musique est-elle pour lui une manière de se désintoxiquer des excès qu’il évoque dans certaines chansons (Fête de trop) ? Ou bien la cure est-elle celle qu’il souhaite pour une société malade d’homophobie et autres violences envers ceux et celles qui refusent de rentrer dans le moule ? Ou bien est-ce tout simplement la sonorité cassante du mot qui a attiré l’auteur-compositeur-interprète ? Car Cure est un album dur. Eddy de Pretto est l’auteur (ou coauteur) des paroles, lesquelles sont parfois d’une évidence déconcertante, comme dans ces passages de Kid où il prend la voix d’un père homophobe : « Tu seras viril mon kid, je ne veux voir aucune once féminine. » La dénonciation a le mérite d'être claire, à défaut d’être subtile. Même langage cash lorsqu’il évoque son penchant pour certaines pratiques sexuelles, en particulier « la feuille de rose » : « J’ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses/Dans de tout petits angles où l’on voit qu’les muqueuses ». Dans d’autres cas, les images sont plus poétiques et malignes, comme dans Jimmy, chant d’amour à la Jean Genet en hommage à son dealer. On l’aura compris, Eddy de Pretto parle sans ambages de son homosexualité dans son art. Mais c’est finalement moins l’évocation de son orientation sexuelle que la déconstruction radicale des codes sociaux masculins/féminins qui est la plus intéressante à observer dans ses chansons, en particulier dans celles qui évoquent les injonctions à se construire tel ou tel corps suivant le genre auquel on appartient (Genre). Il revendique clairement une « normalité » (Normal), qui s’exprime chez lui par une neutralité de genre. Et il faut admettre que ce discours est assez novateur dans la pop. Entre les maquillages bariolés de Boy George et le smoking de Marlene Dietrich, il existe donc une troisième voie à explorer, une autre manière de brouiller les pistes. La neutralité de genre est encore un vaste chantier, et qu’on aime ou non son style, Eddy de Pretto a au moins le courage d’essuyer les plâtres. Le petit paradoxe qui fait le piment de son personnage, c’est qu’il crie haut et fort sa colère avec une voix puissante (oserons-nous le terme « masculine » ?) à l’articulation parfaite, un timbre décoiffant qui fait de lui une sorte de « Claude Nougaro de Créteil » (l’accent en moins, donc). Autre petite provocation : musicalement, il se tourne vers des rythmiques d'une musique – le rap – connue pour cultiver parfois le terreau de la binarité des genres. Mais il est aussi visiblement très attiré par la chanson française, dans tout ce qu’elle a de plus classique (certains le comparent même à Jacques Brel). En résumé, en mettant un coup de pied dans la fourmilière d’une pop française souvent frileuse à l’idée de jouer avec les genres (musicaux ou sexuels), Eddy de Pretto s’est construit un personnage impossible à cerner avec précision. Et c’est pour cela qu’il est intéressant. © Nicolas Magenham/Qobuz
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Chanson française - Paru le 2 mars 2018 | Universal Music

Outre la référence à un groupe qui jouait lui-même avec les codes du genre, le titre du premier album d’Eddy de Pretto peut recouvrir d'autres significations. La musique est-elle pour lui une manière de se désintoxiquer des excès qu’il évoque dans certaines chansons (Fête de trop) ? Ou bien la cure est-elle celle qu’il souhaite pour une société malade d’homophobie et autres violences envers ceux et celles qui refusent de rentrer dans le moule ? Ou bien est-ce tout simplement la sonorité cassante du mot qui a attiré l’auteur-compositeur-interprète ? Car Cure est un album dur. Eddy de Pretto est l’auteur (ou coauteur) des paroles, lesquelles sont parfois d’une évidence déconcertante, comme dans ces passages de Kid où il prend la voix d’un père homophobe : « Tu seras viril mon kid, je ne veux voir aucune once féminine. » La dénonciation a le mérite d'être claire, à défaut d’être subtile. Même langage cash lorsqu’il évoque son penchant pour certaines pratiques sexuelles, en particulier « la feuille de rose » : « J’ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses/Dans de tout petits angles où l’on voit qu’les muqueuses ». Dans d’autres cas, les images sont plus poétiques et malignes, comme dans Jimmy, chant d’amour à la Jean Genet en hommage à son dealer. On l’aura compris, Eddy de Pretto parle sans ambages de son homosexualité dans son art. Mais c’est finalement moins l’évocation de son orientation sexuelle que la déconstruction radicale des codes sociaux masculins/féminins qui est la plus intéressante à observer dans ses chansons, en particulier dans celles qui évoquent les injonctions à se construire tel ou tel corps suivant le genre auquel on appartient (Genre). Il revendique clairement une « normalité » (Normal), qui s’exprime chez lui par une neutralité de genre. Et il faut admettre que ce discours est assez novateur dans la pop. Entre les maquillages bariolés de Boy George et le smoking de Marlene Dietrich, il existe donc une troisième voie à explorer, une autre manière de brouiller les pistes. La neutralité de genre est encore un vaste chantier, et qu’on aime ou non son style, Eddy de Pretto a au moins le courage d’essuyer les plâtres. Le petit paradoxe qui fait le piment de son personnage, c’est qu’il crie haut et fort sa colère avec une voix puissante (oserons-nous le terme « masculine » ?) à l’articulation parfaite, un timbre décoiffant qui fait de lui une sorte de « Claude Nougaro de Créteil » (l’accent en moins, donc). Autre petite provocation : musicalement, il se tourne vers des rythmiques d'une musique – le rap – connue pour cultiver parfois le terreau de la binarité des genres. Mais il est aussi visiblement très attiré par la chanson française, dans tout ce qu’elle a de plus classique (certains le comparent même à Jacques Brel). En résumé, en mettant un coup de pied dans la fourmilière d’une pop française souvent frileuse à l’idée de jouer avec les genres (musicaux ou sexuels), Eddy de Pretto s’est construit un personnage impossible à cerner avec précision. Et c’est pour cela qu’il est intéressant. © Nicolas Magenham/Qobuz
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L'interprète

Eddy de Pretto dans le magazine
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    Eddy sois bon Avec son premier album, Eddy de Pretto secoue la chanson française...