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Le titre du premier album d’Aloïse Sauvage est bien choisi car la jeune femme de 27 ans (nommée aux Victoires de la musique 2020, catégorie Révélation Scène) dévore et finit par désarmer littéralement l’auditeur, de par son mélange de franc-parler et de candeur. Avec une interprétation (ou flow) qui flirte à la fois avec le hip-hop et la chanson française, Aloïse Sauvage se situe dans la lignée d’Orelsan et Eddy de Pretto, avec un soupçon d’Angèle. Telle une artiste peintre de la confusion des genres, elle chante avant tout la liberté d’aimer qui l’on veut. Rappelons qu’Aloïse Sauvage est une militante LGBT qui, par ailleurs, tenait un petit rôle dans le film 120 Battements par minute. Son engagement politique est abordé dans Mega Down, sur un rythme évoquant lointainement Englishman in New York de Sting : « Quel étrange besoin de prendre le mégaphone pour exposer au monde ce qui me rend méga-down », avoue-t-elle avec un brin d’humour. Comme ce dernier titre le prouve, Aloïse Sauvage est également une adepte de l’autoportrait. Dans Feux verts, elle décrit sa personnalité excessive, et dans À l’horizontale, elle n’hésite pas à clamer sa prédilection pour l’acte charnel. Mais ce qui surprend chez elle, c’est que la tornade Sauvage est clairsemée de touches pleines de candeur, voire de fragilité, en opposition totale avec son image de chanteuse directe et décidée. Dans Toute la vie, au son de synthés arpégés et d’harmonies mélancoliques, elle se demande si « on s’aimera encore toute la vie, même quand on ne s’aimera plus ». Et dans Si on s’aime, la candeur se transforme en naïveté, laquelle peut toucher ou laisser dubitatif, selon les cas : « Si on s’aime, notre vie va être belle ». On passera également sur la facilité de certains jeux de mots (« Tumeur on veut que tu meures »). Mais la chanteuse se rattrape au dernier moment avec Dévorantes, qui conclut l’album. De par son lyrisme et l’utilisation d’une anaphore faisant l’effet d’un coup de marteau (« J’ai envie »), Aloïse Sauvage retrouve sa hargne et son appétit de la vie. ©Nicolas Magenham/Qobuz
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Le titre du premier album d’Aloïse Sauvage est bien choisi car la jeune femme de 27 ans (nommée aux Victoires de la musique 2020, catégorie Révélation Scène) dévore et finit par désarmer littéralement l’auditeur, de par son mélange de franc-parler et de candeur. Avec une interprétation (ou flow) qui flirte à la fois avec le hip-hop et la chanson française, Aloïse Sauvage se situe dans la lignée d’Orelsan et Eddy de Pretto, avec un soupçon d’Angèle. Telle une artiste peintre de la confusion des genres, elle chante avant tout la liberté d’aimer qui l’on veut. Rappelons qu’Aloïse Sauvage est une militante LGBT qui, par ailleurs, tenait un petit rôle dans le film 120 Battements par minute. Son engagement politique est abordé dans Mega Down, sur un rythme évoquant lointainement Englishman in New York de Sting : « Quel étrange besoin de prendre le mégaphone pour exposer au monde ce qui me rend méga-down », avoue-t-elle avec un brin d’humour. Comme ce dernier titre le prouve, Aloïse Sauvage est également une adepte de l’autoportrait. Dans Feux verts, elle décrit sa personnalité excessive, et dans À l’horizontale, elle n’hésite pas à clamer sa prédilection pour l’acte charnel. Mais ce qui surprend chez elle, c’est que la tornade Sauvage est clairsemée de touches pleines de candeur, voire de fragilité, en opposition totale avec son image de chanteuse directe et décidée. Dans Toute la vie, au son de synthés arpégés et d’harmonies mélancoliques, elle se demande si « on s’aimera encore toute la vie, même quand on ne s’aimera plus ». Et dans Si on s’aime, la candeur se transforme en naïveté, laquelle peut toucher ou laisser dubitatif, selon les cas : « Si on s’aime, notre vie va être belle ». On passera également sur la facilité de certains jeux de mots (« Tumeur on veut que tu meures »). Mais la chanteuse se rattrape au dernier moment avec Dévorantes, qui conclut l’album. De par son lyrisme et l’utilisation d’une anaphore faisant l’effet d’un coup de marteau (« J’ai envie »), Aloïse Sauvage retrouve sa hargne et son appétit de la vie. © Nicolas Magenham/Qobuz
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L'interprète

Aloïse Sauvage dans le magazine