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Banc d'essai : Naim Unitiqute, amplificateur avec lecteur réseau et DAC intégrés

Par Philippe Daussin |

Chaque époque de la Hi-Fi a ses appareils "tout en un", c'est-à-dire regroupant dans un même boîtier une source principale, parfois un tuner en source secondaire, des entrées auxiliaires, et un amplificateur. Ce furent d'abord le disque noir, puis la mini cassette, et enfin le CD qui jouèrent le rôle de source principale et la mutation semble être entamée pour que ce dernier cède la place aux fichiers audio dématérialisés avec comme coeur du système un lecteur réseau et plusieurs entrées numériques, tel que le propose ce Naim Unitiqute.

Parmi les nombreuses séries d'appareils Hi-Fi proposées aux amateurs par le fabricant britannique Naim et qui couvrent tous les éléments, depuis le lecteur de CD ou la platine vinyle jusqu'aux enceintes, en passant par les lecteurs réseau et les accessoires, la série Uniti se démarque par le format compact de trois de ses éléments rompant pour le moins avec le design des autres électroniques du constructeur.

Et si, depuis plus de trente cinq ans, le maître mot de Naim n'est pas de s'appuyer sur "d'obscures paramètres techniques" mais "sur l'expérience de posséder, d'utiliser et de profiter" (des ses appareils), reste que la musique ne se fera pas seule et qu'il faut bien mettre en oeuvre de la technique à un moment ou à un autre pour faire vibrer les molécules d'air de la salle d'écoute et restituer cette musique qui peut être stockée sous forme de fichier numérique et que le modèle Unitiqute se fera un devoir de lire en réseau ou de restituer via l'une de ses cinq entrées numériques !

Partons à la découverte de cet appareil pour lequel nous avons ressenti un certain attachement.

Présentation et fabrication

Le Naim Unitiqute fait partie de ces "petits" appareils Hi-Fi mis à la mode par nos amis britanniques il y a de cela quelques décennies et qui cachent leur talent derrière des présentations discrètes.

D'une finition agréable gris anthracite sablé, la façade de l'Unitiqute reçoit une prise Jack 3,5mm pour brancher en analogique ou en numérique (par prise Jack optique) une source externe amovible tel qu'un baladeur et une prise casque au même standard dans la partie inférieure gauche.

Un afficheur multiligne d'une bonne lisibilité prend place dans une fenêtre en retrait au milieu de la partie supérieure de la façade. Il permet la navigation à partir de la télécommande et donne toutes les informations utiles à l'utilisateur. Enfin une prise USB pour une clef ou un disque dur externe a élu domicile en bas à droite de cette façade.

Peu large, le Naim Unitiqute se voit donc compenser par la profondeur importante de son boîtier (30 cm). La face arrière, le fond interne et la contre-façade sont réalisés par pliage en U d'une épaisse plaque d'aluminium et un capot réalisé en profilé d'aluminium rectangulaire monobloc de 3 mm d'épaisseur vient chausser l'ensemble avec lequel il est solidarisé par cinq vis d'assez fort diamètre.

Ce boîtier présente une excellente rigidité et permet d'évacuer efficacement les calories dégagées par l'électronique (les transistors de puissance ainsi que divers autres éléments nécessitant d'être refroidis sont vissés à même le fond interne).

La connectique

Essentiellement axé sur les sources numériques qu'il peut lire en continu sur un ordinateur en réseau, par liaison filaire grâce a son connecteur Ethernet RJ45, ou en Wi-Fi, le Naim Unitiqute dispose également de quatre entrées numériques S/PDIF (deux coaxiales et deux optiques) tandis qu'il ne propose qu'une entrée analogique sur prises Cinch (deux si l'on compte l'entrée Jack en façade).

On trouve cependant une sortie préampli pour les amateurs qui souhaiteraient disposer de plus de puissance en raccordant un bloc d'amplification externe, une prise antenne à vis pour le tuner intégré et un connecteur RS232 pour la mise à jour du logiciel ou la maintenance.

On remarque également la présence d'une sortie numérique qui reflète la source numérique sélectionnée mais qui utilise une prise au standard professionnel BNC (un adaptateur BNC-Cinch est livré), tandis qu'un petit interrupteur à glissière permet de déconnecter la masse électrique de la masse châssis au cas où se produiraient des ronflements dûs à des boucles de masse avec un autre appareil connecté.

Les prises pour les haut-parleurs, de type banane femelle 4mm, sont montées en affleurement comme sur certains appareils de mesure. Il faudra veiller à utiliser des fiches mâles bien isolées et qui ne risquent pas de provoquer de court-circuit, entre elles, ou avec le châssis de l'appareil. Pour utiliser des fils dénudés, Naim fournit deux petit boîtiers adaptateurs en plastique.

La prise secteur est munie d'un compartiment porte fusible et un interrupteur secteur permet de couper totalement l'alimentation de l'appareil tandis que son arrêt automatique après une période d'inactivité est programmable depuis le menu.

L'intérieur

Comme souvent avec des boîtiers de ce type, l'espace intérieur du Naim Unitiqute est bien occupé. Le circuit principal y occupe une grande partie de la surface et une découpe semi circulaire laisse la place pour le très respectable transformateur toroïdal (200 VA) de l'alimentation.

On remarque que Naim n'a pas lésiné sur les condensateurs de filtrage puisque ceux-ci ont pour valeurs 2 x 10.000 μF/40V (amplificateurs de puissance), 2 x 10.000 μF/20V (partie analogique et conversion), et 47.000 μF/16V pour le filtrage du 5V destinés aux circuits numériques et de gestion !

Globalement une belle réalisation, sérieusement conçue et dont les éléments n'ont pas été dimensionnés à l'économie !

Conversion de taux d'échantillonnage et conversion numérique analogique

La partie conversion numérique analogique se trouve sous la carte réseau Wi-Fi.

Les entrées coaxiales S/PDIF sont isolées par des transformateurs adaptateurs et leur commutation est assurée par un circuit multiplexeur 74AC25.

Le Naim Unitiqute utilise un convertisseur de taux d'échantillonnage (Sample Rate Converter en anglais) Burr-Brown SRC4392.

Cependant, il semblerait que son action ne concerne que les signaux numériques sortant qui peuvent être gardés dans la forme native des signaux entrants ou convertis en 24 bit à 96 kHz, le constructeur ne communiquant pas plus sur ce point.

Les avantages de cette technique sont de procurer un taux de jitter extrêmement faible et un excellent rapport signal sur bruit. Les inconvénients peuvent être une légère coloration du signal auquel l'amateur sera plus ou moins réceptif selon les styles musicaux écoutés.

Le convertisseur numérique analogique, quant à lui, provient de chez Wolfson. Il s'agit du WM8728, assurant la conversion des signaux numériques jusqu'à 24 bit à 192 kHz.

Le filtrage des signaux après conversion est confié à des amplificateurs opérationnels Burr-Brown OPA2604 offrant d'excellentes performances.

L'amplification

Malgré un espace interne somme toute assez compté, le Naim Unitiqute embarque des amplificateurs "maison" réalisés à partir de composants discrets (transistors, résistances, etc, par opposition aux circuits "intégrés").

Les transistors de puissance (repérés par les flèches vertes et d'origine Sanken dont on peut apercevoir le logo) sont vissés à même le fond interne du boîtier qui leur sert de refroidisseur, tandis que d'autres transistors à montage en surface (étages "drivers" probablement) sont coiffés de petits refroidisseurs (flèches rouges).

Utilisation et écoute

Certes, l'afficheur monochrome vert du Naim Unitiqute (qui n'affiche même pas les pochettes !) pourra sembler dépassé à certains amateurs, il s'agit cependant d'un type OLED, une technologie d'application assez récente dans le domaine grand public. Toujours est-il que celui-ci est bien lisible même d'assez loin et suffisamment pratique pour se servir de l'appareil sans problème, et, de plus, il est possible de télécharger un logiciel gratuit permettant de piloter l'Unitiqute depuis un iPad avec visualisation des pochettes.

Cependant, n'égarez pas la télécommande, car sans elle point de salut puisque l'Unitiqute ne dispose d'aucune commande en façade (si ce n'est le Mute en appuyant sur le logo)!

Au niveau des résultats sonores, le Naim Unitiqute tire fort bien son épingle du jeu. Mis à part, nous semble-t-il, une très légère discrétion dans le registre extrême grave (que l'on peut compenser en activant l'option "boost" dans le menu "enceinte") et la puissance assez modeste, la restitution sonore délivrée par cet appareil est très bonne, peut-être pas d'une fidélité extrême comme certains (dont je suis) aiment, mais assurément c'est très agréable à écouter.

Le message sonore est empreint d'une certaine rondeur et de chaleur, les musiques telles que Stay On These Roads de a-ah ou le magnifique Man In The Iron Mask de Paul Young n'en apportent que plus d'émotion.

Le classique s'en sort plutôt pas mal aussi, la Scène au bord du ruisseau de la Symphonie Pastorale de Beethoven dirigée par Bruno Weil à la tête de l'ensemble Tafelmusik est chantante à souhait et les timbres des instruments anciens n'ont rien perdu de leur caractère qui sont autant adorés par certains mélomanes qu’abhorrés par d'autres.

A l'écoute au casque du second mouvement du Concerto pour violon de Brahms par Julia Fisher stocké en qualité Studio Masters (24 bit à 96 kHz) sur une clef USB et lu depuis l'entrée USB en façade, on retrouve le même caractère chaleureux qu'en écoute sur enceinte et cet adagio au chant si ample semble encore plus radieux.

En conclusion, le Naim Unitiqute est un excellent appareil "tout en un" offrant une restitution sonore chaleureuse et ample, même si sa puissance reste modeste. Conçu et construit avec un grand sérieux il est totalement dans l'air du temps avec ses nombreuses entrées numériques faisant presque un sans faute. Un appareil chaudement recommandable !



Spécifications
Manuel d'utilisation (français)
Site Naim
Contact (l'Audiodistribution, importateur)

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