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Retour sur l'amplificateur full digital FX-Audio D802

Par Philippe Daussin |

Le banc d'essai de cet amplificateur ayant suscité un certain nombre de commentaires et de questions, nous avons décidé de leur consacrer cet article des Cinglés de la Hi-Fi.

Pour commencer, les lecteurs qui le désirent peuvent accéder au banc d'essai de cet amplificateur FX-Audio D802 en cliquant sur ce lien.

Rappelons donc les divers commentaires et questions consécutifs à ce banc d'essai et auxquels nous allons donner suite (mais pas forcément dans l'ordre !).

***

- Je tire mon chapeau à Qobuz pour avoir testé ce produit sans aucun préjugé !
Bravo


- Merci de cet essai sans préjugés.
Vous êtes presque en retrait sur les échanges des forums et des blogs ou cet ampli est à juste titre à mon humble avis, donné comme étant un giant killer.
Pour l'instant, soit janvier 2016, il n'y a pas d'autre ampli sur le marché qui en délivre autant pour ce prix dérisoire. Un rapport qualité/prix exceptionnel, tout simplement, parce que la restitution proposée par cet ampli est exceptionnelle.


- Merci pour le test, mais quid de l'entrée analogique sur la version qui en comporte ? Serait-il possible d'avoir, un jour, un retour sur cela ?


- Joli test, il est malgré tout incroyable que vous n'ayez pas testé avec l'option Tone activée, seule option permettant d'avoir un équivalent au" direct source", la courbe flat n'étant absolument pas "plate"...


- Effectivement incroyable de ne pas avoir testé l'appareil en mode 'Pure Direct' (Tone activé) ... L'écoute s'est donc effectuée en mode restitution dégradée. Pourquoi ne pas faire les bancs d'essai avec du MP3 tant qu'on y est ?


- Je n'y vois pas fait allusion à la fonction bypass de l'appareil, qui permet d'éviter une baisse non qualitative systématique du volume sonore en numérique en entrée d'ampli. Cela laisserait à supposer qu'il a toujours été utilisé en mode "flat", qui est un mode sans égalisation, mais avec perte en dynamique et micro dynamique face au mode bypass qui remet l'entrée numérique au niveau d'origine de la piste avec un gain notable, le controle de volume général de l'ampli étant bien meilleur que cette atténuation interne de la puce pour les modes "équalisés", flat inclus.
C'est le bouton "mode" qui permet de bypasser ou non la partie égalisation.


- Comme déjà dit c'est dommage de ne pas avoir activé la touche Tone (équivalent au mode pure direct). Cet ampli est une véritable bombe de musicalité pour un prix modique


- Je ne sais pas si vous avez consulté de DATASHEET mais avec 10% de THD, on ne peut pas dire que cet ampli se classe dans la gamme HI-FI ! Vu le prix de cet appareil, on ne peut pas tout demander non plus. Comme dit l'adage, on en a pour notre argent....


- En réponse à thetotof63000, en regardant de manière plus objective les courbes de THD (Distorsion Harmonique Totale) de la Datasheet, on voit qu'elle est très faible sur une très large plage de puissance et se met à diverger très rapidement en s'approchant de sa puissance max. Comme tout ampli, il suffit donc de le solliciter sur sa plage d'utilisation optimale pour disposer d'un produit totalement digne d'être classé dans les produits hifi.
Bravo Qobuz pour ce test qui permet d'élargir le champ des possibles pour se monter une vraie configuration hifi de haute volée. Dommage, effectivement, de ne pas l'avoir testé avec le mode Tone activé...


- Par rapport au SMSL Q5 Pro que vous avez testé, comment le positionneriez-vous qualitativement ?
Sur le plan technique, le STM est un peu plus puissant, mais le SMSL a l'avantage de disposer d'une sortie SubWoofer et d'un format laissant plus de place à l'arrière pour le branchement des enceintes... mais d'un rapport S/N anormalement bas (81dB) : je soupçonne une erreur de spécification.


- Votre article au demeurant très intéressant ne nous indique pas vraiment à quel niveau se situe cet appareil ou son homologue SMSL Q5. L'appareil est il juste bon pour son prix ou permet-il d'atteindre des qualités de restitution proches d'appareils bien plus chers (ampli + dac pour 1000 €, 2000 € ou plus). En effet les forums semblent encore plus enthousiastes, certains vendant même leur matériel hifi haut de gamme pour les remplacer par ces solutions. Personnellement j'ai fait le choix du SMSL Q5 pro car trouvé à 60 € d'occasion et j'attends mes futurs enceintes pour tester !


- Intéressé par un prochain retour d'expérience sur le SMSL Q5...et sur son niveau de bruit.


- Le premier défaut de cet ampli est son prix, le second sa taille qui ne font pas sérieux.
A part cela, difficile de faire mieux entre 5 à 10 fois son prix.

Cela a déjà été dit, mais le mode Tone améliore grandement la restitution sonore.
A quand un test du IAm V200 ?


- J'ai lu avec grand intérêt votre test de l'ampli full digital FX-Audio D802. J'aimerais me lancer dans cette technologie qui me parait être l'avenir de la hifi en matière d'ampli.
Vous aviez déjà fait un test du SMSL Q5. J'hésite entre ces deux modèles. J'écoute principalement le soir à faible volume, pour ce besoin j'ai cru comprendre que le Q5 était plus adapté à une écoute à faible volume. En terme de qualité audio quel est pour vous le meilleur ?
L'écoute est sur une enceinte biblio de type Q acoustics ou Boston a25.
Merci pour vos conseils.
(par courriel)

***

Bonjour à tous et merci pour vos commentaires, retours d'expériences, questions...

L’amplificateur FX-Audio D802 n’est pas le premier modèle full digital que nous testons, le S.M.S.L Q5 ainsi que le NuForce STA-100 avaient déjà fait l’objet de bancs d’essai, et comme cela a été écrit dans les commentaires, nous avons réalisé ces tests sans préjugé, pour preuve le NuForce STA-100 a été récompensé par un Qobuzissime.

Nous avions d’ailleurs également consacré un article de la rubrique Les Cinglés de la Hi-Fi aux amplificateurs full digital il y a tout juste quelques mois, consultable en suivant ce lien.

Quelques mots sur les préjugés qui ne nous semblent absolument pas compatibles avec la réalisation de bancs d’essai (et avec bien d’autres choses d’ailleurs) car seuls les faits comptent en permettant d’exprimer des constations. Il faut en quelque sorte adopter ni plus ni moins une démarche scientifique, ou pour le moins objective.

C’est d’ailleurs aussi pour cela que nos bancs d’essai comportent un descriptif technique aussi précis que possible, car, non seulement l'aspect technique permet de se rendre compte objectivement de la qualité de réalisation mais il explique aussi en grande partie les qualités sonores d'un appareil bien que celles-ci ne puissent in fine être appréciées que par notre système auditif, mais il devient assez vite relativement facile de faire le lien entre la technique et la qualité sonore.

Tout cela n’empêche pas, bien entendu, d’avoir ses goûts propres et c’est pour cela que nous considérons qu’il n’est pas nécessaire que la partie écoute d’un banc d’essai fasse des kilomètres, mais en revanche il nous paraît indispensable qu’elle cerne la personnalité sonore d’un appareil et l’exprime clairement, que l’on apprécie beaucoup celle-ci, modérément ou très peu (l’exercice étant cependant assez délicat dans ce dernier cas et heureusement cela arrive très rarement et l’appareil en question se voit alors recalé ), l’essentiel pour nous étant que les lecteurs sachent si la restitution sonore pourrait leur convenir ou non, l'idéal restant malgré tout pour ceux qui envisageraient une acquisition, et même si cela n'est pas toujours facile, de pouvoir faire une écoute préalable par eux-mêmes.

Pour en revenir au sujet qui nous occupe, les amplificateurs full digital, nous n’avons jamais caché que ce qui nous gênait avec l’amplification dite numérique ou digital, appelée ainsi à cause de son nom de Classe D, mais qui est en fait de l’amplification à découpage, c’est que celle-ci opère de manière assez brutale (comme les alimentations du même nom) et que les cellules de filtrage indispensables pour transformer les signaux de l’amplificateur à découpage en signaux analogiques ne nettoient pas parfaitement ceux-ci des résidus haute fréquence inhérents à ce type d’amplification, ceci n'étant pas sans rapport avec les chiffres obtenus lors des mesures de distorsion et de rapport signal sur bruit qui peuvent parfois surprendre.

Pour illustrer nos propos, on peut découvrir sur la vue ci-dessous un signal sinusoïdal issu d’un amplificateur à découpage, après passage par la cellule de filtrage, et donc tel qu’il va parvenir à l’enceinte acoustique.


Ci-après, le schéma de l’amplificateur à découpage correspondant qui utilise une puce International Rectifier IR S2092 travaillant non pas à partir du bus audio numérique I2S mais avec les signaux analogiques, mais cela ne change rien quant à l’étage de découpage final.


Ces deux illustrations proviennent du site http://www.bee-tech.info/design-kit/class-d-audio-amplifier/.

Force est de constater que l’on est aux antipodes du mal que se donnent les constructeurs de DAC afin que les signaux analogiques sortant de leurs appareils soient propres comme un sou neuf et offrent les résultats chiffrés les plus flatteurs qui soient, quitte à recourir pour cela à des artifices numériques parfois discutables.

Mais la question d’avoir un signal analogique intermédiaire aussi propre que possible ne se pose pas avec les amplificateurs full digital et il faut donc considérer ceux-ci tels qu’ils sont. Aussi ceci nous amènerait-il presque à considérer comme illégitime la présence dans cette catégorie de modèles dotés également d’entrées analogiques, comme le FX-Audio D802C, dont le récepteur Bluetooth aptX doit être classé comme entrée analogique car celui-ci, à notre connaissance, et quel que soit son fabricant, délivre des signaux analogiques, le décodage aptX étant réalisé au sein de la puce CSR (Cambridge Silicon Radio, l’inventeur du codage aptX) dont est équipé ce récepteur.

On ne se trouve donc plus (on pouvait s’en douter !) en fonctionnement full digital avec ces entrées analogiques puisque celles-ci doivent être converties en signaux audio numérique par une puce de type ADC (Analog to Digital Converter) pour pouvoir être exploitées par le circuit intégré d’amplification à découpage.

On peut donc espérer, si la puce utilisée pour cette opération de conversion est de qualité et utilise un échantillonnage élevé (24 bits à 192 kHz étant le maximum que nous connaissions), que celle-ci préserve totalement ou en grande partie la qualité originelle des signaux analogiques comme cela pourrait se faire avec l’utilisation d’un amplificateur tout analogique faisant preuve d’une grande neutralité.

Pour en venir aux qualités sonores de l’amplificateur FX-Audio D802, certains des commentateurs, comme nous, ont pu constater leur niveau très élevé. Quant à les positionner par rapport à d’autres amplificateurs, cela demanderait idéalement de pouvoir se livrer à des écoutes comparatives, mais il est clair que la restitution peut sans crainte être comparée à celle d’un très bon amplificateur analogique, avec en plus une pêche, une définition et une maîtrise dans le grave hors de portée d’amplificateurs analogiques de prix équivalent.

Et si nous devions donner un positionnement de la qualité sonore du FX-Audio D802 par rapport à celle de son homologue S.M.S.L Q5, il nous paraîtrait là encore nécessaire de recourir à une écoute comparative.

Cependant, pour tenter de répondre à la dernière question en fonction des éléments qui y sont précisés (écoutes à faible volume avec des enceintes compactes), nous pensons que le FX-Audio D802 serait plus adapté du fait des possibilités de réglages qu’il permet, en particulier les égalisations pré programmées pouvant améliorer les résultats sonores procurés par des enceintes compactes, et plus encore les deux modes loudness qui se révéleraient certainement très utiles lors d’écoutes à faible volume, le loudness étant conçu à la base pour cela.

Cela nous conduit à évoquer le mode Tone qui est au cœur d’un certain nombre de commentaires, car il semblerait que l’on nous fasse des reproches qui n’ont pas lieu d’être.

En effet, nous avons bien réalisé nos écoutes en restant dans ce mode avec bass et treble à 0dB (donc sans correction), et si nous avons signalé que nous avions pris soin de sélectionner l’égalisation pré programmée Flat c’est par sécurité parce que nous n’avons pas trouvé d’informations dans la notice d’utilisation, ni ailleurs, permettant de s’affranchir de toute correction, et que, d'autre part, le datasheet de la puce d'amplification STA326, qui montre bien que sur le trajet du signal se trouve le bloc comprenant entre autres l’égalisation, ne semble pas indiquer une fonctionnalité permettant de contourner, si l’on peut dire, l’égalisation, à la manière d’un mode Pure audio en analogique.


Ceci n'a d'ailleurs pas vraiment de sens dans le cas d'un traitement numérique, sachant que celui-ci est appliqué ou pas (donc, en choisissant Flat, le risque pris en cas de traitement non désactivable serait d'obtenir une courbe d'égalisation plate, ce qui signifie en pratique qu'aucune fréquence ne subirait de modification).

En analogique, il en va autrement, puisque tout traitement du signal implique obligatoirement de faire intervenir des composants, la plupart du temps en combinant composants actifs et composants passifs, qui seront traversés par le signal, même lorsqu'on choisira une action nulle de la part de ceux-ci (cas du réglage des graves et des aigus par exemple). Le fait de traverser des composants pouvant affecter la qualité sonore, il sera donc impératif, si l’on veut être certain que le signal ne subira aucune altération, de pouvoir contourner physiquement cette partie de l’électronique.

Et pour terminer, nous avons repéré l'amplificateur full digital Topping VX2 qui utilise également une puce STA326 et semble avoir une structure proche du D802 et allons en demander un en prêt, et sans doute dans la foulée demander un nouveau prêt du S.M.S.L Q5 (et pourquoi pas aussi un prêt du D802C) et voir ce que nous pouvons faire avec tout ça pour nos lecteurs passionnés !

A très bientôt certainement.

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