FX-Audio DAC-X7: restitution claire et précise pour ce DAC avec amplificateur pour casque.

La multiplicité de convertisseurs numérique analogique disponibles, leurs prix, ainsi que leurs possibilités et les performances annoncées peuvent laisser le potentiel acheteur perplexe, et même parfois les testeurs. Mais au moins avons-nous tout loisir de nous faire une opinion qui parfois diffère un peu de ce à quoi nous pouvions nous attendre, comme ce fut le cas avec ce DAC-X7 FX-Audio.

Par Philippe Daussin | Bancs d'essai | 10 janvier 2019
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Le DAC-X7 FX-Audio que nous allons vous présenter dans ce banc d'essai est un appareil utilisant des composants de premier ordre, en particulier un processeur USB XMos compatible avec les signaux audio numérique PCM jusqu'à 384 kHz et DSD, ainsi qu'un convertisseur numérique analogique Asahi Kasei de haut de gamme acceptant des signaux identiques, ainsi que d'autres éléments également triés sur le volet, le tout à un tarif très chinois.

Ainsi équipé de composants à la pointe de la technologie, les performances chiffrées annoncées sont effectivement de très haut niveau et pour certaines uniques. Les chiffres étant une chose et les impressions sonores une autre, quel sera le résultat à l'arrivée, tout du moins tel que notre impitoyable sens critique l'a estimé ?


Présentation

S'il ne présente pas spécialement d'originalité, le DAC-X7 FX-Audio bénéficie d'un solide boîtier en aluminium anodisé brossé noir assez valorisant pour un appareil proposé à ce prix.


La mise en marche ou l'arrêt s'effectuent par une pression d'au moins deux secondes sur le bouton situé sur la gauche de la façade, une LED témoin rouge de fonctionnement le surplombant. Une pression brève sur ce même bouton permet de changer de source. Le petit afficheur OLED possède deux lignes, celle du haut indiquant l'entrée sélectionnée et celle du bas la fréquence d'échantillonnage du signal numérique entrant.

Viennent ensuite deux prises casque, l'une au standard Jack 3,5mm et l'autre au standard 6,35mm, et la molette de l'encodeur de réglage de volume (les indications Volume: et 00 à 99 s'affichant temporairement sur la seconde ligne de l'afficheur) agissant sur l'amplificateur pour casque comme sur la sortie ligne stéréo, une pression centrale sur cette molette activant le silencieux (mute).

A l'arrière, on dispose d'une entrée micro USB sur laquelle on branchera de préférence un cordon OTG pour smartphone et d'une entrée USB B femelle pour une liaison avec un ordinateur via un câble standard, mais les deux ne pourront pas être utilisées en même temps, l'USB B étant prioritaire.


On trouve également deux entrée S/PDIF, une optique et une coaxiale, à côté desquelles prend place une entrée analogique auxiliaire sur prise Jack 3,5mm. La sortie ligne, à niveau variable, se fait sur deux prises Cinch (déconnectées lors du branchement d'un casque en face avant) côtoyant la prise coaxiale pour le branchement du bloc d'alimentation secteur.

Réalisation

Implantation plutôt dense sur le circuit imprimé équipant le DAC-X7 FX-Audio avec une partie alimentation isolée du reste de l'électronique par une barrière en laiton reliée à la masse.


Cette alimentation est assez élaborée puisqu'on y trouve deux convertisseurs continu-continu Techcode TD1410 dont l'un est associé à un transistor BD139 afin de constituer une alimentation transistorisée délivrant du +5V. On y trouve aussi deux régulateurs intégrés AMS1117 3,3 fournissant des tensions de 3,3V.


Un autre convertisseur, de typeTPS5430 de Texas Instruments inverse la tension de +12V provenant du bloc secteur afin de fabriquer du -12V. Ces tensions de +12 et -12V servent ensuite à réaliser une alimentation symétrique transistorisée à faible bruit de ±12V, utilisant des transistors BD139 et BD140 et destinée à l'amplificateur pour casque et aux amplificateurs opérationnels de la partie analogique, ce qui montre un soin poussé dans la conception de cette alimentation. Enfin, on peut voir, en bas à gauche, le micro contrôleur de gestion de l'électronique, un modèle ST Microelectronic STM8S003.

La vue ci-dessous permet de découvrir la partie audio numérique, en commençant par les diverses entrées. Sur la gauche, minuscule, la prise Jack 3,5mm de l'entrée analogique auxiliaire suivie de deux condensateurs à couches de 1μF de qualité de marque Audiophiler qui transmettent les signaux à un convertisseur analogique numérique Burr Brown PCM1808 (repère U17) les numérisant sur 24 bits à 96 kHz. Les deux blocs noirs à côtés des condensateurs sont les relais qui commutent les signaux sur la sortie ligne.


C'est un récepteur numérique Asahi Kasei AK4118 (rep. U16) qui gère les entrées S/PDIF coaxiale et optique et en extrait le bus I2S. Les signaux en provenance de l'entrée USB B ainsi que ceux issus de l'entrée micro USB sont pris en charge par un processeur USB XMos U208 (rep. U9) et l'aiguillage des divers bus I2S vers la puce de conversion numérique analogique est assuré par un multiplexeur 74HC157 (rep. U19). Celle-ci est un modèle Asahi Kasei AK4490 de la gamme Premium Audio4Pro compatible avec les signaux PCM jusque 768 kHz et DSD jusque 11,2 MHz, disposant d'un réglage de volume et sortant des Signaux différentiels en tension.

C'est un amplificateur opérationnel double à hautes performances National Semiconductor LM4562 monté en amplificateur de différence qui référence ensuite ces signaux au 0V tout en les filtrant, conformément au schéma donné par Asahi Kasei dans le datasheet du AK4490.


Ces signaux sont alors dirigés vers un amplificateur opérationnel double OP275 Analog Devices (rep. U25) qui va leur donner du gain avant d'être confiés à l'amplificateur pour casque, un modèle Texas Instruments TPA6120A2 (rep. U21) qui va distribuer les signaux amplifiés à deux prises Jack, via deux relais mis en service par l'une ou l'autre de celles-ci, au travers de résistances de 10Ω, et aussi d'être dirigés vers les relais de la sortie ligne.

On notera, avant de fermer ce paragraphe consacré à l'intérieur du DAC-X7, que le schéma de la partie analogique a évolué et que l'on trouve sur Internet ce visuel correspondant au circuit imprimé version 4 alors que celui équipant notre exemplaire est en version 10. La version 4 utilise un OPA2604 (comme l'écrit Audiophonics) au lieu d'un LM4562 et n'intègre pas d'amplificateur OP275 auprès de l'amplificateur pour casque. Cette évolution serait-elle en mesure d'expliquer le ressentiment que nous allons expliquer dans la partie écoute ? On notera à ce propos que la page en chinois du site constructeur concernant le DAC-X7 mentionne bien les composants que nous avons répertoriés.

Ecoute

Nulle information, ni sur le site Audiophonics ni sur le site du constructeur, concernant les driver à installer pour une utilisation avec Windows, sinon dans les commentaires d'utilisateurs, Audiophonics fournissant un driver sur demande, comme FX-Audio d'ailleurs. Situation un peu bizarre. Pour notre part, et rompus à ce genre d'aléa, nous avons installé les driver XMos v3.34.0 (en pièce jointe) et n'avons eu aucun problème de fonctionnement avec Windows 7.

Une fois ceci réglé, l'écoute avec notre amplificateur Sony UDA-1 relié à nos enceintes Triangle Antal Anniversary de la Fantasia on British Sea Songs de Henry Wood révèle un bel équilibre tonal et tout autant de clarté que de finesse de la part du DAC-X7 et met en valeur toutes les nuances des diverses pièces de cette œuvre ainsi que les moindres détails instrumentaux, tandis que les vifs écarts de niveau (cf Jack's The Lad) sont restitués sans effort.

La restitution de cette même œuvre, depuis la sortie casque avec un Hifiman Sundara, se montre parée des mêmes qualités et semble même offrir une meilleure réactivité aux écarts de niveau, les cymbales du Rule Britannia se montrant particulièrement vives. Cette même impression de vivacité nous ayant même fait sursauter au démarrage du premier titre (In The Flesh) de l'album The Wall de Pink Floyd, toujours en écoute au casque.

Retour en écoute sur enceintes avec My Sweet Lord et Isn't It A Pity extraits de l'album All Things Must Pass de George Harrison. Là encore, c'est une restitution d'une grande finesse, avec des accords de guitare riches, et fourmillant de détails sur les chœurs comme sur les instruments qui nous est offerte par le DAC-X7, et pour en venir au fin mot de l'histoire, ce n'est pas innocemment que nous avons choisi d'écouter ces titres.

En effet, malgré les grandes qualités en terme de précision et de finesse du DAC-X7, nous avons ressenti dès l'écoute des premiers titres un petit manque d'émotion qui aurait pu faire changer de catégorie à cette restitution et cela s'est confirmé avec George Harrison où nous avons remarqué un certain manque de profondeur par rapport à une restitution avec notre DAC de référence à sortie directe depuis la puce de conversion.

Sans doute est-ce notre besoin de comprendre, et par là d'expliquer, qui nous a poussés à ce comportement d'analyste lors de cette écoute, et aussi les commentaires lus sur Audiophonics dans lesquels nous ne nous retrouvions pas totalement (pour une fois que c'est nous qui nous prononçons sur des opinions !), bien que notre avis se fasse toujours (mais pas cette fois-ci !) indépendamment de toute influence, mais uniquement sur l'appréciation de nos oreilles.

Mais les impressions sonores sont néanmoins liées à l'électronique et c'est à partir de celle-ci que nous allons essayer de les comprendre en ce qui concerne ce DAC-X7 en présentant nos excuses à ceux de nos lecteurs nous trouvant trop techniques. Notre DAC de référence est un modèle minimaliste, utilisant cependant des composants de qualité, processeur USB XMos, oscillateurs compensés en température et un puce de conversion numérique analogique Burr-Brown PCM5102 sans post filtrage dont les sorties sont reliés simplement aux prises par un filtre passif tel que préconisé par le constructeur. Il n'y a donc pas de filtrage actif à amplificateur opérationnel fonctionnant avec un taux de contre réaction très élevée, filtre dont la structure peut également plus ou moins altérer la phase.

Il se trouve que dans le DAC-X7 on trouve un étage de dé-symétrisation (amplificateur opérationnel LM4562 monté en amplificateur de différence) procédant également à du filtrage et nous avons tendance à penser que c'est à ce niveau que se produisent des altérations sur la phase qui se traduisent par le léger manque de profondeur que nous avons constaté à l'écoute car nous avons pu entendre de nombreux DAC équipés de post filtrage à amplificateur opérationnel et n'avons pas souvenir d'un manque de profondeur avec ceux-ci.

Ceci n'enlève rien aux qualités de ce DAC-X7 FX-Audio dont il aurait, selon nous, été possible de tirer cette profondeur, cette âme qui lui manque et lui aurait ouvert les portes d'un Qobuzissime. Avoir de la beauté c'est bien, y ajouter du charisme c'est mieux.

En conclusion, même s'il na pas totalement séduit nos oreilles très exigeantes, ce DAC-X7 FX-Audio offre néanmoins des prestations sonores de qualité avec une restitution fine et précise et des capacités de décodage peu courantes.

Spécifications
Site constructeur
Contact


Nos remerciements à Audiophonics pour le prêt du DAC-X7 FX-Audio.

Capacités de lecture

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