Yamaha R-N500 : Qobuzissime pour la restitution sonore et l'application de qualité de cet amplificateur avec lecteur réseau !

Il est assez amusant de constater à quel point la croissance du marché de la musique dématérialisée peut donner naissance à des hybrides entre les appareils Hi-Fi traditionnels et les modes de lecture des fichiers audio numériques. Avec son modèle R-N500, Yamaha propose un ampli-tuner traditionnel doté d'un accès Ethernet permettant de streamer des fichiers audio sur son réseau et possédant aussi des entrées numériques S/PDIF et une prise USB A. De quoi faire donc, et sans se ruiner.

Par Philippe Daussin | Bancs d'essai | 13 février 2014
Réagir
Qobuz

Dans la foulée de la reconstitution quelques années auparavant d'une gamme d'appareils Hi-Fi audiophiles inaugurée avec les amplificateurs A-S2000, A-S1000 et les lecteurs de CD/SACD CD-S2000, CD-S1000, Yamaha présentait en 2010 le lecteur réseau NP-S2000, un appareil reprenant les attributs de la gamme qu'il enrichissait en l'ouvrant vers le futur de la musique qui commençait à pointer son nez sous le nom de "dématérialisation".

Ce NP-S2000 est resté quelque temps le clou des salons dans sa catégorie car il était pour ainsi dire l'unique représentant d'un nouveau type d'élément Hi-Fi, le lecteur réseau audiophile de haut de gamme et il figure toujours au catalogue du constructeur.


Petit à petit, et pour donner au plus grand nombre d'amateurs la possibilité d'écouter de la musique en réseau, certains autres éléments Yamaha, comme la mini chaîne MCR-N560 se sont vus équipés d'un lecteur réseau, ou encore comme ce nouvel amplificateur intégré R-N500 dont nous vous proposons le banc d'essai.

Hormis ses fonctionnalités réseau, il dispose d'une entrée USB A permettant de lire des fichiers audio numérique stockés sur un support USB et aussi des entrées S/PDIF coaxiales et optiques pour pouvoir, par exemple, brancher un lecteur de Blu Ray ou de DVD et écouter l'audio via le R-N500. Il est également compatible DLNA et AirPlay, ce qui permet d'écouter directement la musique streamée via l'application Qobuz depuis un smartphone ou une tablette Apple.


Présentation

Ceux de nos lecteurs qui ont connu le boum de la Hi-Fi des années 70-80 trouveront certainement au Yamaha R-N500 un air de parenté avec les appareils que la marque commercialisait à cette époque, en particulier ces boutons plats servant à des réglages comme ceux des graves et des aigus, de la balance, et plus rare, à celui d'un loudness variable (ou correcteur physiologique modifiant l'équilibre tonal pour rendre agréables les écoute à faible niveau sonore), tous ces réglages étant contournables par action sur la touche "pure direct".

C'est une présentation que nous trouvons agréable et qui ne paraît pas surchargée bien que les diverses commandes soient somme toute assez nombreuses. Le R-N500 est disponible en finition argentée ou noire, et la façade ainsi que les divers boutons sont réalisés en résine plastique imitant à s'y méprendre l'aluminium anodisé, ce qui est plutôt valorisant.


Hormis les commandes déjà mentionnées, on trouve bien sûr un réglage de volume sous la forme d'un gros bouton à côté duquel une molette avec poussoir de validation, accompagnée de son petit bouton de retour en arrière, permet de naviguer dans les serveurs réseau ou les radios Internet.

Dans la partie gauche prennent place, à mi hauteur environ, l'interrupteur de mise en marche et la fenêtre du récepteur de télécommande. Plus bas, à hauteur des commandes rotatives, Yamaha a installé une prise casque au standard Jack 6,35 mm, deux petits boutons permettant de sélectionner la paire d'enceintes A, la paire B, les deux, ou aucune, et une prise USB A pour brancher un périphérique de stockage USB, qui est également compatible iPod, iPhone et iPad avec décodage des fichiers audio numérique par le R-N500 (système "Digital Docking").

Enfin, sous le joli afficheur bleu à deux lignes permettant de se repérer lors de la navigation, certes pas aussi confortablement qu'avec l'application Yamaha NP Controller pour smartphone ou tablette (uniquement Apple semblerait-il, car elle nous ne l'avons pas trouvée pour Android sur Google play), prennent place une dizaine de petites touches, huit d'entre elles étant affectées à l'utilisation du tuner, une au réglage d'intensité de l'affichage (dimmer), et la dernière permettant de changer les informations données par la seconde ligne de l'affichage (display).

Connectique

Avec une entrée réseau sur connecteur RJ45, une liaison AirPlay et quatre entrées S/PDIF (deux coaxiales et deux optiques), le Yamaha R-N500 est déjà pas mal armé face à la musique sous forme de fichiers.

A cela il faut rajouter cinq entrées analogiques linéaires (dont une repérée CD pour bien signifier que la bonne vieille galette argentée existe toujours) et une pour brancher une platine phono avec sa vis de mise à la masse.


En ce qui concerne les sorties, on dénombre quatre paires de borniers pour enceintes permettant d'en brancher deux jeux et une sortie pour subwoofer sur prise Cinch.

On remarquera aussi les deux prises pour les antennes AM et FM, les prises entrée et sortie des signaux de télécommande et une prise USB A servant à alimenter un accessoire AV Yamaha, comme l'adaptateur réseau WiFi YWA-10 ou encore le récepteur Bluetooth aptX YBA-11.

Fabrication

Le Yamaha R-N500 est un appareil de grande série bénéficiant d'une fabrication propre où l'on peut remarquer un certain nombre de cartes reliées entre elles par des limandes ou des nappes de fils suivant les signaux véhiculés.


Le circuit d'amplification occupe une bonne partie de la surface du fond du boîtier, celui-ci étant réalisé en tôle d'acier pliée et possédant une bonne rigidité.

La zone du fond située sous ce circuit posséde un grand nombre de lumières pour favoriser la circulation de l'air pour le refroidissement et une partie amovible permettant d'accéder au côté pistes des étages amplificateurs.

On peut également voir que le circuit d'amplification est solidement fixé sur un cadre rigide en matière plastique dure via des vis cuivrées possédant une meilleure conductivité que les vis standards, ce qui, dans le cas présent semble un peu inutile puisque les fixations se font sur une matière isolante...

Les diverses entrées et sorties analogiques et numériques occupent deux petites cartes montées verticalement le long de la face arrière et celle accueillant les entrées numériques est solidaire de la carte réseau située dans la partie supérieure de cette même face arrière. Le module tuner AM/FM prend place sous la carte réseau.

Carte réseau

L'interface avec le réseau Ethernet est assurée par une puce Microchip SMSC8700 (petit circuit à gauche de la prise Ethernet), puis les signaux sont traités par un puissant circuit intégré à trois c?urs DM860A (deuxième circuit au milieu en partant de la droite) du même fabricant, circuit qui prend également en charge la gestion de l'entrée USB A et du DLNA.


C'est un micro contrôleur Renasas M16CR5F3651 qui se charge de la gestion de cette carte réseau (gros circuit à côté du "D" en blanc), tandis que la conversion numérique analogique se voit confiée à une puce Burr-Brown PCM5101 (notre chouchou...), acceptant des signaux numériques jusqu'à 32 bits à 384 kHz et délivrant des signaux analogiques directement exploitables sans filtrage additionnel (circuit se trouvant sous le connecteur gris en haut à gauche).

Quant aux signaux des entrées analogiques, ils sont numérisés par une puce Burr-Brown PCM9211 (presque sur le bord gauche, à peu près au milieu) qui commute et traite également les signaux numériques S/PDIF en provenance des entrées coaxiales et optiques .

Alimentation, amplificateurs

Le copieux transformateur de l'alimentation comporte de multiples enroulements qui servent à créer les tensions spécifiques aux diverses parties de l'électronique.

Les tensions de la partie amplificateur de puissance sont les plus élevées et fournissent le courant le plus important, ce qui explique que leur pont de diodes soit monté sur un radiateur. De même, les deux condensateurs de filtrage sont des modèles Nippon Chemi-Con qui affichent la valeur respectable de 8200 ?F/71V (partie gauche de l'image).


Juste au-dessus du transformateur on peut voir l'alimentation dédiée à la partie pré amplification. Les régulations des tensions positive et négative sont de type transistorisé et chacune d'elles est filtrée par un condensateur de 6800 ?F/25V, ce qui est très sérieux.

Sur la droite se trouvent les potentiomètres de réglages de balance, des graves, des aigus et du loudness. La nappe blanche provient du bouton "pure direct" qui permet de contourner tous ces réglages.

On peut apercevoir, le long du radiateur à ailettes en aluminium deux des quatre transistors de puissance des étages de sortie de l'amplification. Il s'agit de transistors 2SC4468 et 2SA1695 en technologie "Planar", réputée pour ses qualités en audio, chacun de ces transistors pouvant dissiper une puissance de 100W.

Afin d'offrir la plus faible résistance possible (idéalement nulle), les pistes du circuit véhiculant de forts courants sont doublées par des conducteurs de forte section, tandis que les signaux de sortie sont commutés par des relais afin d'éviter tout "cloc" intempestif dans les enceintes lors de la mise sous ou hors tension.

Utilisation, écoute

Pas de prise de tête avec cet amplificateur Yamaha R-N500, la mise en réseau est automatique dès que l'on choisit "Net" comme source et les appareils en réseau sont détectés sans problème, il n'y a plus qu'à choisir !

La navigation avec l'affichage de la face avant avec les commandes locales ou depuis la télécommande est tout à fait jouable, mais elle est nettement plus confortable à tous points de vue avec l'application Yamaha NP Controller pour smartphone ou tablette.

De plus, celle-ci dispose de la fonction MusicPlay permettant d?écouter directement la musique stockée sur un smartphone ou une tablette, en streaming, sans changer d?application.


On remarquera le soin apporté au graphisme avec des représentations "quasi physiques" des différentes sources particulièrement réussies.


La molette de volume située à droite est d'une utilisation non seulement ludique mais techniquement évoluée puisque la variation de volume réagit à la vitesse où l'index fait tourner cette molette virtuelle, et, de plus, cette rotation s'accompagne de celle des zones différemment éclairées de la molette.

Super et un grand bravo global !

Pas de soucis non plus du côté métadonnées et affichage des pochettes et même si celles-ci sont un peu petites, elles sont parfaitement identifiables grâce à une bonne résolution.


Un petit regret cependant, visiblement pas de possibilité d'affichage de la fréquence d'échantillonnage et du nombre de bits, ni du format, et pas de barre visualisant d?avancement de la lecture. Peut-être cela sera-t-il présent lors d'une prochaine mise à jour.

A noter aussi que cette application n'a pas "buggé" une seule fois le temps que nous l'avons utilisée.

Deux petites captures d'écran sur iPhone, pas mal non plus.


Quant aux résultats sonores, et ce aussi bien en lecture réseau que localement sur une clef USB (et en mode "pure direct"), ils sont fidèles à la devise "Natural Sound" de la marque japonaise et sont plutôt effectivement relativement neutres si ce n'est une légère et agréable luminosité dans le haut du spectre et le sentiment global que l'on a lors de l'écoute, c'est que la musique "coule" bien et sans heurt en quelque sorte, et on se laisse aller au plaisir d'écouter celle-ci avant tout.

C'est ainsi que les divers morceaux composant la Fantasia on British Sea Songs de Henry Wood sont restitués avec toutes leurs subtilités, que ce soit la douceur de Tom Bowling où les violons délivrent un fort beau chant ou l'espièglerie de Jack's The Lad avec une envolée dynamique de l'orchestre qui ne montre aucune trace de dureté, tandis que les modulations de See the Conquering Hero passent avec bonheur avant l'entrée triomphale des cuivres précédant leRule Britannia qui se conclut dans une apothéose jubilatoire où se mêlent puissamment orchestre et ch?ur sans aucune trace d'excès sonore déplaisant.

Le beau et méconnu Concerto pour violoncelle en la majeur de Dvorak par Alexander Rudin et l'ensemble Musica Viva (version 24 bits à 96 kHz) subit ce même bon traitement par le R-N500 et on partage vraiment un grand moment d'émotion avec cet orchestre et ce violoncelle restitués avec bonheur par le R-N500.

Young Girls de Bruno Mars, extrait de l'album Unorthodox Jukebox (Édition Studio Masters 24 bits à 44,1 kHz) nous fait également passer un excellent moment (musical) avec un chanteur à la voix délicieusement présente et à l'accompagnement que le R-N500 maintient dans son rôle sans rendre les graves envahissants, et si on trouve qu'il n'y en pas assez, on désactive la touche "pure direct" et on tourne le bouton "bass" vers la droite !

En conclusion, avec ce modèle R-N500, Yamaha propose un amplificateur intégré élégant au prix étudié qui nous a particulièrement séduits par ses très bonnes performances sonores, ses possibilités de lecture en réseau, sur support USB ou encore via ses entrées S/PDIF. Pilotable aisément depuis sa façade ou sa télécommande, il dispose également d'une application pour smartphone ou tablette très attrayante. Bien des qualités pour mériter notre récompense Qobuzissime.

Caractéristiques
Manuel de l'utilisateur (partie en français)
R-N500 sur site Yamaha France
Contact

Ecoutes effectuées avec des enceintes Triangle Antal Anniversary et aussi avec un casque Hifiman HE-500.


Capacités de lecture



Si vous êtes constructeur, importateur, distributeur ou acteur dans le domaine de la reproduction sonore et que vous souhaitez nous contacter, faites-le uniquement à l'adresse suivante : newstech@qobuz.com

Votre avis

Vos lectures


Inscrivez-vous à nos newsletters