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Bancs d'essai

DAC Nad D1050, technique évoluée et très bonnes performances sonores à prix canon : Qobuzissime !

Par Philippe Daussin |

Dès ses premiers mois, il y a quarante ans de cela, le bébé NAD est entré dans la cour des marques dont on parle avec passion tout en restant, financièrement parlant, dans la raison. Avec son nouveau convertisseur numérique analogique D1050, NAD signe un appareil qui va alimenter bien des discussions entre passionnés pas forcément fortunés.

Pour son 40ème anniversaire, la marque NAD a décidé de faire peau neuve et son catalogue s'enrichit de nouveautés totalement dans l'air du temps, aussi bien dans leur présentation que dans les options techniques retenues, puisque ces nouveautés sont dédiées à la musique dématérialisée que NAD a accommodée à toutes les sauces susceptibles de s?attirer les faveurs des aficionados de la marque, et des autres.

On découvre ainsi le "D 3020 Hybrid Digital Amplifier" (amplificateur numérique hybride 2 x 30W, avec DAC USB et S/PDIF 24bits à 96 kHz intégré) présenté comme "21st Century 3020 with aptX Bluetooth", soit le 3020 (premier amplificateur commercialisé par NAD) du 21ème siècle avec Bluetooth aptX.

Ou encore le "D 7050 Direct Digital Network Amplifier" (amplificateur 2 x 50W ,avec lecteur réseau, entrées USB B et S/PDIF 24bits à 96 kHz, AirPlay, WiFi, DLNA, Bluetooth aptX, compatible i-Devices).

Enfin, le convertisseur numérique analogique D1050, disposant d'une entrée USB B et d'entrées S/PDIF compatibles 24 bits à 192 kHz et d'un amplificateur dédié à sa sortie casque, et qui fait l'objet de ce banc d'essai.


Ces appareils partagent une esthétique commune, moderne et sobre et peuvent être installés horizontalement ou verticalement, mais sont visiblement conçus pour la verticalité qui seule permet la lecture des indications de la façade sans avoir à mettre la tête à l'équerre. On peut également signaler que les tarifs auxquels ils sont proposés sont compétitifs.


Présentation

On ne pourra pas dire du NAD D1050 qu'il cherche à épater la galerie par un look tapageur, ce n'est d'ailleurs pas le genre de la maison NAD. Son boîtier entièrement noir offre la particularité d'avoir une façade en plexiglas fumé qui se prolonge, via une courbure au niveau du bouton de réglage de volume, pour former (dans le cas d'une utilisation en position verticale) le dessus sur lequel on trouve les commandes "tactiles" de mise en marche et de sélection de source. La "partie frontale" de cette façade, quant à elle, laisse transparaître la source sélectionnée et la fréquence d'échantillonnage et accueille une prise casque au standard Jack 3,5 mm.


Les autres faces du boitier, hormis la face arrière, font appel à une matière plastique noire offrant un aspect satiné très agréable à l??il comme au toucher. Deux ouïes pratiquées dans la partie basse des faces latérales (toujours par rapport à la position verticale) et garnies intérieurement d'une grille perforée de couleur argentée permettent la circulation de l'air pour évacuer les calories dégagées par l'électronique.

Notons que NAD, dans l'esprit écologique qui fait florès aujourd'hui, précise dans la fiche d'information du D1050 que son équipe s'est concentrée pour trouver de nouvelles technologies pouvant améliorer les performances musicales tout en consommant moins et pour utiliser le moins possible de matériaux non recyclables (GREEN, GREEN, GREEN! In designing our D 1050, our NAD team focussed on finding new technologies that can improve musical performance while requiring less power to operate and fewer non-renewable resources to manufacture). A gauche, une vue de l'affichage boîtier enlevé.


Ci-dessous, le "packaging" du D1050, entièrement en carton, donc recyclable, présenté comme un ouvrage se glissant dans son étui que l'on pourra même conserver dans les rayonnages de sa bibliothèque avant que celle-ci ne soit aussi dématérialisée !


Connectique

Pas de surenchère dans la connectique du D1050, une entrée USB B pour relier à un ordinateur et quatre entrées S/PDIF (deux coaxiales et deux numériques) et une sortie audio stéréo en mode asymétrique sur prises Cinch dorées et en mode symétrique (voir glossaire) sur prises XLR professionnelles, mais tout cela est plus que suffisant pour la majeure partie des utilisateurs et les audiophiles les plus perfectionnistes seront ravis d'avoir à disposition des sorties en mode symétrique.


Fabrication

Vous pouvez voir sur la photo ci-dessous ce que vous ne verrez nulle part ailleurs, le boîtier du NAD D1O50 et son électronique qui a quitté le sein maternel côte à côte, et ce qu'il reste du cordon ombilical.


L'électronique occupe deux cartes principales qui sont montées face à face sur un châssis métallique et sont reliées entre elles par des nappes de fil et un toron (pour l'alimentation) et au touches tactiles et aux divers affichages du boîtier par une autre nappe filaire.

La vue ci-dessous nous montre ces deux cartes dont l'une (celle regroupant la partie numérique et les entrées du même nom) a été démontée du châssis.


Passons en revue cette carte numérique dont nous proposons une vue isolée.

Dans la partie droite, en partant du haut, se trouve l'arrivée de l'alimentation en provenance du bloc secteur. Cette arrivée est protégée d'une inversion de polarité par une diode et une self de choc se charge de bloquer tout éventuel résidu de découpage.

On remarque un circuit LM393 (caché par les fils rouge et noir), un comparateur dont il est plus que probable qu'il soit monté en multivibrateur pour découper le 5V en provenance du bloc secteur qui va ensuite servir à créer une deuxième alimentation de 5V (on observe d'ailleurs deux paires de fils rouge et noir et un "gros" condensateur de 1000 µF/10V servant à bien lisser ce second 5V). L'une de ces deux tensions sera ensuite symétrisée en + ou - 5V sur l'autre carte pour alimenter la partie analogique.

On trouve plus bas le micro contrôleur du fabricant Microchip qui assure la gestion de l'électronique.


En haut de la partie gauche se trouvent les entrées numériques S/PDIF avec leurs transformateurs d'adaptation d'impédance et d'isolement pour les entrées coaxiales ainsi que l'entrée USB et le circuit d'interface SMSC USB3318.

Les signaux en provenance de la liaison USB sont ensuite traités par un processeur XMOS référencé GT1241L1 qui en extrait les divers signaux nécessaires au fonctionnement de la puce de conversion numérique analogique, et ce avec un jitter extrêmement faible.

La commutation des signaux numériques, en provenance, soit de l'entrée USB et traités par le processeur XMOS, soit des entrées S/PDIF, est confiée à un circuit "transceiver" (émetteur-récepteur) Asahi Kasei AK4118 (au milieu à gauche sur la photo) travaillant jusqu'à 192 kHz sur 24 bits.

La vue ci-dessous permet de découvrir en détail l'alimentation analogique située sur la seconde carte ainsi que le réglage de volume du casque (l'amplificateur se trouve au-dessus et a été ôté) confié à un circuit intégré National Semiconductor LM1972, un atténuateur à variation logarithmique (comme un potentiomètre classique de volume) "customisable" par software.


Cette alimentation s'articule autour d'un convertisseur continu-continu Texas Instruments TPS65131 générant une tension de -5V à partir du +5V qui sert à l'alimenter.

On a alors deux tensions symétriques de + ou - 5V permettant d'alimenter les circuits analogiques et ainsi de se passer de condensateurs de liaison entre les différents étages, et surtout, en ce qui concerne l'amplificateur pour casque, de ne pas avoir besoin de condensateur chimique (cas d'une alimentation unique) de liaison avec le casque, les condensateurs chimiques n'étant pas du tout recommandés sur le trajet d'un signal audio et ayant un effet de filtre "passe-haut" conjointement avec l'impédance du casque.

Cela entraîne une atténuation du grave d'autant plus haute en fréquence que l'impédance du casque est basse, mais avec le NAD D1050, rien à craindre donc puisque ce condensateur n'est pas nécessaire.

On remarquera aussi le nombre important de condensateurs chimiques assurant à la fois un meilleur lissage des alimentations et une importante réserve de courant, soit quatre 1000 µF/10V et deux fois deux 470 µF/16V (avec "masse en étoile") en sortie des régulateurs de tension ajustables de type LM317 et LM337 (respectivement pour la tension positive et la tension négative).

L'amplificateur pour casque (vue ci-dessous côté composants actifs cachés) est réalisé à partir d'un amplificateur opérationnel Burr-Brown OPA2134, particulièrement prisé par de nombreux audiophiles, servant à amplifier les signaux en provenance des étages de conversion, le gain en courant étant assuré par une électronique réalisée en composants discrets, parmi lesquels des transistors complémentaires "de puissance" (0,5W) KTC4373 et KTA1661 (0,5W) de sortie montés en "push-pull". L'autre face est visible sur la photo générale et ne comporte que des condensateurs (filtrage des alimentations et découplage) et les selfs placées en sortie des amplificateurs.


Conversion numérique analogique

C'est l'excellente puce Cirrus Logic CS4398 (l'une de nos préférées), acceptant des signaux jusqu'à 24 bits à 192 kHz, qui se charge de la conversion numérique analogique.

Ce circuit possède ses propres filtres internes de type "à capacité commutée" et il semblerait que NAD l'utilise conformément aux recommandations de Cirrus Logic, c'est-à-dire sans filtre externe additionnel à amplificateurs opérationnels, mais simplement avec une cellule de filtrage passif à condensateurs et résistances (un bienfait pour les qualités sonores selon nos oreilles).

On notera l'emploi de condensateurs de marque Wima (du très bon) ainsi que des excellents modèles au polystyrène (ou styroflex, les cylindres translucides).


Génération des signaux symétriques

Comme nous travaillons sans schéma, et que nous essayons d'être le plus exhaustif possible, il nous est parfois difficile de déterminer le rôle d'une partie des composants, cependant la photo ci-dessous semble bien correspondre à la génération des signaux symétriques qui sont disponibles sur les sorties XLR puisqu'on y distingue deux amplificateurs opérationnels (non identifiables car marquage effacé pour cause de passe dans le bain de soudage en fabrication). Ces composants se trouvent sur la seconde face du circuit analogique, dans la zone située sous le circuit de réglage de volume du casque.


Sur la vue ci-dessous on peut voir les relais de commutation des sorties analogiques, de même que celles-ci (dont une sortie symétrique XLR) et aussi le relai de la sortie casque qui déconnecte automatiquement les autres sorties. On aperçoit également à l'arrière ce qui semble être une alimentation transistorisée avec sa batterie de condensateurs chimiques.


Utilisation et écoute

Comme 99% des DAC, une fois les pilotes installés sur PC, le D1050 est reconnu et il ne lui reste qu'à faire valoir ses qualités musicales.

A l'écoute de notre ?uvre test préférée, la Fantasia on British Sea Songs de Henry Wood avec le D1050 raccordé à notre amplificateur Micromega AS-400 pilotant des enceintes Triangle Antal Anniversary, la restitution sonore se révèle de très bonne facture.

Les diverses pièces constituant cette ?uvre sont restituées avec leur caractère propre avec une très bonne impression de fidélité. Les timbres des instruments sont respectés et les micro informations sont bien présentes, et si la douceur de la pièce Home Sweet Home apporte un sentiment de paix, le thème glorieux des trompettes précédant l'entrée du Rule Britannia explose sans retenue et avec ferveur.

Très belle restitution également du titre Young Girls de l'album Unorthodox Jukebox (version Studio Masters 24 bits à 44,1 kHz) de Bruno Mars, dense, chaude et avec beaucoup de présence.

Les résultats sonores de la sortie casque, raccordée à un Sennheiser HD700, sont de très bon niveau. Précision, ampleur de la restitution et respect des timbres et de la dynamique sont au rendez-vous et on peut atteindre aisément et proprement des niveaux sonores très importants.

Ainsi, à l'écoute de la très belle chansonThe Golden Age, extraite de l'album Sea Change de Beck (version Studio Masters 24 bits à 88,2 kHz), bénéficie d'une restitution de grande beauté, fine, précise, où le chanteur comme l'accompagnement se partagent élégamment la charge de susciter l'émotion.

Quant à l'élégiaque Moderato de la Sérénade pour cordes de Dvorak, dans l'interprétation d'Alexander Rudin dirigeant l'ensemble Musica Viva (version Studio Masters 24 bits à 96 kHz), on peut en apprécier toute la saveur et capter la moindre inflexion du jeu des musiciens de cette bien belle version sortant des sentiers battus.

Notons également que ce DAC dispose d'une liaison Bluetooth, un concept atypique, et que celle-ci peut être utilisée avec l' application Qobuz et donne des résultats qui sont très surprenants.

Pour conclure, le DAC NAD D1050 nous a quand même un peu scotchés par sa technique plutôt évoluée qu'on ne rencontre pas dans des appareils de cette gamme de prix, et c'est le cas de le dire puisque certaines parties de l'électronique nous ont collés. Il offre également des sorties symétriques et une excellente partie amplification pour casque, là encore des choses très peu courantes à ce prix. Ses très bonnes performances sonores viennent clore un très beau tableau auquel nous décernons notre récompense Qobuzissime.

Spécifications
Manuel d'utilisation (en anglais)
Site France Marketing (importateur NAD)
D1050 sur site NAD
Contact


Capacités de lecture


Note : l'affichage du D1050 ne possédant pas d'indication des fréquences d'échantillonnage de 88,2 et 176,4 kHz, celle-ci, qui sont parfaitement lues, sont affichées respectivement 96 kHz et 192 kHz.

Glossaire

Mode symétrique :

Alors que le mode asymétrique véhicule l'audio sur deux conducteurs, le signal et son retour par la masse, le mode asymétrique utilise trois conducteurs. Ceux-ci sont constitués du signal "direct", du signal "inversé" (signal qui décroît lorsque le signal direct croît, et inversement) et de la masse. La finalité du mode symétrique est de permettre aux professionnels du son d'utiliser de grandes longueurs de câble en se mettant à l'abri des parasites qui sont, le cas échéant, éliminés par l'étage différentiel d'entrée du récepteur (table de mixage, amplificateur), et non pas d'offrir une meilleure qualité sonore que la liaison asymétrique comme cela est plus ou moins propagé dans les milieux audiophiles. Voir cet article.