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Lecteur réseau-DAC Marantz NA-11S1 : tout pour aujourd'hui et pour demain !

Par Philippe Daussin |

Si Marantz comptait marquer les esprits en présentant son nouveau lecteur réseau NA-11S1, il y est parvenu car l'animal est tout simplement superbe et vient s'installer aux côtés des appareils Hi-Fi de prestige de la marque, tel que le nouvel amplificateur PM-11S3. Comme toujours avec les appareils de haut de gamme de la marque, tout y est au superlatif, en dehors comme en dedans !

Avec son nouveau lecteur réseau-DAC, Marantz a choisi pour fêter ses soixante années d'existence de présenter un appareil résolument tourné vers les soixante prochaines années !

Ce superbe appareil offre tout ce qu'un amateur de musique dématérialisée peut souhaiter et bénéficie de tout le savoir faire du constructeur en matière de traitement du signal audio, en particulier ses fameux circuits HDAM, SA2 pour l'occasion (Hyper Dynamic Amplifier Module, SA pour bande passante large adaptée au SACD) puisque l'entrée USB du NA-11S1 accepte les signaux DSD64 à 2,8 MHz comme DSD128 à 5,6 Mhz, ce qui ne courre pas encore les rues dans nos contrées mais n'est plus chose rare pour les audiophiles japonais qui sont souvent, pour ne pas dire toujours, des précurseurs.

On notera aussi que ce lecteur réseau est compatible DLNA, ce qui lui permet d'accéder aisément aux périphériques réseaux ayant également cette fonctionnalité, et également Airplay (donc directement compatible avec le Qobuz Desktop à condition d'être sous Mac OS 10.8 ou d'utiliser Airfoil !), et qu'il dispose d'une entrée USB A en façade pour brancher une clef ou un disque dur USB ou pour la lecture directe en numérique depuis un iPod, iPad ou iPhone.


De même, dans le NA-11S1 les signaux numériques bénéficient d'un "sur-échantillonnage" (pour garder le terme "oversampling" employé par Marantz et correspond effectivement au traitement) avec un coefficient entier et non rationnel, ce qui, selon les dires du constructeur dans son White paper "conduit souvent à une détérioration du flux et du rythme de la restitution" (as this is often results in a deterioration of the ?flow? and the ?rhythm? of the playback), ce que nous nous garderons bien de contredire !


Marantz profite également de l'occasion pour passer la "quantification" à 48 bits, quelle que soit celle d'origine, 16 ou 24 bits.

Signalons aussi aux possesseurs de Mac que le NA-11S1 peut fonctionner en "hog mode" en liaison USB, mode où tous les autres périphériques audio sont alors désactivés.

Présentation

Le lecteur réseau-DAC NA11-S1 de Marantz est en parfaite harmonie esthétique avec les appareils de haut de gamme de la marque, et plus particulièrement les lecteurs de CD-SACD dont il reprend quasiment trait pour trait le design.

Il est disponible en deux finitions, noire et "champagne", cette dernière finition nous paraissant tout simplement superbe, bien que la finition noire soit également de grande classe.


La façade (de même que les flancs et le dessus du boîtier) est réalisée en aluminium massif, avec une partie centrale encadrée par deux "joues" au profil fuyant, celles-ci recevant quelques touches de commande (lecture-pause, arrêt, info, saut avant et arrière et réglage de l'intensité de l'affichage).

La partie centrale accueille un afficheur disposant de trois lignes et avec lequel il est possible de se repérer dans les menus auxquels donnent accès la molette de navigation et le bouton de validation situés sur sa droite.

Dans la partie inférieure, de droite à gauche, une prise USB A pouvant délivrer un courant de un ampère à une source extérieure comme un disque dur autonome ou une clef USB, le sélecteur d'entrée et une prise casque au standard Jack 6,35 mm.

Puis viennent l'interrupteur secteur, le bouton de sélection séquentielle d'entrée et une prise USB A pour une clef USB, un disque dur ou un iPhone, iPod ou iPad et pouvant délivrer un courant de un ampère au dispositif raccordé.

On pourra également prendre le contrôle du NA-11S11 avec sa superbe télécommande dont la partie recevant les touches est en aluminium massif ou depuis un iPod, iPhone ou un smartphone sous Android grâce à l'application (gratuite) "Marantz Remote" disponible sur l'App Store ou sur Google Play.


La connectique

Le Marantz NA-11SA1 dispose d'une entrée réseau sur prise RJ45, pas de WiFi donc dont la plupart des constructeurs équipent leurs appareils tout en n'en recommandant pas l'emploi...

A gauche de celle-ci se trouvent l'entrée USB B et les deux entrées et les deux sorties S/PDIF (coaxiale et optique), à sa droite les prises du bus de télécommande et au-dessus une prise RS232 pour les opérations de maintenance et une prise Jack destinée à contrôler la mise en marche et l'arrêt de l'appareil.


La partie gauche accueille les prises de sortie, le signal étant disponible en mode asymétrique "standard" sur des prises Cinch et en mode symétrique sur des prises XLR.

Signalons que le signal asymétrique n'est rien d'autre que le signal "positif" de la sortie symétrique, le signal "négatif" de celle-ci étant créé à partir de la sortie inversée du DAC par une électronique en tous points semblable à celle utilisée pour le signal "positif".

De ce fait aucune différence sonore ne peut exister (hormis le niveau qui est double entre "point chaud" et "point froid" sur les sorties symétriques).

La fabrication

Le superbe châssis entièrement cuivré du Marantz NA-11S1 dégage une véritable impression de luxe, et même le capot de blindage du transformateur toroïdal (1) des alimentations linéaires dédiées aux étages analogiques (2) ainsi qu'à certains circuits numériques a droit à son placage cuivre qui, outre le fait que cela améliore la conductivité électrique, exerce un effet indéniablement et ostentatoirement atractif sur le regard.

Une alimentation à découpage fonctionnant après redressement direct de la tension secteur et filtrage (3) fournit quant à elle les tensions nécessaires au fonctionnement des diverses parties numériques du NA-11S1, dont la carte réseau (4) sur laquelle se trouvent aussi les diverses entrées numériques (USB et S/PDIF coaxiale et optique), ainsi que les sorties S/PDIF coaxiale et optique, de même que l'entrée et la sortie du bus de télécommande.

La partie conversion numérique analogique, filtrage et symétrisation des signaux de sortie (5) occupe près du tiers de l'espace, tandis que l'amplificateur pour casque et son réglage de volume n'occupent qu'une petite carte (6) à proximité des circuits de commande et d'affichage (7) qui sont montés à même la façade.

Les alimentations

Les alimentations linéaires du NA-11S1 font objet d'un soin tout particulier, car dans le monde des puristes de la Hi-Fi elles gardent une aura que n'ont pas les alimentations à découpage, aussi performantes soient-elles.

Si ces dernières ont pour elles l'avantage d'un haut rendement et de s'adapter à toutes les tensions secteur du monde du fait de l'absence de transformateur abaisseur de tension, elles n'en demeurent pas moins génératrices de bruit du fait de leur principe même de fonctionnement, le découpage où la tension secteur redressée-filtrée est "hachée" en signaux à fronts raides contenant des harmoniques de la fréquence de découpage en pagaille.

On n'est donc pas étonné de voir des tores de ferrite sur certains torons des alimentations du NA-11S1, et aussi sur les fils amenant la tension secteur.

Les régulations font assez peu appel à des régulateurs intégrés mais le plus souvent à des montages à transistors qui sont montés sur de sérieux dissipateurs de chaleur.


L'interface réseau et les interfaces numériques

Il est fait usage sur la carte regroupant l'interface réseau et les interfaces numériques USB et S/PDIF d'un processeur média-réseau SMSC (bridgeCo) DM860 (1) se chargeant des signaux en provenance du réseau Ethernet et de l'entrée USB.

Un processeur numérique de signal Texas Instuments TMS320 C6748 (2) se charge ensuite de réduire le jitter des signaux tandis qu'un circuit "transceiver" (contraction de transmitter-receiver ou transmetteur-récepteur) Burr-Brown PCM9211 (jusqu'à 216 kHz sur 24 bits) (3) prend en charge les signaux S/PDIF en entrée comme en sortie.

Un autre processeur numérique de signal audio, un Motorola DSPB56364AF100 (4) intègre le traitement des signaux via l'algorithme propriétaire "Marantz Musical Mastering" (utilisé aussi dans les studios d?enregistrement), ainsi que les filtres numériques PEC777.

Toute cette "artillerie lourde" est gérée par un microprocesseur 32 bits Renesas RX6108 (5) et un capot de blindage (cuivré !) protège des rayonnements (et des regards...) probablement des circuits de mise en forme des signaux S/PDIF sortants.


Conversion numérique analogique, filtrage et étages de sortie

La conversion des données numériques en signaux analogiques est assurée par un circuit Burr-Brown DSD1792 (1) prenant en charge les signaux PCM jusqu'à 24 bits à 192 kHz et aussi les signaux DSD en provenance de l'entrée USB.

Ce circuit DSD1792 possède des sorties différentielles en courant dont les signaux de polarités inverses sont transformés en tension avant d'être filtrés.


Ces opérations ne sont pas confiées à des amplificateurs opérationnels comme cela se fait la plupart du temps mais aux fameux circuits HDAM SA2 (2) de Marantz, entièrement réalisés en composants discrets, du fort bel ouvrage, à vrai dire, mais qui occupe de l'espace !

Les signaux sont alors commutés au travers de relais (3) , soit tels quels, donc en mode symétrique sur prise XLR (4), soit en mode asymétrique (partie "positive" du signal seulement).

Ces étages ont droit à leur propres alimentations symétriques régulées (5) copieusement filtrées par des condensateurs Nichicon "Super Trough" de 4700 ?F/35V (6).

A l'écoute

Le Marantz NA11-S1 étant en mesure de prendre en charge les fichiers DSD via sa liaison USB il faudra impérativement que le lecteur logiciel soit compatible avec ceux-ci.

Marantz donne les toutes les indications nécessaires (et bien d'autres informations intéressantes !) pour l'utilisation avec le media player JRiver (utilisateurs de PC) et Audirvana (utilisateurs de Mac) dans ce document, ces deux lecteurs logiciels permettant le mode DoP (DSD over PCM) permettant "d'empaqueter" les données DSD comme si elles étaient un signal PCM.

On peut également lire les fichiers DSD avec Foobar2000 et le plugin DSD, mais ces données sont transformées en signal PCM 24 bits à 88,2 kHz pour être transmises via la liaison USB.

A l'écoute du fichier d'essai du Concerto pour violon en ré majeur de Mozart en DSD64 (fichier de test 2L) avec JRiver et en mode DoP, la restitution offre une grande finesse, et le chant du violon solo s'étire dans ses notes les plus aiguës avec une grande aisance et en se gardant de toute trace d'acidité.

La restitution de ce même morceau converti en 24 bits à 88,2 kHz par Foobar2000 ne manque pas d'attirer l'oreille sur cette petite différence mais reste globalement d'un excellent niveau.

L'écoute en réseau, et en pilotant depuis un iPad sur lequel a été installée l'application Marantz, de notre album référence la Fantasia on British sea song de Henry Wood est un pur régal.

Captures d'écran de l'application Marantz installée sur notre iPad


Tous les morceaux sont restitués avec bonheur et subtilité et - pour une fois - le "ré-échantillonnage" pratiqué par l'électronique semble totalement transparent quant aux respect des timbres et le rendu des cordes, loin d'acquérir ce caractère artificiel constaté avec certaines électroniques faisant usage de conversion de taux d'échantillonnage, gagne en "velouté" si l'on peut dire, tandis que le thème solennel joué par les cuivres et annonçant la transition entre la plage 9 et la plage 10 est restitué avec grandeur et magnificence !

Nous pensons qu'en choisissant de ré-échantillonner en multiples entiers de la fréquence native Marantz procède ni plus ni moins à une interpolation, ce qui préserve l'intégrité du codage original contrairement aux algorithmes passant d'une fréquence native à une fréquence d'arrivée qui est un multiple non entier, comme le fait remarquer le constructeur.

A l'écoute de la plage 4 Galop des enfants et entrées des parents extrait de Casse Noisette de Tchaikovski dans la version du Russian National Orchestra dirigé par Mikhail Pletnev, en version Studio Masters, la richesse de l'orchestration et les moindres inflexions de la dynamique sont parfaitement mises en valeur et là encore on ne peut que se régaler de la fluidité du rendu des cordes.

La restitution de The Golden Age de l'album Sea Change de Beck, en version Studio Masters 24 bits à 88,2 kHz se voit elle aussi gratifier des bienfaits du NA-11S1 avec en particulier une magnifique restitution de la guitare et de son piqué.

Pour terminer, un petit mot sur la prise casque dont les qualités sonores se montrent à la hauteur des autres performances du NA-11S et aussi sur les deux filtres dont nous avons nettement préféré le "filter 1" qui offre un excellent équilibre sonore, c'est d'ailleurs celui qui est resté en service durant tous nos tests.

Superbe appareil, superbe fabrication, superbe restitution sonore, voilà qui vaut assurément au lecteur réseau Marantz NA-11S1 de recevoir notre récompense Qobuzissime, même s'il faudra casser sa tirelire pour se l'offrir. Un appareil de rêve, un appareil coup de c?ur, mais aussi un appareil qui constitue un réel investissement.



Spécifications
Manuel d'utilisation (français)
Téléchargement driver (cliquer sur l'onglet Téléchargements)
Site Marantz France
NA-11S1 sur site Marantz France
Contact


Configuration d'écoute :

- utilisation des sorties asymétriques sur le NA-11S1
- amplificateur Micromega AS-400
- enceintes Focal Electra 1028 Be
- casque Sennheiser HD 700


Capacités de lecture