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5 questions à... Bantunani

A l'occasion de la sortie de son album Intrigant Rocknbe, Qobuz a posé 5 questions au chanteur franco-congolais Bantunani. A retrouver en concert le 22 mai au Korigan à Aix en Provence, le 29 mai au MamaShelter et le 20 septembre au New-Morning, à Paris.

Par Nicolas Gal | Actualité | 18 avril 2014
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Qobuz

Depuis 2008, Bantunani, de son vrai nom Michel Nzau Vuanda, s'évertue à donner au groove une couleur philosophique, à ouvrir les esprits tout en faisant bouger les jambes. S'appropriant les différentes variantes de la Black Music, de la soul au funk en passant par le hip hop, il propose une mixture inédite, tant dans la forme que le fond. Alors que vient de paraître son nouvel album, Intrigant Rocknbe, Qobuz a posé 5 questions à ce personnage fascinant.

Est-ce que vous pourriez nous parler du mouvement "Nu Rumba" dont vous êtes le fer de lance?

La nu-rumba est une façon intime de me livrer au monde, d’offrir ma playlist, ma culture musicale qui puise ses sources dans mes racines rumba congolaises et dans toutes les musiques dites noires et africaines. Il faut entendre ce “nu” comme une façon de renouer , de reconstruire le chainon manquant ente la musique africaine et noire américaine. Mais au-delà de cela, il faut une consistance aux textes, la musique est un vecteur de nos émotions. Il faut danser et chanter sans ne jamais perdre sa conscience. Plus que jamais, ma musique doit être le reflet du monde, nomade et sans frontière, un savant mélange de sonorités, d’audace et de philosophie.

Vos explorez dans vos albums un spectre très large de courants musicaux, vous ne vous fixez aucune limite stylistique?

Habité par la quête d’un groove mélancolique, je vagabonde à travers les époques, les genres, voire entre les différentes formes d’art tel que le cinéma, la littérature et la danse. Je ne comprends pas les barrières, ma colère est rock, ma passion est soul, mon groove est funk quand ma joie est un swing manouche.

Vous utilisez la musique comme un vecteur de messages, quel est celui qui se cache derrière votre dernier disque, "Intrigant Rocknbe”?

Avec ce 4ème album Intrigant, j’ai voulu une synthèse parfaite entre l’énergie du live et l’exploration du monde complexe de l’électronique tout en invitant les cordes et le piano à occuper une place plus importante que les guitares. Je me sens nourri par l’actualité et une certaine observation d’un monde dont la complexité m’intrigue. Chaque titre est un morceau de ce puzzle, avec son identité musicale, il m’éclaire dans la compréhension du monde. Le message est clair, le groove est une arme, une forme de libération de la conscience. Comprendre son monde en élucidant les intrigues, surtout polices et artistiques, qui nous habitent permet d’aborder la musique en gaité. Par rocknbe, j’entends la naissance d’un groove qui dépasse la nu-rumba. Un gros son issu d’un rock quasi 70’s avec des élans rythme & blues.

Bantunani

Est-ce que selon vous la Black Music, et la musique d'une manière générale, joue encore un rôle consistant dans la dénonciation des inégalités sociales?

Je suis frappé par le silence des artistes actuels, l’essentiel est porté sur l' ‘entertainment’ et la nudité sans sens. Je cherche donc à concilier la gravité de nos existences qui nécessite un peu de légèreté mais il faut se protéger du système dont les ficelles nous échappent. Il y a encore des combats, ces causes m’inspirent cruellement. Les inégalités, l’exploitation du sud par le Nord, la misère de l’artiste sont autant de thèmes qui me viennent lorsque la plume pose les premiers mots d’une nouvelle chanson. Mais cette musique est aussi l’amour, la contemplation et une invitation torride à la femme qui reste à un sujet trouble.

Votre maxime est "je pense, je danse, donc je suis". Comment vous vous y prenez pour faire marcher la tête et les jambes simultanément?

Si Montaigne avait été bantou, il aurait sans doute dit cela ainsi: La vie est ivresse, Dionysos est mon dieu. J’évoque la muse, le divin voire la transe musicale par l’implosion pour sentir l’autre et toucher l’histoire. La musique est le Dieu des hommes mais d’autres l’ont falsifié pour y mettre des thématiques ethnocentriques et égoïste où l’être est un sujet, une machine de travail qui le prive de joie et de plaisir.

Bantunani sera en concert le 22 mai au Korigan à Aix en Provence, le 29 mai au MamaShelter et le 20 septembre au New-Morning, à Paris.

Retrouvez Bantunani sur Qobuz !

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