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Billie Eilish, journal intime

Par Charlotte Saintoin |

Sous influence Sinatra, Jobim et Julie London, la jeune star signe "Happier Than Ever", un 2e album bien maîtrisé, très personnel et qu’elle a voulu intemporel...

Ce n’est rien de le dire : son second album était très attendu. Propulsée superstar internationale avec When We All Fall Asleep, Where Do We Go? auréolé de cinq Grammy Awards, Billie Eilish inverse la formule, sans en changer le fond. Sa dark pop torturée évolue avec un Happier Than Ever édulcoré, tout en ironie. “Aucun des titres n’est joyeux”... avoue-t-elle. À l’image de sa pochette où elle pose en mater dolorosa, icône offerte mais larmoyante, Billie choisit le subterfuge : vêtir d’une pop douce et voluptueuse le mal-être d’hier, aggravé par la célébrité d’aujourd’hui.

Intime quand le premier faisait dans la fiction cauchemardesque, l’opus passe du côté du réel. Très éclectiques musicalement, tantôt vintages tantôt futuristes, ses seize pistes surprennent les unes après les autres par leurs inconstances : Billie n’est jamais là où on l’attend. Car les enchaînements sont travaillés. Et Eilish oscille entre tempos lents (Getting Older, Billie bossa nova) et beats EDM obsédants sur Oxytocin – l’hormone de l’amour – ou minimalistes (OverHeated) pour aménager cet étonnant mélange de genres.

Ainsi, parmi ces chœurs syncopés à la Grimes (GOLDWING), ce R'N'B autotuné (NDA) façon 070 Shake, ces ballades folk (Halley’s Comet) et atmosphères dépouillées (Not My Responsability), elle arrive à glisser le guitare-voix “Your Power”, sommet d’émotion où elle confesse un abus. Toujours accompagnée de son frère, Finneas O’Connell, à la production ultra léchée, Billie Eilish signe un disque de haute maîtrise qu’elle a voulu intemporel. On comprend mieux ses influences citées : Frank Sinatra, Antonio Carlos Jobim ou encore Julie London.

"L'expérience la plus enrichissante, la plus satisfaisante et la plus profonde que j'aie jamais vécue avec ma musique", selon elle. Heureusement, à 19 ans, il risque fort d’y en avoir d’autres.

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