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Fela célébré, l'afrobeat entre au musée !

Par Marc Zisman |

Le Musée de la musique de la Cité de la Musique à Paris accueille une belle exposition consacrée au père de l'afrobeat. Une célébration tant musicale qu'idéologique passionnante qui aurait mérité d'être plus imposante...

Un quart de siècle après sa mort le 2 août 1997 à l’âge de 58 ans, Fela Anikulapo Kuti reste l’un des artistes les plus fascinants du XXe siècle. Logique qu’une exposition soit enfin consacrée au charismatique et complexe chanteur et musicien nigérian, qui était bien plus qu’un simple James Brown de l’Afrique de l’Ouest. Car aujourd’hui encore, l’héritage de celui qu’on surnommait le Black President est partout, tant sur le plan musical que politique. Une aura dépassant même le cadre de l’afrobeat, ce genre qu’il inventa, fusion des rythmes de l’Ouest africain, de la soul, du funk et du jazz.

Fela au Shrine en 1977, © Jean-Jacques Mandel

Du 20 octobre 2022 au 11 juin 2023, le Musée de la musique situé dans la Cité de la Musique au parc de la Villette à Paris accueille Fela Anikulapo-Kuti, rébellion afrobeat. Assez didactique, joliment agencée mais un peu modeste au regard de l'ampleur du sujet, l’exposition conçue par Alexandre Girard-Muscagorry, Mabinuori Kayode Idowu et Mathilde Thibault-Starzyk s’adresse avant tout aux novices et aux jeunes générations peu familières de la star nigériane. Même si la musique de Fela résonne dans chaque salle, les commissaires n’ont pas privilégié cette facette. Ils soulignent surtout que ses œuvres sont indissociables de ses combats – qu’ils soient politiques, sociétaux ou moraux.

Au fil des ans, à la tête d’Afrika 70 et Egypt 80, ses deux formations les plus emblématiques, Fela a dirigé un nombre de plus en plus impressionnant de musiciens réunis pour construire ses symphonies de rythmes XXL. L’exposition raconte, photos, films et sons à l’appui, cette évolution fascinante. Évolution émaillée des combats permanents de la star contre la corruption des élites et le néocolonialisme.

Fela porté par ses supporters lors du lancement du Movement Of People (MOP) en novembre 1978 - © Collection Jacqueline Grandchamp-Thiam

Fela reprenait en fait les combats anticoloniaux de sa mère, la militante féministe Funmilayo Ransome-Kuti, et s’inspirait aussi grandement du panafricanisme de Malcolm X, de Kwame Nkrumah et de Cheikh Anta Diop. Sa tribune était la scène et sa maison, la République de Kalakuta, son QG dissident. L’exposition de la Cité de la Musique documente à l’aide d’archives inédites et de témoignages cet engagement permanent.

Fela dans les coulisses du Shrine en 1978 - © Adrian Boot Urbanimage.TV

Enfin, des longues projections vidéo et une impressionnante collection de costumes, de pochettes de disques et même de slips (sa tenue préférée, car vêtu de la sorte, il pouvait arborer les nombreuses cicatrices des blessures infligées par le pouvoir nigérian !) viennent compléter le fascinant puzzle Fela, personnalité indissociable de cette imagerie colorée qui ne ressemble à aucune autre. Seule ombre au tableau de cet événement parisien, l’absence totale d’un acteur majeur de l’afrobeat : Tony Allen. Le batteur de Fela, sans qui l’afrobeat n’aurait jamais vu le jour, est le grand absent de l’exposition…

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Fela Kuti, rébellion Afrobeat
Du 20 octobre 2022 au 11 juin 2023
Musée de la musique - Cité de la Musique - Philharmonie de Paris
221 avenue Jean-Jaurès
75019 Paris

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