Votre panier est vide

Rubriques :
News

Edouard Ferlet, pianoman machine

Par Marc Zisman |

Avec son nouvel album "Pianoïd", ce fascinant outlaw du piano contemporain continue à jongler avec originalité avec les genres et, cette fois, les claviers...

Edouard Ferlet ne fait ni du piano, ni du jazz, ni du classique. Il fait de la musique. Pianoïd en est plein. Toujours là pour gommer ou flouter les frontières stylistiques, celui qu’on range généralement au « rayon jazz » malaxe comme nul autre les notes et les sons. Saute d’une époque à une autre. Ne lâche jamais sa trame mélodique.

Cette fois, la musique répétitive (Philip Glass) et le néo-classique contemporain teinté d’électro (Nils Frahm) semblent être ses cannes blanches. Quand on soulève le capot de Pianoïd, on découvre une installation complexe de quatre instruments. Le piano SILENT, clavier maître sur lequel il joue et qui envoie les informations à son ordinateur. Ordinateur qui traite les informations avec le logiciel Ableton Live, le contrôleur MIDI (connecté à l’ordinateur) lui permettant de moduler la vitesse, la dynamique et une multitude de paramètres de ce qui est joué. Et le piano Disklavier, clavier automate, qui restitue les notes ainsi transformées et réinterprétées par la mécanique du piano. Mais mieux vaut le refermer ce capot pour n’appréhender que la musique de Ferlet et éviter… de se perdre ?

« Au fur et à mesure du travail, je me suis aperçu des possibilités infinies et je me suis noyé dans la technologie. J’ai dû revenir à l’essentiel pour trouver une liberté de jeu avec ce nouvel outil et le maîtriser en simplifiant les commandes de mon contrôleur MIDI. »

Cette liberté est heureusement au centre de Pianoïd. Elle embarque des motifs mélodiques épurés sur des terres vierges. Minimaliste, néo-classique, avant-gardiste, les étiquettes ont beau voler, Edouard Ferlet apparaît plus original que jamais. La singularité de sa musique n’est certes pas nouvelle mais, cette fois, avec Pianoïd, la façon dont il agglomère le rythmique, le mécanique et le poétique la rend encore plus étonnante. Le plus bel ovni pianistique de l’automne 2021.

ÉCOUTEZ "PIANOÏD" D'EDOUARD FERLET SUR QOBUZ

 Lire aussi

À découvrir autour de l'article