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L’Opéra de quat’sous passe aux Champs

Par Marc Zisman |

Le 14 juin, HK Gruber réunira Dorothea Röschmann, Angelika Kirchschlager et Ian Bostridge au Théâtre des Champs-Elysées pour un alléchant Opéra de quat’sous de Kurt Weill.

Dimanche 14 juin, l’un des sommets de l’expressionnisme allemand d’avant-guerre résonnera au Théâtre des Champs-Elysées avec L’Opéra de quat’sous de Kurt Weill. Cette œuvre fait alterner parole, déclamation, chant empruntant à différents styles (choral luthérien, romance, jazz, opéra...) et joue en permanence du renversement des valeurs dans tous les sens du terme. La pièce s’inscrit volontairement dans l’influence du mouvement expressionniste alors au sommet de son rayonnement en Allemagne dans ces années-là, et auquel Brecht et Weill adhèrent totalement.

L’Opéra de quat’sous fut un succès dès sa création le 31 août 1928 tant en Allemagne que dans toute l’Europe. En 1931, le cinéaste Pabst (qui avait réalisé quelques longs métrages du temps du muet comme La Rue sans joie avec Greta Garbo ou encore Loulou avec Louise Brook) en signa une version cinématographique qui contribua beaucoup à la diffusion de l’ouvrage à travers le monde.

La production de cette pièce de théâtre musicale en trois actes proposée ce 14 juin avenue Montaigne sera dirigée par le baryton-basse HK Gruber et réunira les voix de la soprano Dorothea Röschmann, de la mezzo-soprano Angelika Kirchschlager et du ténor Ian Bostridge.

Compositeur, chef d’orchestre, chansonnier, contrebassiste, Heinz-Karl Gruber est une sorte d’électron libre du paysage musical actuel. Ses compositions, qualifiées tour à tour de néo-romantiques, néo-tonales, néo-expressionnistes et néo-viennoises échappent à toutes les doctrines et sont le fruit d’influences aussi variées que Berg, Stravinsky, la musique pop et le cabaret. Né à Vienne en 1943, Gruber étudie la musique à la Hochschule et commence une carrière de contrebassiste dans les rangs de l’Orchestre de la Radio viennoise. En 1968, il fonde MOB art and tone ART, un groupe dans lequel il est à la fois acteur et chanteur, avec la complicité de deux autres compositeurs viennois, Kurt Schwertsik et Otto Zykan. Passionné par Kurt Weill et Hanns Eisler, il interprète très fréquemment leurs œuvres en concert et au disque.

Originaire de Flensburg en Allemagne, la mezzo-soprano Dorothea Röschmann fait ses débuts sur scène en 1995 au Festival de Salzbourg (dans le rôle de Suzanne) sous la direction de Nikolaus Harnoncourt. Elle y a chanté de nombreuses fois depuis sous la direction de chefs comme Abbado, Harding, Mackerras ou Von Dohnanyi. Elle se produit désormais sur toutes les grandes scènes internationales. Récemment, elle a chanté dans Lohengrin (Elsa) à la Deutsche Oper, et dans Der Rosenkavalier (la Maréchale) à l’Opéra de Munich.

La mezzo-soprano autrichienne Angelika Kirchschlager, très appréciée pour ses interprétations de Strauss et Mozart, a néanmoins de nombreuses autres cordes à son arc en matière de répertoire. Elle tiendra ici le rôle de Jenny et sera également l’interprète des Sept Péchés capitaux (couplé avec Mahagonny Songspiel), également de Kurt Weill, dans la production scénique qui ouvrira la saison 2009-2010 du Théâtre des Champs-Elysées, les 12 et 14 septembre, dans une mise en scène de Juliette Deschamps et avec Jérémie Rhorer à la direction musicale.

Historien de formation, le ténor anglais Ian Bostridge est aujourd’hui l’hôte de toutes les scènes internationales. Britten reste l’un des ses compositeurs fétiches, mais il interprète également des œuvres de Mozart, Stravinsky et surtout le répertoire ancien. Grand amateur de Schumann et Schubert, il est aussi dédicataire d’un cycle de mélodies de Hans Werner Henze. Il a par ailleurs enregistré dans chansons anglaises avec Julius Drake et des mélodies de Janáček avec Thomas Adès.

Le site officiel du Théâtre des Champs-Elysées

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