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Banc d’essai : convertisseur numérique analogique Advance Acoustic MDX 600

Par Philippe Daussin |

La marque française Advance Acoustic a toujours su proposer aux amateurs des appareils performants et musicaux possédant un design très affirmé par son aspect technique et aux tarifs très raisonnables. Le récent convertisseur numérique analogique MDX 600 reste dans cette lignée et offre des possibilités assez exceptionnelles, à savoir le raccordement de neuf sources numériques, dont une au standard professionnel AES/EBU, et quelques autres choses que nous vous invitons à découvrir.

Il est plutôt rare qu’un fabricant français développe une gamme complète dans le domaine de la Hi-Fi. Ce n’est pas le cas d'Advance Acoustic qui répond présent depuis la source jusqu’à l’enceinte acoustique en passant par tous les intermédiaires, y compris les câbles et accessoires.

C’est ainsi que cette marque propose des amplificateurs intégrés, des préamplificateurs et amplificateurs de puissance séparés, des lecteurs de CD, des tuners dont un modèle Internet DAB (radio numérique), des enceintes acoustiques dont certaines offrent des performances de très haut niveau (la série Elysée dont l’auteur de ces lignes a pu apprécier la qualité de restitution Haut de gamme) et le tout récent convertisseur numérique analogique MDX 600.

Une présentation très typée professionnel

Le MDX 600, comme toutes les électroniques Advance Acoustic, se présente sous un aspect sobre et fonctionnel, assez professionnel, et qui inspire la confiance. Sa façade en aluminium brossé massif est constituée d’une partie centrale en finition naturelle, bordée de deux joues noires, en aluminium massif elles aussi.

Le MDX 600 a opté pour un système d’indications de la source et des autres fonctionnalités par LED (diodes électroluminescentes) simple et efficace.

A chaque type d’entrée numérique sélectionnée par l’une des trois touches notées respectivement, "Coaxial", "Optical" et "AES/EBU USB", sont associées trois LED indicatrices. La touche «Direct Path» préserve le signal numérique de tout traitement par l’une des quatre corrections sélectionnée par la touche «Process».

La fréquence d’échantillonnage est également indiquée par une LED et on remarquera que le MDX 600 ne prend pas en charge les signaux à 192 kHz (mais il est vrai que ceux-ci ne sont pas encore légion).


Le boitier est particulièrement rigide et repose sur quatre pieds massifs munie d'une couronne en mousse amortissante, et leur structure en «nid d’abeilles» ne manquera pas de plaire aux audiophiles sensibles à ce genre de détails.



Une collection d’entrées et de sorties pléthorique

Le moins que l’on puisse dire c’est que le MDX 600 n’est pas avare sur les entrées et les sorties, numériques, comme analogiques. On ne voit pas ce qui lui manque.

On répertorie en effet, trois entrées numériques optiques et trois coaxiales, une entrée USB au standard A pour brancher une clef USB, une entrée USB au standard B pour relier le MDX 600 à un ordinateur, et une entrée au standard professionnel AEB/EBU dont dispose certains lecteurs de CD de haut de gamme et fonctionne en mode symétrique pour procurer une excellente immunité aux parasites.

On dispose aussi d’une sortie numérique optique et une coaxiale qui peuvent délivrer un signal corrigé selon l’une des quatre corrections proposées par le MDX 600, afin de réaliser un enregistrement numérique d’un fichier audio dont on veut améliorer la qualité. C’est une possibilité unique à notre connaissance sur un appareil de ce type.

L’audio stéréo analogique est disponible sur prises Cinch pour un raccordement standard, ou en mode symétrique (même avantages que ceux cités ci-dessus pour AES/EBU) sur prises XLR professionnelles.


Un processeur Yamaha pour les corrections sonores

Peut-être est-il bon de le rappeler, mais Yamaha fut le pionnier des processeurs numériques de signaux, connus également sous le nom de DSP (Digital Sound Processor).

Pour résumer, un DSP permet de modifier des signaux audio numériques, qu’ils soient directement issus de sources numériques, ou numérisés avant traitement s’ils proviennent de sources analogiques. Bien entendu, ces signaux numériques «traités» seront convertis en analogique afin d’être amplifiés.

Les DSP servent ainsi principalement à créer des effets d’ambiance (surround) à partir de sources stéréo dans un amplificateur multicanal, ou encore à égaliser la restitution à partir de sons émis par un système de calibration et analysés par le microprocesseur de l’amplificateur (ce système existe également sur certains caissons de grave).

Advance Acoustic a choisi un DSP Yamaha YSS951 (2 sur la photo de la carte) qui a été programmé avec quatre corrections permettant d’améliorer la restitution de fichiers audio compressés avec pertes et leur effet est visualisé sur l’image ci-dessous. La touche "Direct Path" permet de revenir à l'écoute normale.


De l'espace pour l'électronique du MDX 600

Le MDX 600 regroupe toute son électronique sur une carte de dimensions modestes par rapport au boîtier qui adopte les dimensions classiques d'un élément Hi-Fi.

On remarquera qu'un beau transformateur toroïdal est chargé de fournir de l'énergie à l'électronique, et que dans un soucis écologique (probablement), cet appareil est muni d'un interrupteur classique coupant totalement l'alimentation.

C'est aussi un moyen de faire baisser le coût puisque les dispositifs de mise en veille sont généralement tributaires d'une télécommande et que le MDX 600 n'en dispose pas. Cela aurait pu être une option intéressante pour des comparaisons "directes" dans la mesure où ce convertisseur propose un nombre d'entrées exceptionnel et que certains lecteurs disposent d'une sortie numérique coaxiale et d'une sortie numérique optique, voire également d'une sortie numérique AES/EBU pour certains modèles de haut de gamme.

Détail des autres composants

L’interface avec l’entrée USB et les entrées numériques est assurée par un circuit intégré Texas Instruments PCM2903 (1), tandis que l'entrée USB de la façade est gérée par le cicruit BU72435 (6).

Un circuit intégré Cirrus Logic CS8416 (4) est chargé de la réception des signaux numériques en provenance des diverses entrées et assure leur commutation tandis qu’un circuit CS8406 (5) du même fabricant assure leur transmission vers les sorties numériques.

La conversion numérique analogique fait appel au classique et performant PCM1796 (9) de Burr-Brown (Texas Instruments), associé à des amplificateurs opérationnels à faible bruit NE5532 (petites flèches vertes) et des condensateurs à couche plastique de qualité audiophile.

La «symétrisation» des signaux audio disponibles sur les sorties XLR est également réalisées par des NE5532, signaux dont la commutation (silence lors d'un changement de source) est assurée par des relais de qualité (10).

Un micro contrôleur STM8S207 (3) gère l'ensemble de l'électronique.

L'alimentation de la partie analogique fait appel à des condensateurs de fortes valeurs et à des régulateurs de tension intégrés (8) et la partie numérique bénéficie elle aussi de sa propre régulation de tension (7).


A l’écoute du MDX 600

Le MDX 600 nous a apporté beaucoup de satisfaction auditive. C’est un appareil qui se fait oublier au profit de la musique, avec une relative neutralité. Tout au plus relève-t-on une très légère présence dans le médium et une toute petite atténuation de l’extrême aigu, mais c’est loin de sauter aux oreilles.

Pour le reste, c’est le sans faute, et toutes les configurations que nous avons essayées ont procuré d’excellents résultats sonores.

A l’écoute de nos fichiers audio de référence (Fantasia on British Sea Song) en 16 bit à 44,1 kHz, nous avons peiné à distinguer quelques subtiles différences entre la restitution sur notre lecteur de référence (Sony SCD-XB790) et celle du MDX 600, et ce en liaison numérique S/PDIF comme en liaison USB (avec le player Foobar2000 sur PC), ces deux liaisons donnant des résultats sonores que nous n’avons pas réussi à différencier.

Par ailleurs, le MDX 600 se montre parfaitement respectueux de la dynamique et l’excellente image sonore qu’il délivre va de paire avec une très bonne différenciation des plans sonores.

Nous avons également écouté de larges extraits de la Symphonie Alpestre de Richard Strauss par Rudolph Kempe en DVD-Audio en 24 bit à 48 kHz (lecteur Technics DVD-A10 en liaison numérique optique), et le résultat sonore nous a paru tout simplement grandiose.

La richesse de l’orchestration de l’œuvre est révélée dans toute sa splendeur tandis que sa puissance sonore repousse les murs de la pièce d’écoute (c’est dans ces moments là qu’on souhaiterait ne pas avoir de voisins !). La dynamique explose littéralement et ce genre d’œuvre est redoutable pour le matériel, mais quel bonheur de partir sur ces cimes musicales en compagnie de Richard Strauss !

Rippée sur disque dur, cette œuvre nous a procuré les mêmes sensations en liaison USB et là encore il nous a semblé que la restitution était tout à fait comparable à celle directement issue du disque.

L'écoute de divers fichiers audio Qobuz en qualité Studio Masters, en particulier La suite pour violoncelle seul de Bach par Ophélie Gaillard nous ont également permis d'apprécier la qualité du jeu de l'interprète avec un effet de présence assez saisissant.

Quelques mots sur l’effet des corrections sur la restitution de fichiers MP3 qui sont assez efficaces mais nous semblent (comme l’indique le constructeur) plus adaptées à des musiques fortement abîmées par une compression trop importante qu’à des musiques n’en ayant pas trop souffert.

En conclusion

Le MDX 600 est un appareil très complet aux niveau des entrées numériques comme des sorties, analogiques et numériques également. Si sa présentation classique, technique mais agréable, le destine plutôt aux installations traditionnelles, son excellente qualité sonore lui ouvre les portes de tout système, quelle que soit son aspect. Un excellent appareil qui fait du bien aux oreilles sans faire de mal au porte-monnaie !

Spécifications