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René Jacobs, entre l’âme et le corps

Par Max Dembo |

L’oratorio d’Emilio de’ Cavalieri, Rappresentatione di Anima e di Corpo, sera dirigé par René Jacobs à la Cité de la Musique le 22 juin.

Vendredi 22 juin à 20h, la représentation de l'âme et du corps d'Emilio de' Cavalieri résonneront à la Cité de la Musique grâce à René Jacobs, au Concerto Vocale, à l’Akademie für Alte Musik Berlin et au Chœur de la Staatsoper de Berlin.

Donné à Rome en février 1600, l’oratorio d’Emilio de’ Cavalieri, Rappresentatione di Anima e di Corpo, est parfois considéré comme le premier opéra de l’histoire, quoique sur un sujet sacré. En un prologue et trois actes, cette représentation de l’âme et du corps convoque des personnages allégoriques : l’Âme (soprano), le Corps (ténor), l’Intellect (alto), le Bon Conseil (ténor) et le Plaisir (alto). S’y ajoutent des chœurs : les Anges au ciel, les Âmes damnées, les Âmes bénies… Le récit est celui de la lutte entre les tentations qu’offrent le Monde (ténor) et la Vie mondaine (soprano) d’une part, d’autre part les délices éternelles promises à ceux qui résistent. À la fin de l’acte deuxième, le Corps et l’Âme, finalement unis grâce à l’Ange gardien (soprano), ont chassé le Monde et la Vie mondaine ; à l’acte troisième, la bouche de l’enfer s’ouvre pour révéler les souffrances des Âmes damnées et se referme lorsque les cieux laissent entrevoir la félicité des Âmes bénies…

Avec plus de 200 enregistrements à son actif et une intense activité comme chanteur, chef d’orchestre, chercheur et pédagogue, René Jacobs s’est imposé comme une personnalité éminente de la musique vocale baroque et classique. Né le 30 octobre 1946, il a reçu sa première formation musicale comme petit chanteur à la cathédrale de sa ville natale, Gand.

Parallèlement à des études approfondies de philologie classique à l’Université, il a étudié le chant. Ses rencontres avec Alfred Deller, les frères Kuijken et Gustav Leonhardt détermineront son orientation vers la musique baroque et le répertoire de contre-ténor où il s’impose rapidement. Dès 1977, il fonde le Concerto Vocale avec lequel il explorera ce répertoire sur les scènes européennes et au Japon. C’est alors qu’il réalise pour Harmonia Mundi une série d’enregistrements novateurs tous primés par la critique internationale.

En 1983, la production de l’Orontea de Cesti au festival d’Innsbruck marque les débuts de son activité de chef lyrique. Sa passion pour l’opéra vénitien, auquel il ne cesse de revenir, a donné lieu aux triomphes de deux ouvrages de Cavalli : la Calisto (dans la mise en scène de Herbert Wernicke) et Eliogabalo. Ses engagements au Staatsoper de Berlin et au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles l’ont conduit à diriger Orpheus et La Patience de Socrate de Telemann, Cleopatra e Cesare de Graun, Opera seria de Gassmann, Croesus de Keiser, Così fan tutte de Mozart et Orlando Paladino de Haydn.

Jacobs dirige régulièrement au festival d’Aix-en-Provence depuis 1998, à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées et à la Salle Pleyel, ainsi qu’à Vienne au Theater-an-der-Wien. Il a été distingué de nombreuses fois par la critique musicale en Europe et aussi aux Etats-Unis, où son enregistrement des Nozze di Figaro de Mozart a reçu un Grammy Award en 2005. Le mensuel Classica l'a élu Artiste de l'année 2009 pour ses enregistrements de la Brockes-Passion de Telemann, d'Idomeneo de Mozart et de La Création de Haydn.

Longtemps professeur à la Schola Cantorum Basiliensis, René Jacobs a gardé une relation privilégiée avec cette institution où il a formé de nombreux chanteurs qui se produisent aujourd’hui sur les plus grandes scènes internationales.

Le site de l’Akademie für Alte Musik Berlin

Le site de la Cité de la Musique

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