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La Passion selon Moultaka

Par Marc Zisman |

Le 29 mars, La Passion selon Marie de Zad Moultaka sera donnée à l’Abbaye Saint-Victor à Marseille, par María Cristina Kiehr, Concerto Soave et Les Eléments de Joël Suhubiette.

Le 29 mars, dans l’Abbaye Saint-Victor à Marseille résonnera La Passion selon Marie. Cet oratorio syriaque contemporain signé Zad Moultaka qui clôturera le Festival Mars en Baroque réunira María Cristina Kiehr, le Concerto Soave de Jean-Marc Aymes et Les Eléments de Joël Suhubiette.

Hachô dyôldat Alôhô signifie littéralement La Passion selon la mère de Dieu en syriaque, langue que Zad Moultaka a choisie pour traiter le thème sublime de la Passion du Christ. L'œuvre fait vivre en un temps réel et intérieur ce moment au pied de la croix où le Christ est supplicié sous le regard de sa mère. Un prisme qui permet de restituer l'expérience de Marie où se mêlent émotion, souffrance et dignité.

Créer sous les bombes… Avant d’être un compositeur de musique contemporaine reconnu, Zad Moultaka fut un jeune pianiste virtuose jusqu’au début des années 90. Un soliste en pleine ascension (Pierre Sancan, Aldo Ciccolini et Christian Ivaldi comptent parmi ses maîtres) qui stoppa net cette carrière prometteuse pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Mais cette trajectoire inhabituelle, emprunte de fortes interrogations introspectives, est évidemment indissociable des événements vécus par Moultaka sur sa terre natale. Né au Liban en 1967, il vit la guerre au quotidien avant de s’envoler pour Paris, en 1984, parfaire son art pianistique… Une jeunesse troublée, un exil logiquement vécu dans la douleur, avec lesquels il faut vivre et créer. Composer. Aujourd’hui, ce tourbillon personnel nourrit plus que jamais les recherches du compositeur dans la synthèse entre écriture contemporaine occidentale et caractères spécifiques de la musique arabe.

Avec cette Passion selon Marie, Moultaka puise dans l'immense richesse de la mémoire chrétienne orientale. Il explore les instruments baroques à travers ce thème central, magnifié d'Orient en Occident, et sa dimension exceptionnellement dramatique. Les textes sont chantés en syriaque, empruntés aux Evangiles, à des poèmes plus récents, berceuse, haïkus et à quelques écrits anonymes de la Tradition.

Du chœur émergent quelques voix solistes : celles de Marie de Magdala, de Judas, de Pierre, de Jean, de Thomas... L'association d'un ensemble instrumental baroque et d'un chœur rompu au répertoire contemporain sert d'écrin à la voix profonde, chaude et suave de María Cristina Kiehr incarnant ici la mère du Christ dans sa peine et sa splendeur. A noter que ce concert sera enregistré par France Musique et retransmis le 13 avril.

Le site de Zad Moultaka

Le site de Concerto Soave

Le site des Eléments

Ecoutez notre podcast avec Zad Moultaka

Ecoutez notre podcast avec Joël Suhubiette

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