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Herbert Blomstedt, sommet brucknérien

Le 27 septembre, Herbert Blomstedt dirigera l’Orchestre de Paris, à la Salle Pleyel, dans la Huitième symphonie de Bruckner, sommet absolu de la musique romantique.

Par Clotilde Maréchal | Concerts, festivals et tournées | 11 septembre 2012
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Informations pratiques

Date : le 27 septembre 2012 à 20:00

Département : Paris (75)

Ville : Paris

Jeudi 27 septembre, le grand Herbert Blomstedt dirigera l’Orchestre de Paris dans la Huitième symphonie d’Anton Bruckner, à 20h.

Né aux Etats-Unis de parents suédois, formé à Chicago après avoir grandi en Scandinavie, Blomstedt a commencé à diriger il y a plus de cinquante ans. Ses trois grandes étapes ont été la Staatskapelle de Dresde de 1975 à 1985, l’Orchestre Symphonique de San Francisco de 1985 à 1995 et le Gewandhaus de Leipzig où il succède à Kurt Masur en 1999. Brillant technicien, maître du répertoire germanique, son phrasé et son sens du rythme le distinguent par dessus tout…

Au seuil du XXe siècle, Richard Strauss a déjà écrit Ainsi parla Zarathoustra, Schoenberg a vingt ans, la modernité est là qui pointe, tout est en changement. Anton Bruckner, lui, reste étranger à ce monde en accélération, il persiste dans une tonalité mystique, il élabore des cathédrales sonores, artisan d’une remarquable érudition musicale mais totalement anachronique. Son monde est unique, bâti de solides blocs instrumentaux. Sa musique semble toujours proliférer, dans une expansion cosmique, procédant par paliers dans des crescendos magistraux.

Cette Huitième symphonie fut la plus grande que Bruckner entreprit. Les musiciens dont il espérait le soutien et qui devaient la jouer lui firent défaut et le compositeur, accablé de doutes, s’épuisa à la réécrire, délaissant alors sa dernière symphonie, la Neuvième, qui en demeura inachevée…

L’orchestre est ici colossal, les cuivres encore plus imposants que dans les précédentes symphonies. Bruckner y renverse pour la première fois l’ordre des mouvements annulant l’habituel contraste de tempo, une invention que Mahler adoptera après lui. Cette symphonie est pour de nombreux mélomanes le sommet absolu de la musique romantique. Il faut pour diriger cette musique un chef qui possède ce sens rare de la progression, de la construction globale de l’œuvre, un marathonien inspiré. Blomstedt est l’un de ceux-là, ses concerts sont parcourus d’un souffle continu. Il ne faut pas manquer ce rendez-vous.

Né le 11 juillet 1927 à Springfield aux Etats-Unis, dans le Massachusetts, de parents suédois, Herbert Blomstedt étudie d'abord à l’Académie royale de musique de Stockholm et à l'université d'Uppsala. Il complète ensuite sa formation à la Juilliard School de New York, étudie la musique moderne à Darmstadt, la musique de la renaissance et la musique baroque à la Schola Cantorum de Bâle. Il a travaillé avec Igor Markevitch à Salzbourg et avec Leonard Bernstein à Tanglewood.

En février 1954, Blomstedt fait ses débuts au pupitre à la tête du Stockholm Philharmonic Orchestra. Il a été chef principal de l’Orchestre philarmonique d’Oslo et des Orchestres de la radio suédoise et de la radio danoise. De 1975 à 1985 il dirige la Staatskapelle de Dresde et se produit dans plus de vingt pays d’Europe, ainsi qu’aux États-Unis et au Japon. Il poursuit sa collaboration avec cet orchestre et a reçu leur Badge d’or d’honneur en 2007.

Herbert Blomstedt a été invité à diriger des orchestres tels que le Philharmonique de Berlin, le BR Radio Symphony, le Royal Concertgebouw Orchestra, le London Philharmonic, le Boston Symphony, le Philadelphia Orchestra, le Chicago Symphony, le Cleveland Orchestra, le New York Philharmonic, le Los Angeles Philharmonic, l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre de Paris, l’Israel Philharmonic et le NHK Symphony, dont il est chef honoraire. Herbert Blomstedt est chef émérite du San Francisco Symphony, l’Orchestre symphonique de San Francisco, où il a occupé les fonctions de Directeur musical de 1985 à 1995.

Pendant tout son mandat, Blomstedt a été acclamé avec l’orchestre dans les principales salles de concert et les principaux festivals européens, y compris à Édimbourg, Salzbourg, Munich et Lucerne. De 1996 à 1998, Maestro Blomstedt est Directeur musical de l’Orchestre symphonique de la NDR, à Hambourg. En 1998, il prend le poste de Directeur musical du Gewandhausorchester de Leipzig, et l’occupe jusqu’en 2005. Il retourne régulièrement à Leipzig en tant que Chef honoraire de cet orchestre. En 2006, trois autres orchestres lui confèrent ce titre de Chef honoraire : l’Orchestre symphonique de la radio danoise, celui de la radio suédoise ainsi que l’Orchestre symphonique Bamberg qu’il dirige depuis 1982. Par ailleurs, il continue à être invité à diriger les orchestres les plus renommés au monde.

L’importante discographie de Herbert Blomstedt comprend plus de 130 œuvres avec la Staatskapelle de Dresde, dont l’intégralité des symphonies de Beethoven et de Schubert, ainsi que les œuvres orchestrales complètes de Carl Nielsen avec l’Orchestre symphonique de la radio danoise. Avec l’Orchestre Symphonique de San Francisco il enregistre exclusivement pour Decca, plusieurs de ses nombreux enregistrements ont reçu des prix renommés ; les cycles complets des symphonies de Sibelius et de Nielsen sont des standards qui font référence. Plusieurs labels ont perpétué sa collaboration avec le Gewandhausorchester.

Pour Decca, il a enregistré la Symphonie n°4 de Brahms, la Symphonie n°9 de Bruckner, la Sinfonia serena et Die Harmonie der Welt d’Hindemith, des concertos pour piano de Mendelssohn et des œuvres de Richard Strauss. Les enregistrements comprennent aussi la Grande messe de Sanström pour la Deutsche Grammophon et Elijah de Mendelssohn pour le label RCA Red Seal. Le label allemand Querstand a sorti un coffret d’enregistrements de concerts correspondant à la période de Leipzig, entre 1998 et 2005 ; leurs enregistrements de l’intégrale des symphonies de Bruckner se poursuit. Blomstedt a également reçu plusieurs Doctorats honoraires et est l’un des membres élus de l’Académie royale de musique suédoise.

Le site de la Salle Pleyel

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