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Jay Weinberg : “Prendre des risques et aller plus loin, ça a toujours été l'intention de Slipknot”

Par Maxime Archambaud |

Membre de Slipknot depuis huit ans et trois albums, Jay Weinberg donne pourtant l’impression d’être un membre fondateur de la bande de Des Moines. Avec “5 : The Gray Chapter” en 2014, “We Are Not Your Kind” en 2019 et aujourd’hui “The End, So Far”, Weinberg a su se faire une place de choix au sein du groupe et dans le cœur des fans. Entretien avec le bûcheron en chef, qui vient d’être élu batteur metal de l’année.

"The End, So Far" ressemble à l'aboutissement de ce que Slipknot essayait de faire avec "5 : The Gray Chapter" et "We Are Not Your Kind". Avez-vous suivi le même schéma pour l'écriture et l'enregistrement, en compagnie de Joe Barresi, le producteur des deux albums précédents ?

Le processus d'écriture pour The End, So Far était très différent parce que nous étions tous séparés les uns des autres. Nous sommes devenus de bons musiciens à domicile qui s’auto-enregistrent ! J’ai dû apprendre à enregistrer ma batterie avec ProTools. Bref, ça a été tout un pataquès pour que les démos transitent entre chaque membre du groupe. Ensuite, une fois en studio, nous avons travaillé individuellement avec Joe. Il y avait rarement un moment où deux d'entre nous étaient dans le studio avec lui, à cause du Covid. Joe est quelqu'un que nous respectons vraiment et en qui nous avons confiance. Il apporte un autre regard sur notre musique.



On sent paradoxalement un niveau d'unité jamais atteint auparavant sur un album de Slipknot.

Merci. Je pense profondément que Slipknot est imbattable lorsque nous sommes tous les neuf sur le même chemin et surtout lorsque nous sommes dans un bon jour, et que nous communiquons correctement afin de capturer la nature exacte de la musique que nous créons. C’est à ce moment précis que nous débloquons le potentiel de quelque chose qui va « au-delà ».

Comment votre jeu a-t-il évolué entre "5 : The Gray Chapter" et "The End, So Far ?"

C'est mon troisième album avec le groupe, et encore une fois, je ne me suis pas contenté de faire ce que je sais faire. Je pense qu'il nous incombe de toujours améliorer notre jeu, d’aller « au-delà », encore une fois. Sur chaque disque, j’essaye de faire mieux, et je crois que j’ai réussi. Nous ne sommes en compétition qu’avec nous-mêmes. On veut être la meilleure version de Slipknot possible. Je suis très fier de cet état d’esprit.

"Acidic" est un morceau qui va droit au but. Vous l’avez décrit comme “la chanson blues la plus heavy jamais réalisée”.

(Sourire.) Oui, j'ai dit ça parce que j'ai vraiment l'impression que nous avons exploité une nouvelle facette de ce que nous voulons pour Slipknot. Nous sommes très fiers d’Acidic. Nous avons pris des risques artistiques et nous avons repoussé les limites de l’univers du groupe, c'était un grand défi. Personnellement, c’est une de mes chansons préférées sur l'album. Nous nous sommes débarrassés de tous les repères traditionnels qui définissent ce qu’est une chanson de Slipknot. Notre liberté créative nous permet, heureusement, de ne pas trop y penser. Nous visualisons simplement ce que la chanson aspire à être. Si nous sommes assez patients, elle devient quelque chose qui nous dépasse et que nous présentons comme une nouvelle façon de diffuser notre musique. Acidic est vraiment sauvage. Je suis vraiment content que nous ayons suivi cette direction. J'espère qu'on jouera beaucoup ce morceau en live. Cela lui donnera une autre dimension.

Slipknot © Elektra Music Group


Quelles sont les limites à ne pas franchir pour conserver l’identité de Slipknot ?

J'ai l'impression que nous sommes toujours en train de mûrir. On continue de se pousser mutuellement dans ces nouveaux territoires qui nous motivent malgré les risques qu’ils représentent du point de vue de ce qu’est Slipknot. Si vous reproduisez sans cesse des choses qui se limitent à votre zone de confort, ce n’est pas intéressant du tout. Nos meilleurs jours en studio sont ceux où nous prenons des risques et faisons des choses qui sortent complètement des sentiers battus. Nous faisons tout pour aller plus loin, ça a toujours été l'intention de ce groupe. Nous ne sommes pas intéressés par ce que nous avons déjà fait, et je pense que cet album en est la preuve.

Sid Wilson (le DJ du groupe) et vous avez une alchimie incroyable sur ce disque.

Totalement, et vous savez quoi, c'est tellement naturel qu’on n’en parle même pas. (Rire.) Notre connexion musicale va au-delà de nos discussions. Nous laissons les choses se faire de manière complètement organique. Nous trouvons tous notre place dans la chanson et nous essayons de maximiser notre contribution, de laisser notre voix artistique et créative parler d'elle-même et c'est la même chose pour les neuf membres de Slipknot. Tout doit être harmonieux. Quant à Sid, c’est vraiment quelque chose de spécial. Lorsque nous avons l'impression d'avoir amené une chanson à un plafond de verre, que c'est tout ce que nous pouvons faire avec elle, un Sid sauvage apparaît ! (Rire.) Tout à coup, la chanson change de visage. Et cela peut venir de plusieurs façons différentes. Je ne comprends pas tout ce qu'il fait ! Parfois, on dirait des sons venus de l'espace, c'est vraiment incroyable. C'est super important que chacun trouve le moyen d’amener son petit truc en plus sur l’album. Quand tout est enfin terminé, on peut dire que c’est une chanson de Slipknot parce qu'on peut nous entendre tous les neuf.

"The End, So Far" (“la fin, pour le moment”) est un excellent titre d’album pour faire cogiter vos fans…

Nous le laissons à l'interprétation de chacun. Nous abordons chaque album comme s'il s'agissait du dernier, car on ne peut pas savoir ce que l'avenir nous réserve. Je me souviens que, lorsque j'ai rejoint le groupe pour la première fois, nous parlions de The Gray Chapter comme quelque chose d’immense qui devait laisser une trace, qui pourrait facilement être présenté comme un chant du cygne. Puis, We Are Not Your Kind est arrivé. Je ne sais pas si c'est trop fataliste, mais c'est notre approche : on met tout ce qu'on a dans le moment présent. Quand nous avons terminé The End, So Far, nous avions épuisé toute l’inspiration possible. Il n'y avait plus rien dans le réservoir. Si nous nous sentons motivés pour faire d'autres choses, alors nous le ferons. Mais nous n'avons aucune pression. C'est la fin d'un chapitre et le début d'un nouveau, nous verrons bien où cela nous mènera. En tout cas, c'est un moment excitant pour faire partie de Slipknot.

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